Eglises de Nantes : le clocher Saint-Martin de Chantenay sera rénové, Notre-Dame de Bon-Port continue à prendre l’eau

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29/12/2017 – 05h30 Nantes (Breizh-info.com) –Si la mairie de Nantes a effectué des travaux en toiture et sur le parvis de l’église Saint-Similien, il reste encore du pain sur la planche. Ainsi, le conseil municipal a décidé ce 15 décembre une série de travaux sur le patrimoine, notamment la réfection du clocher de Saint-Martin de Chantenay. Cependant la monumentale église Notre-Dame de Bon-Port, dont les problèmes d’étanchéité sont bien connus, continue à être laissée de côté et à prendre l’eau.

La reprise du clocher de Saint-Clément – qui a connu des chutes de pierre en 2013 – et qui est depuis orné d’un disgracieux pare-chutes n’est pas non plus à l’ordre du jour. Le conseil municipal du 15 décembre a néanmoins voté une série de travaux. Il est ainsi prévu de remplacer les générateurs d’air chaud au fioul de l’église Saint-Nicolas par une chaufferie au gaz naturel, à partir de mai 2018 ; les travaux dureront cinq mois et coûteront 450.000 € (dont 394.000 pour les travaux eux-mêmes).

380.000 € pour le clocher de Saint-Martin de Chantenay

Il est aussi prévu de restaurer le clocher de Saint-Martin de Chantenay, église XVIIIe-XIXe de l’ouest de Nantes, flanquée d’un très vieux presbytère des XVe-XVIe siècles toujours habité. Cette église connaissait des problèmes de micro-fissures dans le choeur depuis fin 2015 ; la mairie y a déjà refait le chauffage. Attestée depuis le début du XIIIe siècle, elle est constituée d’une nef de 1759-1761 et de deux bas-côtés ajoutés en 1833-1841 comme le clocher octogonal, couvert en zinc.

Les travaux coûteront 380.400 € dont 350.400 € pour les travaux, prévus pour durer de mai 2018 à janvier 2019. Il est prévu de déposer la couverture ancienne, reprendre les éléments de charpenterie et les assemblages, traiter contre la corrosion et repeindre les éléments métalliques, refaire à neuf paratonnerre et couverture en zinc, restaurer les quatre élévations en pierre, le « rétablissement de la corniche haute et du bandeau intermédiaire en pierre dans leur configuration d’origine avec des modillons en débordement » et la restitution des chapiteaux.

Vers une nouvelle fermeture estivale du gymnase Coidelle ?

Le même conseil municipal a décidé de la mise en peinture du rez-de-chaussée du gymnase Coidelle – un ancien grand magasin devenu gymnase provisoire, le seul du centre-ville, déjà fermé en 2017 pendant quatre mois pour travaux a minima, justifiés par l’état de dégradation du gymnase lié au fait que pendant des années, municipalités successives et architectes des bâtiments de France se sont renvoyés la balle sans rien faire. Il s’agit désormais de déposer les mobiliers (échelles, miroirs), les radiateurs, les réseaux, et repeindre « les murs périphériques, sous-faces des mezzanines, retours de corniches » de juin à septembre 2018 pour 290.000 € TTC.

1,3 million d’euros pour lutter contre la mérule au château de la Gaudinière

Le patrimoine s’entretient régulièrement. Lorsque l’entretien est abandonné, cela se paie. Cash. Ainsi, au château de la Gaudinière, actuellement inoccupé, « des désordres structurels et un foyer de champignons parasites du bois ont été détectés », affectant « les structures porteuses du bâtiment et des décors ». Autrement dit de la mérule – qui attaque le bois perpendiculairement à sa structure et se propage très bien dans les murs (brique, ciment).

