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J’ai une théorie ! La théorie du « Ils n’y croient plus ». Ou plus précisément « ils n’y croient plus mais ils ne savent pas comment-le-dire ».
L’immigrachance, le vivrensemble, le padamalgam en suppo, ils n’y croient plus. Du tout. Même le mec de ta soeur. Même Juliette de Tolbiac ! Même Guy Bedos ! Ils n’y croient plus vraiment.
Oui. En fait j’explique : dans ces milieux-là il convient de rabâcher le même patata que le voisin. Sans changer une virgule. Avec un zèle stalinien ! Comme ceux qui galopent après Kim Jong-un avec leurs petits carnets. Parce qu’à la moindre hésitationette, tu deviens « pas clair ». Un peu nauséabond du …. tu vois.
Les heures de notre histoire s’assombrissent au-dessus de ta tête. Il faudrait qu’on te passe aux rayons X pour être sûr.
Donc pour conserver ta place dans ton milieu social, parmi tes potes, et continuer à fumer du bon shit, tu racontes toujours les mêmes conneries. Sachant que les autres n’y croient plus non plus. C’est ça le gauchisme schizophrénique : raconter le contraire de ce que l’on pense à des gens qui pensent pourtant comme toi.
Mais tout ce petit drame est terrible. Parce que c’est toute une vie de certitudes qui s’effondre. C’est comme quand j’ai découvert que Mary Ingalls était, en fait, une vraie counasse. Tout cela est terrible.
Parce que depuis « Touche pas à mon Pote », le monde est simple. Il y a les bons et les méchants. Tout cela est limpide et établi comme les lois générales de l’électro-thermique et de la pompe à vélo ! Il y a les phrases clefs à dire pour pouvoir avoir sa place au marché bio et au bar solidaire de Guingamp et les trucs à surtout pas dire. Même si tu viens de te faire voler un fromage par un noir. Tout est dans la certitude évidente et partagée. Le sourire satisfait d’avoir la morale pour toi contre les « salauds ».
Mais l’incroyable vérité est que personne n’y croit plus. Même le plus zélé garde rouge. Dans l’ultra-intimité. Avec des gens vraiment vraiment extérieur au milieu, là, là on se laisse aller. Et on y va même bien fort. Que l’immigration c’est une catastrophe. Que l’islam va nous bouffer. Que c’est pas croyable à quel point « ils » nous font chier.
Mais sorti de ces moments de liberté on est soi-même sa propre police de la pensée. Chut. Et on renifle même bien celui qui n’a pas bien compris le principe. La gauche schizophrénique boufferait les excréments d’un migrant pour bien montrer aux autres qu’on est encore plein de foi. Pour surtout qu’ils ne se doutent pas.
A propos, allez voir « Place Publique » de Jaoui et Bacri. On est en plein dedans !
Oncle Ho
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