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Vingt-huit ans. Voilà vingt-huit ans que le pays du foot attendait un tel match. Ce mercredi, l’Angleterre défiera la Croatie en demi-finale de la Coupe du Monde. En 1990, les coéquipiers de Gary Lineker n’avaient rien pu faire face à l’Allemagne, futur vainqueur du tournoi…
L’effervescence de l’autre côté de la Manche est totale : l’Angleterre, berceau du football, a gagné sa place dans le dernier carré de la Coupe du Monde. Lors de la victoire 2-0 contre la Suède, ils étaient près de 23 millions derrière leur télévision, sans compter les quantités suivant la rencontre sur écran géant. Comprenons pourquoi !
https://www.youtube.com/watch?v=69nSc6IJYQ8
Le football vu par les anglais
50 ans d’échecs
Inventeurs du foot, les Anglais sont certainement par ailleurs les inventeurs de « la lose » : depuis leur sacre mondial en 1966 à domicile, ils ont en effet perdu quatre fois en quarts de finale, deux fois en huitièmes, et, donc, une fois en demi. Au Brésil, en 2014, les « three lions » n’avaient même pas réussi à dépasser le premier tour. A l’échelle européenne ? C’est pire encore, à l’image de l’élimination contre l’Islande en France en 2016.
Ces éliminations furent souvent des plus cruelles avec des échecs dans les séances de tirs aux buts, exercice qu’ils ont –enfin- réussi cette année face à la Colombie, ou même sur des erreurs d’arbitrage.
Une ferveur inégalable
Mais ce qui caractérise l’Angleterre est certainement la fidélité de ses supporters. On le voit chaque saison en championnat ; près de 38 000 spectateurs assistaient en moyenne aux matchs de Premier League lors du dernier exercice, quand, pour comparaison, ils n’étaient qu’environ 22 000 dans les stades français, en Ligue 1. Un chiffre comparable à… la deuxième division anglaise !
De nombreux clubs anglais jouissent d’une riche histoire qu’ils renouvellent sans cesse, à l’image de Liverpool, finaliste de la dernière ligue des champions contre toute attente. Comme la sélection nationale, les Reds ont subi de nombreux échecs et courent après le titre national depuis 1990 -une année décidément riche en émotions pour les britanniques- mais continuent de bénéficier du soutien dans le monde entier de par ce que le club dégage.
La mentalité d’un pays de foot est ainsi : chaque échec est balayé par l’espoir d’un succès lors du prochain grand rendez-vous. C’est sans doute la raison pour laquelle les anglais étaient encore les européens les plus représentés en Russie cet été.
Le rôle social du foot en Angleterre raconté par le cinéma
Non, le foot n’est pas qu’un sport où 22 mecs « jouent à la baballe » et suivi par des hordes de demeurés.
C’est ce que nous racontent deux films anglais qui méritent le coup d’œil en cette période de Coupe du Monde, qui plus est avec le beau parcours anglais.
Jimmy Grimble (2001)
Jimmy Grimble rêve de foot, et surtout de jouer sous les couleurs de son club de toujours, Manchester City. Le garçon manque cependant de confiance en lui, ce qui n’aide pas à gagner le respect de ses coéquipiers. De manière inattendue, les choses vont changer et Jimmy devenir un homme.
Voilà tout simplement le parcours initiatique d’un jeune garçon par le biais du football. Il ne s’agit pas que de sport mais d’une vie, de ses épreuves, de ses joies et de ses peines. L’histoire aurait pu être la même avec une autre discipline, mais, en Angleterre, le choix était évident.
Le film est aussi un bel hommage au club de Manchester City, qui, avec d’être racheté voire dénaturé par émirats, avait déjà une histoire et un soutien populaire important.

Sixty Six (2006)
Le film est basé sur la propre histoire du réalisateur britannique, Paul Weiland.
En 1966, encore petit garçon, celui-ci s’apprêter à fêter sa bar mitzvah. Malheureusement pour lui, l’équipe nationale anglaise fait un carton dans la Coupe du Monde organisée chez elle, éliminant l’Argentine puis le Portugal, se qualifiant ainsi pour la finale le 30 juillet contre l’Allemagne de l’Ouest.
C’est évidemment à cette date que la bar mitzvah est prévue, et, au grand désarroi de l’enfant et de ses parents (la mère est jouée par l’excellente Helena Bonham Carter), nombre d’invités trouvent des excuses pour ne pas y assister…privilégiant le foot !
Sixty Six est une chronique familiale touchante, la célébration religieuse n’est qu’un prétexte pour nous montrer le quotidien anglais des années 60 et l’importance revêtue par le foot. Cela nous montre aussi que tous les pans de la société anglaise y sont sensibles.
Sans spoiler, la fin du film est belle !

Pour d’autres idées de « films de foot », n’hésitez pas à vous replonger dans nos articles dédiés et visibles ICI et LÀ.
Que l’Angleterre accède ou non à la finale de cette Coupe du Monde 2018, qu’elle remporte l’épreuve ou non, sa sélection aura fait rêver un pays qui n’attendait que ça. Il se pourrait bien qu’Harry Kane, actuel meilleur buteur du mondial, devienne un héros pour longtemps…
Crédit photos : DR
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