Nantes. Un étudiant témoigne : « Il y a un climat d’insécurité ambiante sur le campus »

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20/02/2018 – 06h45 Nantes (Breizh-info.com) – Ancien responsable de l’UNI et des Jeunes Républicains à Nantes en 2016-17, l’étudiant en droit Luc Gadollet a tenu à nous donner l’avis d’une majorité silencieuse d’étudiants excédée par la mainmise de l’ultra-gauche sur le campus alors que la présidence de l’Université vient de demander à la préfecture l’évacuation des bâtiments occupés, y compris ceux où sont installés des clandestins depuis près de trois mois.

Breizh Info : Luc Gadollet, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Luc Gadollet : Je suis l’ancien responsable UNI de l’université de Nantes, j’ai aussi fondé le collectif Nantes Libre, qui vise à fédérer les étudiants et l’ensemble des concitoyens nantais qui demandent la liberté d’aller et venir sur le campus, et surtout celle d’étudier.

Breizh Info : Avez-vous déjà manifesté sur le campus ?

Luc Gadollet : Oui, jeudi à 14h, mais nous étions une dizaine, l’appel a été fait beaucoup trop tard. Les manifestants [étudiants opposés à la sélection NDLR] nous ont rejoints sur un point : ils s’opposent eux aussi à la fermeture administrative du campus.

Breizh Info : L’extrême-gauche se garde bien de dire que son mouvement précoce est lié aux élections étudiantes, qui avaient lieu les 13 et 14 février. Et vous ?

Luc Gadollet : Nous on est très clairs. Sur nos tracts, il était bien écrit que nous sommes contre les blocages, et toutes formes d’intimidations.

Breizh Info : D’intimidations ?

Luc Gadollet : Des militants de l’UNI ont été menacés par mail, notamment moi. On m’a envoyé la vidéo de l’agression de militants UNI à Clermont-Ferrand avec pour tout commentaire « les élections se suivent et se ressemblent. Bisou » ; ça a le mérite d’être clair…

Breizh Info : Avez-vous été agressés ?

Luc Gadollet : Pas encore. Alors qu’on tractait pour les élections étudiantes, on a été gentiment encerclés, nos tracts nous ont été arrachés des mains, le personnel de l’Université qui s’est interposé a été bousculé, c’était le 14 février vers 8h et le même jour encore vers 15-16 heures.

Breizh Info : Élections qui ont été quelque peu perturbées, puisque le campus a été fermé administrativement après avoir été bloqué le 14 février justement.

Luc Gadollet : Déjà que le taux de participation n’est pas terrible, mais beaucoup d’étudiants n’ont pas pu physiquement voter le 14 février et les élections ne seront pas prolongées. Cela dit, les urnes n’ont pas été bourrées, c’est déjà ça.

Breizh Info : C’est à dire ?

Luc Gadollet : Ça fait deux ans au moins à Nantes que ce n’est plus le cas, mais ça se fait dans d’autres facs. Des individus déclenchent l’alarme incendie, le personnel autour des urnes applique la consigne et se barre, les urnes ne sont plus surveillées, les individus arrivent et les bourrent d’enveloppes, de papiers divers etc. ce qui a pour conséquence de fausser les résultats et perturber l’élection.

Breizh Info : Qui est derrière le soi-disant « mouvement étudiant » à Nantes ?

Luc Gadollet : Nantes Révoltée. C’est un ensemble anar-zadiste d’étudiants et surtout de non-étudiants qui s’opposent à toutes les réformes, et à l’Etat sous toutes ses formes. La loi Travail, Parcoursup, les élections la police…

Breizh Info : Ont-ils un lien avec le comité d’extrême-gauche qui a installé des clandestins dans le sous-sol du bâtiment Censive et le château du Tertre ?

Luc Gadollet : C’est exactement la même chose.

Breizh Info : Le comité d’extrême-gauche qui occupe le château se targue d’en avoir fait un lieu ouvert où tout un chacun peut rentrer… sauf l’administration de l’Université, qui doit solliciter un rendez-vous et attendre leur bon vouloir. Avez-vous pu le faire ?

Luc Gadollet : C’est absolument impossible de rentrer au château. En revanche, les salles qu’ils occupent à Censive et qui leur ont été offertes gracieusement par l’Université ont été dégradées. Récemment, ils ont fait une AG en droit, dans l’amphi D, ils ont cassé l’écran du rétroprojecteur et écrit leurs slogans, ACAB etc. dans la salle et jusqu’aux WC. Tout ce qu’ils veulent, c’est laisser leur trace et emmerder.

Breizh Info : Que pensez-vous de l’occupation du château du Tertre et du sous-sol de Censive depuis trois mois par l’ultra-gauche et les clandestins ?

Luc Gadollet : C’est intolérable et ce n’est pas la vocation de l’Université. Il y a un climat d’insécurité ambiante sur le campus, les dégradations sont nombreuses.

Breizh Info : Le président Olivier Laboux, qui s’est jusque là illustré par une série de reculades et de capitulations piteuses devant l’extrême-gauche, pourtant ultra-minoritaire et numériquement peu importante, a annoncé la réouverture du campus et a demandé à la Préfecture de libérer les bâtiments occupés. Qu’en pensez-vous ?

Luc Gadollet : C’est une bonne décision, mais elle intervient trop tard. La sécurité des étudiants n’a pas été garantie depuis novembre.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photos : DR
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