26/01/2018 – 06h00 Nantes (Breizh-info.com) – On les appelle les « auxis ». Ces « auxiliaires », payés entre 20 et 33% du plancher du SMIC sont au nombre de 10.000 dans les prisons où ils font le ménage, distribuent les cantines (produits commandés par les détenus), le courrier, les repas. Leur possibilité de se déplacer dans l’étage ou le bâtiment et leur accès aux informations et aux biens leur donnent une certaine aura, une influence et de l’importance. Selon nos informations, l’un de ces « auxis » du centre de détention de Nantes serait radicalisé et fiché S. Une situation que les agents pénitentiaires – engagés dans un bras de fer avec l’exécutif – trouve aberrante.

Les établissements pénitentiaires de Nantes comptent une dizaine de détenus radicalisés – dont quelques uns vraiment incarcérés en lien avec des entreprises terroristes. Quelques autres sont suspectés de radicalisation. Sur l’ensemble de la France, 2000 détenus seraient connus comme radicalisés et une dizaine de combattants islamistes de retour de Syrie et d’Irak seraient incarcérés chaque mois.

Les islamistes radicaux recrutent facilement à l’intérieur des prisons. « La solidarité se construit très vite et est extrêmement forte », reconnait Clémence, une surveillante de Fresnes interrogée par le Figaro (23.01). D’autant qu’ils se retrouvent pendant les activités et en promenade. A Fleury-Mérogis, 50% des détenus musulmans ne vont pas au culte et les islamistes sont « dans une logique de se faire oublier. C’est une menace plus sournoise. Nous savons que s’ils n’ont pas ce qu’ils veulent, cela peut devenir dangereux », témoigne un autre surveillant pour le quotidien conservateur.

A Nantes, ainsi, un des auxiliaires du bâtiment C2 serait un « radicalisé. Fiché S et de surcroît placé en observation vigilance. Cela signifie qu’il a déjà agressé un agent ailleurs et qu’à la fin de chaque service, il faut rendre une observation comme quoi cela s’est bien passé », nous explique un agent pénitentiaire. Le détenu, incarcéré pour une longue durée, « distribue les repas, le courrier, récupère les poubelles sur son étage, distribue les cantines sur son étage et les autres du bâtiment ». Bref, il a « une certaine influence, il se déplace plus facilement que les autres dans la détention, et au vu de son profil, ça ne peut être qu’inquiétant ».

Comment se fait-il alors qu’il ait pu obtenir son poste d’auxiliaire ? « Peut-être que notre direction a voulu acheter la paix sociale », risque un autre surveillant du centre de détention. « Le souci, c’est qu’en cas de problème, c’est l’un de nous qui sera en première ligne, pas le directeur ».

Louis Moulin

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3 Commentaires

  1. Scandaleux ce que j’apprends de l’organisation de nos prisons avec ces « auxis ». Nos gardiens de prison ont raison de faire grève. Es-ce que notre Ministre responsable est au courant ? Si oui il faut qu’elle ordonne de leur mettre des boulets aux pieds, comme jadis, notamment à ceux qui reviennent de guerre, les « radicalisés », comme on les appelle maintenant, ou les fichés S.

  2. Ce sont eux qui font la loi dans les prisons et les directeurs et suveillants ont ordre de ne pas faire de vague !
    Avec les GLANDS qui dirigent la FRANCE, on est foutu !

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