MAJ : l’opération de rétablissement de l’ordre s’achève donc ce vendredi, dans ce qui ressemble très largement à un échec de l’Etat – qui en plus ne le reconnait pas.

Depuis quelques jours, 2500 membres des forces de l’ordre sont dans et autour de Notre-Dame-des-Landes afin d’y évacuer quelques centaines de zadistes irascibles, qui avaient été en partie lâchés par la population locale, exaspérée par leur jusqu’au boutisme et voulant pour certains récupérer leurs terres suite à l’abandon du projet d’aéroport.

Bien évidemment, ce ne sont pas 2500 gendarmes et policiers qui sont en même temps sur le terrain. Un tiers de cet effectif sans doute l’est effectivement, et ce tiers s’alterne avec les deux autres depuis quelques jours, presque 24h sur 24. Tout de même, il s’agit d’une des opérations de maintien de l’ordre sur le territoire français la plus importante depuis des années. Et on peut dire que cette opération patine sévèrement, ce qui inquiète en plus haut lieu, puisque tout le monde a encore en tête le fiasco de l’opération « César » de 2012.

A défaut d’être parvenu sur une journée à une expulsion express des zadistes, le gouvernement est en train de permettre la reconstitution, au moins ponctuelle, d’une contestation beaucoup plus large. Il est en effet impossible, y compris pour 800 hommes en permanence sur le terrain  – dont une bonne partie qui est réquisitionnée pour les charges et les destructions de squat – de contrôler qui entre et qui sort dans un périmètre aussi grand, dans une zone rurale. D’autant plus quand le gouvernement y va tout de même à reculons, pas question en effet d’employer une vraie stratégie d’opération militaire pour régler le problème.

Alors, dès à présent mais ce week-end encore plus, des centaines d’autres individus arriveront en renfort, pour quelques jours ou pour plus longtemps, et garniront les rangs des irréductibles. Ensuite, ce sera une guerre de l’image et de la communication : le Gouvernement prend des pincettes, car au moindre blessé grave (il y’a déjà des dizaines de blessés), et pire, au moindre mort, le tribunal médiatique se chargerait d’écrire une histoire qui déstabiliserait lourdement Emmanuel Macron et les siens.

C’est le revers de la médaille lorsqu’un Etat veut à la fois se montrer fort, tout en n’allant pas au bout des choses. Personne n’a jamais remporté une bataille en hésitant à y aller à fond dès la première charge, et les partisans de la guérilla tout au long des siècles l’ont parfaitement compris. Une guérilla, une résistance, ne se renforce que des faiblesses montrées par l’ennemi. Dans une société médiatique et où les réseaux sociaux font désormais presque office de jury populaire, c’est absolument déterminant.

En fin de compte, si on prend un peu de hauteur sur les évènements, on se rend compte que les dirigeants d’un pays qui se targue d’être une grande puissance mondiale (c’est à dire une force de persuasion militaire et de diplomatie dans le monde) ne sont pas capables, pour le moment, de traiter avec fermeté un problème localisé et ultra minoritaire par rapport à l’ensemble de la société.

Comment dès lors s’étonner que les frontières – par lesquelles rentrent des milliers d’immigrés clandestins presque impossible à recenser désormais par les administrations – soient des fromages dans lesquels tout le monde s’engouffre ? Comment s’indigner que des quartiers entiers – urbains ceux là – soient désertés par l’Etat, et laissés à la vindicte de bandes organisées qui exercent un contrôle sur les populations qui y habitent ?

Dans d’autres pays, aux États-Unis, en Russie, en Chine, trois grandes puissances mondiales vis à vis desquelles la France prétend tenir la comparaison, la majeure partie de ces problèmes seraient réglés, rapidement, et sèchement. Parce que la fonction principale des dirigeants d’un État, ce n’est pas d’obliger leur population à rouler moins vite, à arrêter de fumer, à se vacciner massivement, à « vivre ensemble », mais c’est bien de faire respecter l’ordre, la sécurité et la liberté de la majorité, y compris en employant la manière forte vis à vis de minorités très médiatisées et parfois même protégées.

Ce gouvernement, comme tous ceux qui l’ont précédé ces dernières décennies, est impuissant. Il le démontre chaque jour, et les reculades que l’on peut constater aujourd’hui dans le reste de notre société n’en sont que la conséquence directe, comme celles des présidents de faculté qui tolèrent blocages minoritaires et assemblées générales anti-démocratiques dans leurs établissements.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Et on ne dirige pas un pays avec systématiquement la peur de décevoir, de blesser, ou d’être jugé par des tyrans médiatiques. Sinon, on ne peut que s’attendre à des lendemains qui déchantent.

Julien Dir.

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