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MAJ du 07/07/2018 à 12 h 20 : L’Essor de la Gendarmerie a écrit au sujet du CRS qui a tiré, « le policier meurtrier », s’attirant une réponse outrée du syndicat des commissaires de police (SCPN) et bafouant tout sens de l’honneur… ainsi que la présomption d’innocence.
Honte à ceux qui bafouent la présomption d’innocence et aux insinuations contenues dans ce torchon, surtout venant de représentants de forces de sécurité exposés aux mêmes risques. #breil #Nantes @EmmanuelMacron @NBelloubet @gerardcollomb @DGPNEricMorvan @Gendarmerie https://t.co/zVPkbeL9Gq
— Commissaires Police Nationale SCPN (@ScpnCommissaire) 6 juillet 2018
C’est un changement de version qui marque une nouvelle étape dans les suites du décès du délinquant Aboubakar Fofana : le CRS à l’origine du tir mortel à la gorge a changé sa version, affirmant finalement que son tir était accidentel. Un revirement qui change beaucoup de choses, notamment car sa version a évolué entre ses premières et ses dernières déclarations. Cette nouvelle et le soin de transparence affiché par la justice permettront-ils à la situation de se calmer ? Ou bien, au contraire, les émeutiers verront-ils leur rage redoubler dans cette nuit du vendredi au samedi ? Alors que François de Rugy, président de l’Assemblée nationale et élu nantais, a été obligé de quitter le quartier du Breil qu’il voulait visiter sous la pression d’un groupe de jeunes, les forces de l’ordre se préparent au pire.
Un changement de version qui fragilise la défense du policier
Ce soir, le CRS auteur du coup de feu mortel a été placé en examen et placé sous contrôle judiciaire. Une décision qui fait suite au revirement de situation après que le CRS ait changé sa version des faits, reconnaissant avoir menti dans ses premières déclarations. Il a finalement affirmé avoir tiré par accident en essayant d’empêcher Aboubakar Fofana, délinquant recherché par la justice, de se soustraire à un contrôle de police en forçant le passage avec sa voiture.
Un changement de position qui ferme toute possibilité de plaider la légitime défense et, par là même, entraîne la placement en examen du policier.
Son avocat a insisté sur le caractère tout à fait normal d’une phase initiale de déni et a annoncé se battre afin que le CRS ne soit pas placé en détention provisoire.
Dans 20 Minutes, les syndicalistes expliquent la tension qui entoure ces situations toujours très complexes à gérer : « C’était un contrôle de police dans un quartier compliqué. La voiture était surveillée, le jeune homme donne une fausse identité puis refuse d’obtempérer. S’il avait répondu aux injonctions des policiers, on n’en serait pas là. […] Les CRS, ce sont les pompiers de la police, ils n’interviennent que dans des conditions difficiles. »
Quant au procureur de la République, en conférence de presse ce soir, « le contrôle de M. Fofana [le délinquant abattu] était justifié, car il n’avait pas sa ceinture. Il a ensuite donné une fausse identité aux policiers ».
La nuit sera sans doute encore chaude
L’émeute ne cessera sans doute pas cette nuit à Nantes. Les forces de police sont en tout cas prêtes à toutes les éventualités. La TAN suspendra une nouvelle fois tous les transports en commun de l’agglomération ce soir.
La justice a beau s’être saisie de l’affaire et assuré que l’enquête suivra son cours, les jeunes émeutiers nantais risquent de vouloir continuer à semer le chaos dans les quartiers sensibles nantais. Les dégâts sont énormes depuis le début des émeutes et les autorités sont incapables de répondre efficacement à cette flambée d’ultra-violence. Les habitants, désemparés, réfléchissent à se défendre eux-même mais le rapport de force n’est évidemment pas en leur faveur.
François de Rugy pris à parti par des jeunes au Breil
Dernière preuve de la tension qui parcourt les cités nantaises avant cette nuit de vendredi à samedi, François de Rugy, député LRM nantais et président de l’Assemblée nationale, a souhaité se rendre au Breil pour échanger avec la population sur place. Mais il a été pris à partie par des jeunes qui ne semblaient pas apprécier sa présence. François de Rugy a donc été obligé de tourner les talons et renoncer à son excursion dans cette cité multiethnique qui est en ébullition depuis plusieurs jours.
Crédit photos : Breizh-Info.com
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