France Inter : Bernard Guetta avoue : « J’ai toujours été un journaliste engagé »

Bernard Guetta, chroniqueur sur France Inter depuis 27 ans, a annoncé son départ lors de son intervention du lundi 2 juillet. Aussi, vendredi dernier, le 7/9 de Nicolas Demorand sur France Inter le fêtait.

À cette occasion, à une question sur l’engagement de Léa Salamé, Bernard Guetta répond : « Non, non, je crois que je l’ai fait chaque matin à ce micro pendant 27 ans car je ne suis pas comme journaliste un adepte de ce qu’on appelle l’objectivité, […] je crois à l’honnêteté, je crois au respect des faits, je crois au respect de la vérité […] au micro d’Inter, dans les colonnes du Monde, avant dans les colonnes de l’Observateur… j’ai toujours été ce qu’on peut appeler un journaliste engagé défendant des causes défendant des idées. »

Pour une fois, un journaliste (sur le départ) confirme qu’il est engagé. Aucun des journalistes présents dans le studio n’a réagi à cette profession de foi.

Quand Bernard Guetta ajoute « je crois au respect des faits, je crois au respect de la vérité », est-ce si sûr ou s’illusionne t-il prisonnier de son engagement ? Bernard Guetta et ses confrères de Radio France ne choisissent-ils pas ceux au service de leur engagement et de leur vérité ?

Ainsi, dans ce même interview, il affirme que : « lors de la première guerre d’Irak, tout le monde est là, y compris la Russie, à l’annexion d’un pays (le Koweït par l’Irak) la communauté internationale réagit unanimement. » Était-ce vraiment le cas ? De quelle communauté internationale parle t-il ?

À un autre moment, il dit : « Nous sommes 500 millions d’Européens et nous avons peur de quelques milliers de réfugiés ». Est-ce si simple ? À t-il des yeux pour voir les mouvements de population en Europe depuis 40 ans ?

Or, dans la première partie de l’entretien, il rappelle qu’il était correspondant du Monde en Pologne puis en URSS, avant la chute du mur de Berlin. Il n’hésite d’ailleurs pas à s’y attribuer un rôle : « Pour la fin du communisme, j’y avais un peu participé, il faut bien le dire ». Par contre, pour analyser la situation d’aujourd’hui, il ajoute : « Je n’étais pas en Italie (pour l’élection des populistes), je n’étais pas aux USA (pour celle de D. Trump)… je me sens beaucoup moins légitime ».

En conséquence, il explique qu’il quitte France Inter pour voyager dans le monde et séjourner longuement dans divers pays afin de comprendre ce qui s’y passe.

Ne pourrait-il pas aussi faire un tour de France pour regarder sans préjugés la situation réelle?

Crédit photo : David Monniaux/Wikimedia (cc)
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