01/02/2018 – 06h20 Italie (Breizh-info.com)  – Le 4 mars prochain, l’Italie votera pour élire les membres de la Chambre et du Sénat et commencer la XVIIIe législature de son histoire républicaine (toujours à la même date, deux élections régionales importantes auront lieu, au Latium et en Lombardie).

Les élections de cette année arrivent cinq années après celles février 2013. De 1948 à aujourd’hui, par huit fois la dissolution anticipée des chambres a été utilisée à la suite des crises parlementaires.

La législature qui est terminée a vu trois gouvernements successifs, tous les trois dirigés par des membres du Parti démocrate: Enrico Letta, Matteo Renzi, Paolo Gentiloni. Il est bon de se rappeler qu’aucun des trois n’avait été désigné comme candidat à la présidence par le Parti démocrate lors des élections précédentes (l’homme nommé pour entrer au Palazzo Chigi était Pier Luigi Bersani, qui n’est pas devenu président).

L’Italie, on le sait, est une république parlementaire, pas présidentielle: le peuple n’élit pas le président, mais les parlementaires, qui devront ensuite trouver une majorité en Parlement. Néanmoins, la politique italienne est allée ces dernières années vers un «présidentialisme de facto», les partis indiquant clairement, en écrivant son nom également dans le processus électoral, la personne qu’on a l’intention de proposer comme président du Conseil.

Le fait que les trois derniers présidents n’aient pas été désignées comme tels dans la campagne électorale a créé un certain mécontentement parmi la population, qui se plaignait d’avoir eu trois présidents de conseil « pas élus par le peuple« , chose qui est techniquement inexacte, mais substantiellement vraie.

La derniere législature s’est aussi distinguée par le peu enviable record de changement de déploiement des parlementaires, jusqu’à 546. A la Chambre, un député sur trois a changé de groupe. Près d’un sur deux au Sénat.

Pour la première fois depuis plus de dix ans, une nouvelle loi électorale, un nouveau bulletin de vote et une nouvelle méthode de vote seront utilisées. La loi est nommé “Rosatellum”, selon le mauvaise coutume italien d’appeler les différentes lois électorales avec un nom en latin réinventé (“Rosatellum” vient de Ettore Rosato, le deputé du Pd qui a écrit la loi).

Le nouveau système électoral, très baroque comme dans la tradition italienne, a introduit un système mixte, proportionnel et majoritaire, et exige que le Parlement soit élu de deux manières différentes mais liées: l’une est appelée « uninominal » et l’autre est dit « proportionnelle ». « Uninominal » signifie que dans chaque collège les partis nomment un candidat et que celui qui prend le plus de voix parmi les candidats obtient un siège; « Proportionnel » signifie qu’un autre nombre de sièges dans un collège sont répartis proportionnellement aux votes enregistrés par les coalitions ou les partis. Environ un tiers des sièges entre la Chambre et le Sénat seront élus avec le système uninominal, les deux tiers restants seront élus avec un système proportionnel.

Pour élire les candidats au scrutin proportionnel, une liste doit obtenir au moins 3% des suffrages au niveau national, pour la Chambre.  Au Sénat la même chose, mais la liste obtient des sièges si – à défaut de l’objectif de 3% au niveau national – elle a obtenu dans une seule région au moins 20 % des voix.

Avant cela, cependant, les partis souhaitant se présenter aux élections devaient collecter des signatures auprès de la population. Mais pas tous : ceux qui sont déjà présents au Parlement sont exemptés de cette pratique. Un parti déjà présent au Parlement peut également accorder un parrainage à un autre mouvement, qui bien que se présentant avec une autre étiquette n’aura donc pas besoin de recueillir des signatures.

On a beaucoup parlé, par exemple, de la candidate ultra-libérale et pro-avortement, Emma Bonino, qui, grâce à l’aide du parlementaire catholique Bruno Tabacci, a pu se présenter aux élections sans devoir collecter des signatures. Pour les autres partis non représentés au Parlement et sans «amis» parmi les parlementaires, il y avait environ 24 000 signatures à collecter dans 63 collèges.

Dans le prochain article, nous ferons le point sur les différentes forces en présence et la situation politique en Italie.

Adriano Scianca

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 Commentaires

  1. [Bergamo – nord Italia -]

    En résumé il existe une alliance des partis dit de ‘’centre droit’’ (bien que ma Lega soit classée ‘’extrême-droite xénophobe’’ en france …) entre :
    – Forza Italia, la planche pourrie, style LR, de la ‘’constellation’’ (prête à trahir à tout moment) de Berlusconi. Laquelle est en perpétuel perte de vitesse.
    – La Lega de l’excellent Salvini, qui a perdu son identifiant ‘’nord’’ car ses idées et ses candidats sont à présent aussi portés dans le centre et le sud de l’Italie et bien sûr dans le nord où elle surpasse largement ses alliés :
    http://www.affaritaliani.it/politica/elezioni-sondaggi-lega-sfiora-il-20-la-verita-sui-numeri-di-berlusconi-508965.html
    – Et pour finir Fratelli d’Italia de la bouillante Giorgia Melloni, laquelle est sur la même ligne politique que la Lega (en france elle serait classée très à droite d’une Marine Le Pen qui l’a justement snobée pour cela …) mais rejette le coté nordiste, identitaire et pour le moins fédéraliste de la Lega.
    En face de cette alliance nous avons au ‘’centre gauche’’ une alliance autour du PD, l’équivalent de votre PS, menée par Renzi et l’actuel chef du gouvernement Gentilloni. Ce rassemblement de xénophiles ethnomasochites et immigrationnistes à 300% devrait se ‘’manger un râteau’’ de première tant l’exaspération des italiens est palpable !
    Enfin du moins c’est à espérer … contrairement à ce qu’il s’est passé chez vous en votre france macroniste devenue un pays méprisable et méprisé de ce fait par beaucoup de gens ; et pas qu’en Italie !
    Reste pour finir le false flag (financé par Soros) du Movimento 5 Stelle qui sera mené par Luigi Di Maio et se dit ‘’populiste’’ et antisystème mais l’est autant qu’une synthèse de vos Mélenchon et Macron (dont il espère renouveler ‘’l’exploit’’ électoral …)
    Et puis reste encore de nombreuses listes à gauche toutes et les deux cataloguées ‘’néo-fascistes’’ (et l’assumant fièrement !) de CasaPound et Forza Nuova qui pourraient faire des scores notables (en tout cas au-delà de leurs 1 à 3% habituels) dans les périphéries des grandes villes du sud : Rome, Naples, Palerme … comme du nord : Milan, Bologne, Ferrare ….
    Je suis sur le terrain et nonobstant toutes ces subtilités à l’italienne …
    JE SUIS TRÈS, TRÈS OPTIMISTE POUR LA LEGA !!!!!
    Donc en cas de scores raz de marée pour nous, Forza Italia explosera forcément et le basculement politique de l’Italie sera initié et quasi certain !
    À ce stade tout dépendra du sud … pour le meilleur comme le pire ce possible basculement va se jouer là-bas.
    En tous cas une chose est sure :
    POUR LA SURVIE DE L’ITALIE CE SONT LES ÉLECTIONS DE LA DERNIÈRE CHANCE !

Comments are closed.