L’extrême-gauche mobilise faiblement contre Parcoursup en Bretagne

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03/02/2018 – 07h15 Rennes (Breizh-info.com) – Après la Loi Travail, l’extrême-gauche, déçue de ne plus faire l’actualité suite au mouvement des surveillants de prison, vient de se trouver une nouvelle cause : la mobilisation contre Parcoursup, le successeur de l’admission post-bac (APB), et la « sélection » toute relative à l’entrée de l’université que le nouveau dispositif introduit pour les lycéens. Hier, l’université de Rennes a été bloquée et plusieurs manifestations ont eu lieu.

En France, une vingtaine de lycées ont été bloqués, principalement en Ile-de-France, ainsi que plusieurs universités (Jussieu à Paris, le Mirail à Toulouse). A Paris, comme à Nantes ou Rennes, le centre de la contestation apparaît être la fac de sociologie ; le syndicat Sud-Solidaires est aussi très impliqué. « Pas étonnant », ironise un étudiant, « s’il y a une sélection un jour dans les facs – on en est loin – les étudiants seront là parce qu’ils le voudront et non par défaut, donc ils travailleront et les syndicats perdront leur base militante ».

Des manifestations ont eu lieu à Rennes, Nantes, Lorient ; 150 étudiants ont bloqué la fac de Rennes II – où la journée a été banalisée par la direction (assistance aux cours non obligatoire, bâtiments fermés) – et ont manifesté en ville « contre la fac des bourges et des léche-culs ». A Brest, une petite centaine de personnes ont manifesté ; à Lorient à peine cinquante.

A Nantes, le bâtiment de sociologie a été barricadé au petit matin puis débloqué par des policiers en tenue anti-émeute un peu plus tard. Pour un rassemblement prévu à 12h, les étudiants sont à l’heure, à leur façon. Une petite dizaine d’entre eux se tassent devant un bâtiment de la fac de Lettres vers 11h55 et ils commencent déjà à tirer des pétards. A midi trente, une cinquantaine de personnes qui se tiennent sur la place entre Censive et le nouveau Tertre. Deux motards de police, deux surveillants de fac, deux journalistes et une photographe habituée des luttes de l’ultra-gauche locale.

Vers 12h50, une centaine de personnes se rassemble, banderoles et drapeaux se déplient… celle de tête affiche « Université de Nantes en lutte ». La manifestation démarre enfin à 13 heures, rythmée par des explosions de pétards répétées,  et sous les fumigènes. Près de 200 manifestants – ils sont 500 selon les organisateurs – remontent le boulevard Michelet en passant sur les voies de tram, et ils scandent « Tout le monde déteste la sélection ! ». Arrivés un quart d’heure plus tard au niveau de la faculté des Sciences, près du rectorat, ils se retrouvent face à un barrage de CRS. Ils s’arrêtent et martèlent avec une ironie provocatrice « Tout le monde déteste la police ! », puis ils tentent de forcer le passage, en criant « Cassez-vous, cassez-vous ! ». Les CRS les repoussent et envoient quelques grenades lacrymogènes.

Les manifestants n’insistent pas et descendent le chemin de la Houssinière, menant au siège du Rectorat. Devant les grilles, une bonne vingtaine de CRS sont regroupés, prêts à défendre l’entrée. Désordonné, le cortège passe par la fac de sciences, tirant un fumigène dans l’un des bâtiments, puis rentre à la fac de Lettres, surveillés par l’hélicoptère. « Est-ce qu’on est d’accord avec la sélection ? NON ! ». La manifestation s’achève vers 14h dans le bâtiment Censive, puis par de longues discussions dans les amphis D et E ; suite à une AG de 300 personnes – selon les organisateurs – le blocus est voté à main levée. Les traditions ont la vie dure.

Louis Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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