Nantes. Expulsés du lycée Leloup-Bouhier, les migrants retournent… au square Daviais

Décidément, plus les jours défilent et moins les Nantais sont convaincus de l’efficacité de l’évacuation du square Daviais, en plein centre-ville entre la place du Commerce et le marché de la Petite-Hollande. Le 2 août à 8 heures, les 250 migrants – parmi lesquels 150 peuvent être expulsés d’office – qui occupaient l’ex-lycée Leloup-Bouhier bd Saint-Aignan ont été expulsés et sont revenus s’installer… square Daviais où 100 à 150 autres migrants sont revenus depuis mercredi dernier.

Résultat des courses, l’évacuation du square Daviais est de plus en plus ratée. D’autant que cela se voit : le 3 août à 15 heures quelques militants pro migrants et 150 clandestins ont fait une petite manifestation dans le centre-ville de Nantes, sous le regard des Nantais. Un nouvel appel  à une « grande marche » a été lancé pour le 4 août à 15 heures par le militant « racisé » Abderrahmane Abdelatif, décidément très actif sur le sujet. Et à la pointe de la volonté de certains migrants de rester sur le square, où ils sont bien visibles.

Cependant cet appel ne semble pas avoir été entendu ni compris par tout le monde : « Aucune personne croisée autour des [migrants] n’est au courant de cet appel ? Ça sort d’où ? C’est quoi cette façon de signer un appel à manif avec un nom individuel ? Et puis l’heure choisie c’est l’idéal pour qu’il n’y ait personne : 15h un jour de canicule : même les [migrants] se seront abrit[és] dans des magasins climatisés ! Pffff… comme si on avait de l’énergie à perdre sur des appels non concertés :/ », s’énerve un militant.

Les militants pro migrants veulent réquisitionner tous les lieux vides et gardent un œil sur le lycée Vial

Les appels lancés en nom propre font en effet rarement partie des habitudes de l’extrême-gauche, qui préfère toujours s’abriter devant des collectifs fantomatiques, comme le CRAN (comité de réquisition et d’action nantais) que l’on retrouve dans toutes les occupations récentes de squats, et qui réclame la réquisition de tous les « lieux vides », y compris les appartements à Nantes, pour y loger de force les migrants. Curieusement, les membres du CRAN et de l’extrême-gauche qui aident les migrants ont tous de très bonnes raisons de ne pas les loger chez eux, et pourtant nombreux sont ceux qui ont de la place…

Brièvement occupé par des militants pro migrants et les clandestins les 18 et 19 juillet avant d’être expulsé, l’ex lycée Vial reste dans le collimateur de l’extrême-gauche. « Le lycée Vial, c’est un lieu parfait pour les exilés [les migrants], il y a 2500 m² de bâtiments, c’est un beau quartier, il y a de quoi faire un réfectoire et il y a assez de sanitaires », relève un militant. « En plus, c’est la propriété d’une collectivité de fachos [la région Pays de Loire est à droite, tendance Fillon] alors pourquoi se gêner ? On s’y réinstallera dès qu’on pourra ». L’ex-lycée était d’ailleurs gardienné peu après son expulsion pour éviter une nouvelle réoccupation.

L’afflux de migrants à Nantes : un phénomène artificiel alimenté par la municipalité

Les travaux de transformation de l’ex-lycée Leloup Bouhier en école vont donc pouvoir reprendre, ils auraient du commencer le 30 juillet. La municipalité socialiste de Nantes, qui est à l’origine de la demande d’expulsion – ce qui n’est guère du goût de certains élus de la majorité proches des thèses de l’extrême-gauche mais qui ne disposent que d’un poids politique mineur – rappelle qu’elle loge déjà « directement ou indirectement » près de 500 migrants.

Et participe donc largement à l’appel d’air vers Nantes, où la demande d’asile a augmenté de 28% en un an, là où d’autres villes ont enregistré des baisses. L’afflux de migrants à Nantes est donc un phénomène artificiel. Nombre de migrants à Nantes viennent d’ailleurs de Paris ou de Calais, voire se sont déjà faits refuser l’asile dans d’autres pays européens… Le fait que les migrants trouvent aussi le couvert (repas de l’Autre cantine notamment, à raison de 400 distribués chaque soir) et l’appui des organisations pro migrants pour occuper des lieux et faire de l’agitation politique n’arrange évidemment rien…

L.M.

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