Le traitement est aussi long que cher : il faut déposer toutes les boiseries infectées, injecter des traitements dans celles qui restent et passer au chalumeau les murs et les sols pour les purifier. Et avant tout: fermer les fuites et infiltrations. Les travaux, qui incluent aussi du désamiantage, sont censés durer de mars à décembre 2018 et coûter 1.3 millions d’euros. Une dépense qui aurait pu être évitée si l’entretien – notamment des toitures – avait été fait correctement et à temps.

9 millions d’euros versés par l’assureur à la Ville pour l’incendie de Saint-Donatien

Le conseil municipal du 6 octobre a vu la Ville accepter la proposition de Balcia Insurance – le nouveau nom de BTA Insurance Company, une compagnie lettonepour l’incendie de Saint-Donatien le 15 juin 2015. La société versera 8.9 millions d’€ à la ville de Nantes. C’est mieux que rien : le feu a lourdement endommagé toitures et voûtes, les travaux sont estimés au moins à 8 millions d’euros et devraient durer jusque 2020.

Une somme qui n’est pas définitive. « Il est question d’en profiter pour ravaler les élévations des murs de la basilique, pas seulement ce qui a été endommagé par l’incendie », confie un travailleur du patrimoine. Au conseil municipal du 31 mars 2017 (délibération n°2, page 8), un avenant fait déjà état de 489.514,99€ TTC pour divers travaux supplémentaires, dont la mise en place d’une nacelle pour le sondage des voûtes à la demande des experts assurance, un diagnostic sanitaire de plus, divers travaux – dont des traitements contre les champignons etc.

Des études (enfin) lancées pour chiffrer les travaux de Notre-Dame de Bon Port ?

Si cette option était retenue, la facture des travaux de Saint-Donatien augmenterait, « et ce serait surtout ça de moins comme crédits disponibles pour d’autres églises, notamment Saint-Clément et Notre-Dame de Bon-Port où il devient très urgent de faire des travaux, surtout pour la dernière église à cause des infiltrations d’eau », résume un agent de la mairie de Nantes.

Selon nos informations, des études auraient enfin été lancées par la direction du Patrimoine, cet automne, pour chiffrer les travaux de restauration de Notre-Dame de Bon Port, notamment ceux liés à la charpente du dôme et aux nombreuses fuites. Cependant, la mairie de Nantes n’a toujours pas réussi à nous confirmer officiellement l’information, malgré plusieurs relances.

A ces dépenses s’en ajoutent d’autres : 228.600 € pour la restauration des Cerfs du Jardin des Plantes par la Fonderie de Coubertin, 84.811, 85 € pour la mise en lumière de la statue de Cambronne (SPIE CityNetworks). Ces cerfs ont été fondus en 1910, démontés en 1942 et remis en place en 1994 après avoir été retrouvés en partie en 1981.

Des acquisitions pour les musées de Nantes

Après l’acquisition d’un anneau de traite en ivoire (2500 €) votée au conseil municipal du 30 juin, le conseil du 6 octobre a entériné une série d’achats nouveaux pour les musées de la ville. Un coffret de chirurgien embarqué, du XIXe, en noyer et laiton avec près de 80 instruments de chirurgie, a été acquis pour 4270 € afin de compléter les collections d’outils de la navigation et d’objets de la santé du musée d’Histoire de Nantes.

Pour les archives de Nantes, la Ville a fait l’acquisition d’un plan de ville de 1766 – qui correspond à l’arrêt du Conseil d’Etat du Roi des 19 mars et 7 mai 1766, approuvant les projets dressés par Jean-Baptiste Ceineray, à la demande des notables nantais, sur un plan du 20 février 1761 conservé aux archives. Ce dernier est en mauvais état et il en manque la partie basse. Le plan de 1766 le complète utilement, il est acquis pour 4000 €. Autre acquisition : le manuscrit de l’historien local Paul de Berthou (1859-1933), intitulé « Rues de Nantes », rédigé sur 1257 feuillets en 13 volumes in-8 entre juin 1899 et avril 1900. Inédit, et inexistant en collections publique, il a été acquis pour 6500 € et sera numérisé.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photos : DR
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