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La gauche se présente volontiers comme le camp de la tolérance, de l’ouverture et des droits de l’homme. Pourtant, chaque fois qu’elle s’est approchée du pouvoir absolu, elle a interdit, censuré, enfermé et rééduqué. Quatre textes, de l’essai d’un psychologue polonais aux archives du KGB moldave, permettent de comprendre pourquoi ce réflexe revient sans cesse, et comment il s’est déplacé des goulags vers les universités, les rédactions et les réseaux sociaux.
La fermeture de cette pseudo chaîne raciste qui a armé idéologiquement le terroriste de Trappes n’est plus qu’une question de temps.
En 2027 nous nous en chargerons de manière extrêmement rapide.
Le temps de la complaisance est terminé.
— Thomas Portes (@Portes_Thomas) November 3, 2026
Un psychologue polonais face au « mal macrosocial »
Andrew Łobaczewski a connu successivement l’occupation nazie de la Pologne puis le régime communiste imposé par Moscou. Psychologue clinicien, il affirme avoir participé avec d’autres chercheurs de sa génération, dans la clandestinité, à une étude de ce qu’il appelle « le phénomène macrosocial nommé communisme ». Il en tire un livre, Political Ponerology, du grec poneros, le mal. Le manuscrit a été achevé en 1984 et publié en Occident bien plus tard.
Sa thèse est radicale. Pour Łobaczewski, on ne peut pas comprendre les régimes totalitaires uniquement par l’économie, l’idéologie ou l’histoire. Il faut regarder la psychologie de ceux qui les dirigent. Il forge pour cela un mot : la « pathocratie », le pouvoir exercé par des individus atteints de troubles graves de la personnalité, au premier rang desquels la psychopathie, c’est-à-dire l’absence de conscience morale et d’empathie.
La préface de l’édition anglaise rappelle que ces personnalités ne sont pas une poignée de tueurs en série. Les spécialistes cités, Hervey Cleckley, Robert Hare ou Martha Stout, estiment qu’elles représentent autour de 4 % de la population. Souvent charmantes, intelligentes et sûres d’elles, elles sont attirées par les positions de pouvoir. La politique, par nature, en attire davantage qu’ailleurs.
Des idéologues aux propagandistes, puis aux psychopathes
Dans sa recension pour le Mises Institute, Michael Rectenwald détaille le mécanisme décrit par Łobaczewski, qui se déroule en 3 temps.
Au départ, il y a des écrits doctrinaires produits par ce que le psychologue appelle des personnalités « schizoïdes ». Il range dans cette catégorie Karl Marx et Friedrich Engels. Ces textes offrent une vision simplifiée et pessimiste de l’homme, privée de nuances psychologiques. Les lecteurs normaux en retiennent quelques éléments et corrigent le reste avec leur bon sens. Mais une autre lecture, « pathologique », s’en empare : celle des esprits frustrés, aigris ou eux-mêmes perturbés. Cette lecture durcit le message et appelle à la violence révolutionnaire.
Dans un 2e temps, des personnalités « caractéropathiques » transforment la doctrine en propagande militante. Elles la diffusent, selon Łobaczewski, avec un égocentrisme pathologique et une intolérance paranoïaque envers toute pensée différente.
Enfin, le terrain est prêt pour que les véritables psychopathes prennent la tête du parti puis de l’État. À ce stade, l’idéologie devient un double langage. Les militants sincères continuent de croire aux mots d’origine, « les travailleurs », « le peuple », « l’égalité ». Au sommet, on sait que ces mots ne désignent plus que la domination du parti. Rectenwald y voit l’explication du « double langage » décrit par Orwell, et relève la coïncidence : Łobaczewski a achevé son livre en 1984.
Le « wokisme », nouvel avatar du jacobinisme
Michael Rectenwald connaît son sujet de l’intérieur. Longtemps marxiste lui-même, professeur à l’université de New York, il raconte avoir vu monter sur le campus des militants de la « justice sociale » d’une intolérance agressive. Il en a tiré un livre, Springtime for Snowflakes. C’est en cherchant à comprendre comment « le gauchisme totalitaire » s’était emparé des États-Unis qu’il a découvert Łobaczewski.
Pour lui, l’idéologie « woke » n’a rien de libéral au sens classique. Elle est parente du jacobinisme qui a nourri les révolutions communistes en Russie et en Chine. Elle veut abattre l’ordre établi dans son ensemble et refaire le monde à l’image de son utopie. Elle est sortie des universités pour gagner tout le corps social.
Rectenwald raconte aussi sa surprise en cherchant de la documentation sur les « séances de lutte » et l’« autocritique » publique de la Révolution culturelle chinoise : il ne trouvait presque rien dans les ressources universitaires américaines. Il y voit un vaste travail d’effacement. Le parallèle avec les excuses publiques exigées aujourd’hui de ceux qui ont « mal pensé » s’impose de lui-même.
Les archives du KGB : le dissident traité comme un malade
La revue Dystopia, publiée par le Centre d’étude du totalitarisme de l’Université d’État de Moldavie, apporte à cette analyse ce qui lui manquait : des preuves d’archives. Son fondateur, l’historien Igor Caşu, a été vice-président de la commission présidentielle moldave chargée d’étudier les crimes du régime communiste. À partir des dossiers du KGB de la RSS de Moldavie, il montre que la répression politique n’a pas cessé avec la mort de Staline en 1953. Elle a duré jusqu’au milieu des années 1980.
La logique de fond est claire. Le parti unique détient la vérité absolue, et ceux qui la contestent, c’est-à-dire la majorité de la population, sont des ennemis à neutraliser. Après 1953, le régime renonce aux exécutions de masse et aux famines organisées. Il privilégie la « prophylaxie » : on convoque, on avertit, on menace. En 1976, environ 68 000 personnes sont ainsi passées par ces séances d’intimidation du KGB à l’échelle de l’URSS.
Puis vient la psychiatrie punitive. En mai 1959, devant l’Union des écrivains, Nikita Khrouchtchev explique que ceux qui combattent le communisme ne semblent pas « normaux d’un point de vue psychiatrique ». Le renversement est total : c’est l’opposant qui est déclaré psychopathe. Les dissidents finissent en hôpital psychiatrique, la sinistre « psikhouchka ». C’est le cas de Vladimir Bukovsky, interné pour avoir organisé des lectures de poésie. C’est aussi le cas d’un vétéran de 1943 blessé à la tête, Alexeï Sevastianov, envoyé se « soigner » pour avoir brûlé un portrait de Khrouchtchev puis réécrit sur une affiche de cinéma « Nikita Sergueïevitch n’est pas le nôtre ». Le procédé n’était pas nouveau : dès 1919, le tribunal révolutionnaire avait fait interner une alliée de Lénine devenue critique, Maria Spiridonova, cheffe des socialistes-révolutionnaires de gauche.
Censure, purges de livres et « homme nouveau »
Dans la même revue, Liliana Corobca décrit la machine de censure de la Roumanie communiste, calquée sur le Glavlit soviétique et mise en place avec l’aide directe d’officiers censeurs soviétiques. Elle employait entre 300 et 400 personnes et contrôlait tout : livres, presse, radio, télévision, théâtre, cinéma, expositions, jusqu’aux publications internes de la Securitate.
Son but n’était pas seulement d’interdire, mais de façonner « l’homme nouveau » et d’installer chez les artistes l’autocensure. Avant même sa création officielle en 1949, la Roumanie avait déjà connu 3 vagues de purges de bibliothèques, que l’historienne a documentées dans un volume d’archives consacré à « l’épuration des livres ».
Dresser les enfants contre leurs parents
L’Ukrainienne Tetyana Dzyadevych analyse de son côté le culte des « pionniers-héros » dans l’école soviétique. Ce sont des enfants présentés comme morts pour Lénine, Staline et le parti. Au cœur de cette mythologie se trouve Pavlik Morozov, le garçon érigé en modèle pour avoir dénoncé son propre père. L’autrice résume la leçon inculquée : l’enfant n’a pas besoin de ses parents, le parti et le « père des peuples » s’occupent de lui. La famille, dernier refuge contre l’État, devait être brisée.
Une « religion séculière » qui traque l’hérétique
Le 4e texte, une recension par Olivia Guaraldo d’un livre de Peter Baehr consacré à Hannah Arendt, rappelle le débat des années 1950 entre les grands penseurs du totalitarisme. Raymond Aron voyait dans les idéologies totalitaires des « religions séculières », prolongements exacerbés de l’esprit révolutionnaire né à la fin du XVIIIe siècle. Le sociologue Jules Monnerot, dans sa Sociologie du communisme, décrivait les croyants du parti comme les victimes d’une passion collective entretenue par des rites, des meetings, des cortèges et la propagande quotidienne des journaux. Il y voyait un fanatisme marqué par l’« exclusivité » et la « monomanie ».
Hannah Arendt contestait le vocabulaire religieux, mais elle décrivait elle aussi une idéologie qui se prétend scientifique et pousse sa logique jusqu’au bout, au mépris du réel. Elle parlait d’une propagande qui énonce ses intentions politiques sous forme de prophétie.
Les mêmes réflexes, d’autres moyens
Mis bout à bout, ces textes dessinent un portrait. Une vérité unique qu’on ne discute pas. Des mots détournés de leur sens. Des contradicteurs traités non comme des adversaires mais comme des malades ou des ennemis à rééduquer. Une censure qui vise moins à punir qu’à installer l’autocensure. La délation encouragée, jusque dans les familles. Un militantisme aux allures de culte.
Pour Michael Rectenwald, ce schéma se retrouve aujourd’hui en Occident. On ne déporte plus, mais on ostracise. On n’interne plus, mais on qualifie de « phobe » tout contradicteur, ce qui revient à pathologiser l’opinion. On ne brûle plus les livres, mais on fait annuler les conférences, on fait licencier, on fait fermer les comptes et on réclame l’interdiction des médias jugés déviants. LFI dessine et montre au quotidien ce projet psychopathe en France.
Andrew Łobaczewski estimait que la première défense contre la pathocratie est de savoir la nommer. C’est pourquoi il a forgé tout un vocabulaire pour décrire ce qu’il avait vécu. Les archives de Chişinău et de Bucarest montrent jusqu’où peut conduire une gauche convaincue de détenir la vérité, une fois qu’elle tient tous les leviers : 68 000 citoyens convoqués par le KGB en une seule année, des vétérans de guerre internés pour un graffiti, 3 vagues de purges dans les bibliothèques roumaines.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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