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Depuis quelques jours, les troupes locales du Rassemblement national s’activent face aux émeutes qui secouent la ville de Nantes. Et la section bretonne de Loire-Atlantique avait décidé de montrer samedi que le parti patriote avait à cœur de défendre les policiers face aux délinquants.
Un rassemblement en soutien à tous les policiers
C’est Éléonore Revel, déléguée départementale du Rassemblement national, qui a pris l’initiative de lancer un appel de soutien au policier alors tout juste placé en garde à vue : « Chers militants et amis, le Rassemblement national (RN) organise une manifestation de soutien au policier actuellement en garde à vue, ce samedi 7 juillet à 14 heures, au commissariat central de Waldeck-Rousseau, à Nantes. Venez nombreux soutenir les forces de l’ordre contre la racaille qui dicte sa loi. »
Entre temps, le policier a admis avoir menti dans ses premières déclarations et affirme désormais avoir tiré accidentellement.
Un changement de version immédiatement suivi par un changement de l’objet du rassemblement, sans contradiction aucune avec le premier visuel qui évoquait de toute manière un soutien à « la police » et à « nos policiers » dans leur ensemble.
Demain à 14h, apportons notre soutien à nos forces de l’ordre et à leur famille.
Le #RassemblementNational demande que stoppe le laxisme judiciaire et que la tolérance zéro soit la règle pour tous les délinquants. pic.twitter.com/FamB4I19H7— Eléonore Revel (@eleonorerevel) 6 juillet 2018
Une contre-manifestation haineuse de l’extrême gauche
Cette manifestation d’amour à destination de tous les policiers régulièrement conspués et agressés depuis plusieurs jours à Nantes a déclenché l’ire de l’extrême gauche locale qui a organisé un contre-rassemblement. C’est le collectif Nantes Révoltée qui – comme à son habitude – a relayé l’appel : « L’extrême droite se mobilise sur internet pour soutenir la police et salir la victime. Comble de la provocation, le Front National (rebaptisé RN) appelle à manifester à Nantes devant le commissariat central Waldeck Rousseau à 14H, pour soutenir le policier tireur. C’est la provocation de trop ! Un appel à contre-rassemblement circule. Le rendez-vous contre l’extrême droite est fixé à 13H devant le commissariat, arrêt Motte Rouge, Ligne 2. »
Logiquement, la petite trentaine de militants du Rassemblement national a donc trouvé en face d’elle plusieurs dizaines de militants d’extrême gauche qui, devant le commissariat central de Nantes, ont menacé les membres du RN et scandé des slogans anti-policiers.
Face à face entre militants FN et antifascistes à #Nantes. Les premiers sont venus soutenir le CRS qui a abattu Aboubacar Fofana « et les forces de l’ordre et en général ». Contre-manif pour les seconds. @LCI pic.twitter.com/XuuNq5Zppe
— Sehla Bougriou (@Seh_B) 7 juillet 2018
Dans son discours, Éléonore Revel a souligné le « message constant de soutien aux forces de l’ordre » qu’elle et ses militants étaient venus porter.
Et de préciser : « J’ai tenu à maintenir notre manifestation de soutien aux forces de l’ordre malgré le changement de version du CRS, qui a tiré sur le délinquant, Aboubakar Fofana, car quand un policier est mis en cause, quand un policier est menacé de mort, quand un policier, un gendarme, un pompier ou un CRS est victime de jets de projectiles, c’est la France qui est attaquée, c’est notre France qui est salie, c’est notre pays qui saigne et qui est mis à mal ».
Elle insistera aussi sur le laxisme constaté dans cette affaire : « Plus de 400 voitures brûlées en 3 jours, plusieurs millions de dégâts, un lycée brûlé, les maisons de quartiers et d’associations construites à grand frais, brûlées elles aussi et seulement une vingtaine d’interpellations pour incendies volontaires, jets de projectiles sur les forces de l’ordre ».
Certains responsables politiques nantais ont également été montrés du doigt : « Que penser aussi quand des représentants de l’Etat, François de Rugy ou notre maire, obligés de partir car sentant une tension très forte, mais en réalité insultés ? Ces politiques n’ont-ils pas fait preuve de bienveillance, de complaisance même ? Voyez le sort qui leur est réservé ».
Après une nouvelle nuit d’émeute, la tension ne retombe décidément pas à Nantes.
Crédit photo : Rassemblement national Loire-Atlantique
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