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L’engagement de Manuel Valls aux côtés des constitutionnalistes n’a pas fait que des heureux en Catalogne. Habitant à Barcelone, sa sœur Giovanna est montée publiquement au créneau pour réaffirmer l’engagement nationaliste de sa famille.
Quand le 22 octobre 2017, Manuel Valls annonce publiquement son soutien aux mesures prises par le gouvernement de Madrid contre le processus conduisant à une déclaration unilatérale d’indépendance initié par Carles Puigdemont, une des premières à réagir fut sa sœur Giovanna en publiant un tweet cinglant :
« Nom de Dieu ! Assez ! Au nom du grand-père Magi ! Le 155 n’est pas démocratique. Depuis quand a-t-on subi quelque chose d’aussi brutal que la fin des libertés ? »

Magi Valls, un banquier ultra catholique, premier dans la famille à s’engager à fond dans le nationalisme catalan, a passé plus de temps à défendre ses idées que ses intérêts. Ce qui l’a conduit à la ruine.
Giovanna Valls, celle qui invoque les mânes familiaux contre son frère, est la sœur cadette de Manuel. Très engagée dans la cause indépendantiste, Giovanna porte le ruban jaune qui symbolise les politiques catalans emprisonnés en Espagne et critique publiquement l’application en Catalogne de l’article 155 de la Constitution espagnole qui permet au gouvernement central de prendre le contrôle d’une région autonome.
L’engagement croissant de Manuel dans le débat politique en Catalogne, la possibilité qu’il devienne le porte-drapeau constitutionnaliste à Barcelone, empoisonne la vie de Giovanna qui a récemment explosé sur les réseaux sociaux :
« Si quelqu’un a des comptes à régler avec Manuel Valls, qu’il le fasse directement avec lui. Laissez tranquille Giovanna Valls ! Je vous le demande : respectez ma vie privée et ma santé.»

Vilain petit canard de la famille Valls, Giovanna est née à Paris quand son père artiste peintre y vivait grâce à une bourse du gouvernement franquiste.
A peine âgée de vingt ans, elle commence à se droguer à la suite d’une rupture amoureuse. Pour la faire décrocher, sa famille l’installe à Barcelone où, à peine remise, elle tombe amoureuse d’un toxicomane, ce qui la conduit à abandonner à nouveau les siens pour trouver refuge à Can Tunis, un bidonville qui sera jusqu’en 2004 le grand supermarché catalan de la drogue.
Dans cet enfer urbain, privée de repères, en proie à une addiction dévorante, Giovanna s’injecte ou avale tout ce qui passe à sa portée, poussant sa consommation jusqu’à quinze prises journalières.
Pour financer son addiction, Giovanna vole dans les magasins jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée, condamnée et emprisonnée pas moins de cinq fois. Durant cette période difficile de sa vie, Manuel n’est jamais venu voir sa sœur : « Il avait une carrière à protéger », dit-elle.
Une overdose de speedball (un mélange d’héroïne et de cocaïne) la conduit aux frontières de la mort. Ne pesant plus que 35 kilos, contaminée par le virus du sida et celui de l’hépatite C, les médecins ne lui donnent plus que deux semaines à vivre.
Pour s’en sortir, elle se résout à faire appel à l’aide de ses parents. Leur intervention est décisive. Giovanna entre dans une luxueuse clinique privée de Barcelone qui la retape en huit mois. Enfin, ses parents lui payent aussi un séjour dans un centre de réhabilitation au cœur de l’Amazone où elle prend définitivement le dessus. À son retour du Brésil, Giovanna prend la responsabilité de veiller sur son père qui souhaitait mourir dans sa ville natale.
Depuis cette date, Giovanna a réussi sa sortie de l’enfer de l’addiction, multipliant les interventions pour dénoncer la consommation de drogues, dans un parcours de vie bien inséré dans la société barcelonaise jusqu’à ce que Manuel vienne avec ses gros sabots perturber le consensus mou qui lui convenait si bien.
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