Nantes.  : les commerçants des marchés excédés par les pannes d’électricité

marché-nantes-zola

Avant que de penser à construire un très dispendieux Arbre aux Hérons (35 millions d’euros dont 12 de financements publics directs) qui a déjà coûté plus de 4 millions d’euros aux contribuables avant même de hisser vers le ciel sa première branche, la mairie socialiste de Johanna Rolland serait inspirée de revoir l’approvisionnement électrique des marchés. Une panne ce mardi à Sainte-Thérèse, précédée d’autres ces derniers jours, ravivent le ras-le-bol des commerçants qui faute de phase, ne peuvent rester neutres face à une municipalité « à deux de tension ».

Ce mardi, une première coupure d’électricité à 9h10 a paralysé le marché des Américains, près de l’église Sainte-Thérèse. « Les agents de la mairie sont passés, ils ont remis le jus, c’est retombé vers dix heures », explique un commerçant. « C’est retombé aussitôt : plutôt que de tester les borniers et voir où est le problème, ils ont accusé une commerçante puis sont partis », sans remettre l’électricité. Ladite commerçante a une installation neuve et aux normes, avec rallonge professionnelle, câble épais bien protégé et parafoudre… Bref, elle est aux normes, ce qui est parfois assez rare sur certains marchés (Bellevue notamment) où abondent rallonges domestiques et multiprises dangereuses en cas de surtension ou d’orage !

Des coupures récurrentes sur les marchés nantais

Résultat des courses, sans électricité, pas de froid dans les vitrines ou les frigos, pas de chaud pour les vendeurs de plats préparés et nems… et donc pas mal de marchandise perdue, d’autant qu’il y avait très peu de monde, « trois fois moins qu’un marché normal », estime une commerçante. Pour le vendeurs de pâtes en haut du marché, « heureusement que ce n’est pas l’été! Mais on a perdu toute la charcuterie exposée ».

Plus bas, un poissonnier a du aller chercher un groupe électrogène dans son dépôt pour continuer à bosser. Au milieu, Karine qui vend des plats préparés a « perdu la marchandise : c’est un point chaud, or elle est froide, donc elle est perdue ». En face, autre vendeur a perdu toute sa marchandise et est fumasse. Un peu plus bas, il y a du préjudice aussi chez un volailler : « il fait 12° dans les vitrines, ce n’est pas bon. Les cailles, les gésiers, la charcuterie sont perdus. Les œufs non ».

« Et si encore ce n’était qu’aux Américains ! », s’exclame une commerçante. Qui est d’ailleurs arrivée ce matin à 6 heures sans trouver de courant sur les compteurs pré-programmés. « Le changement d’heure n’a pas été fait, ça arrive souvent. En automne, quand ça change dans l’autre sens, à midi on n’a plus de jus, c’est pratique ». Elle fait de nombreux marchés, « ce dimanche, ça a coupé sur tous les marchés de Nantes, j’étais au Vieux-Doulon ». Un autre commerçant était « samedi à la Petite Hollande, ça a coupé aussi ». Et il y en a eu d’autres aux Américains et ailleurs, « même Talensac n’est pas épargné ». Commentaire d’un agent municipal – lui aussi « atterré » par l’absence de réparation par ses collègues, « tout part en couille à la mairie, et ça commence à se voir ».

En cause, « la vétusté des installations, le manque d’entretien, le manque de branchement – tout le monde va au même et ça déséquilibre le réseau », avancent plusieurs commerçants. Qui en ont assez : « le prix de l’emplacement ne cesse de monter, les amendes de stationnement ont augmenté [doublé, même] et les PV pleuvent, donc les gens viennent moins, et en plus nous on a des coupures d’électricité donc on perd de la marchandise. On travaille sans compter nos heures, ce n’est pas pour perdre de l’argent ! ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine