Circulaire Schiappa. Non, personne ne va se masturber dans les écoles primaires !

A LA UNE

Il y a parfois des jours où les mots peuvent manquer en lisant certaines rumeurs qui sont partagées sur les réseaux sociaux.

C’est le cas concernant la fameuse « circulaire Schiappa » que personne n’a lue mais que tout le monde commente. Comme si demain, nos enfants devraient apprendre dès l’école primaire à se masturber en classe !

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Il y a tellement à redire sur Marlène Schiappa, ayatollah du féminisme et digne disciple de Najat Vallaud Belkacem, qu’il en devient ridicule, navrant et même totalement décrédibilisant d’aller inventer des mensonges dont on se demande qui ils servent au final.

Revenons sur la principale rumeur qui hante les GAFA actuellement :

Les écoliers devraient suivre des cours d’éducation sexuelle non adaptés à leur âge, découvrir des informations à caractère pornographique et même apprendre à se masturber, dès l’école.

Ce n’est pas de la caricature, c’est bien ce qui circule  sur les réseaux  actuellement.

Tout d’abord, la confusion est grande avec la « Loi Schiappa » sur les violences sexuelles. Dans cette loi, seul l’article 10 évoque l’éducation nationale pour y introduire  « obligation de sensibilisation des personnels enseignants aux violences sexistes et sexuelles et à la formation au respect du non-consentement ». C’est tout.

En réalité, ce qui est dénoncé, c’est une circulaire adressée par Marlène Schiappa, en cette rentrée aux enseignants de l’Éducation nationale, que personne n’a lue. Cette dernière réclame au corps enseignant d’appliquer un texte de 2001 entériné en 2003.

Pour rappel, l’éducation sexuelle a été introduite à l’école en 1973. C’était à l’époque un enseignement facultatif et cantonné aux lycées sur la contraception et les maladies vénériennes. Elle est aujourd’hui encadrée par un article du code de l’éducation daté du 4 juillet 2001.

Le texte indique que trois séances d’éducation sexuelle doivent avoir lieu chaque année à l’école, au collège et au lycée. Pas à l’école maternelle.

La circulaire, quant à elle, précisait :

« 2.1.1 À l’école primaire, l’éducation à la sexualité suit la progression des contenus fixée par les programmes pour l’école. […] Ils feront cependant l’objet, en particulier aux cycles 1 et 2, d’une intégration aussi adaptée que possible à l’ensemble des autres contenus et des opportunités apportées par la vie de classe ou d’autres événements. Aussi, à l’école, le nombre de trois séances annuelles fixé par l’article L. 312-16 du code de l’éducation doit-il être compris plutôt comme un ordre de grandeur à respecter globalement dans l’année que comme un nombre rigide de séances qui seraient exclusivement dévolues à l’éducation à la sexualité. […]

Nullement trois séances fixes donc, mais une intégration dans l’apprentissage général en primaire.

2.1.2 Au collège et au lycée, le chef d’établissement établit en début d’année scolaire les modalités d’organisation et la planification de ces séances, inscrites dans l’horaire global annuel des élèves, garantissant ainsi la mise en œuvre et la cohérence de ce dispositif, qui sera intégré au projet d’établissement et présenté au conseil d’administration. Pour les lycées, il fera également l’objet d’un débat au conseil de la vie lycéenne. »

Tous les textes de référence se trouvent ici.

Ces séances évoqueront le consentement, le respect d’autrui, les rapports entre les femmes et les hommes. Et les enseignants évoqueront « la sexualité humaine », « la puberté » ou d’autres sujets pour le coup bien plus contestables comme la thématique « identité sexuée — rôles et stéréotypes — orientation sexuelle » . Point de masturbation ni de pornographie à l’école donc.

Pourquoi alors s’offusquer qu’on tente de donner quelques bases aux gamins sur leur anatomie et leur développement ? Combien de familles, par religion ou par inculture, n’apprennent rien de tout cela à leurs enfants et les laissent à la merci d’une éducation sexuelle inexistante, trash ou débridée ?

Le nombre de viols, d’abus en tout genre, de faits divers sordides, de relations incestueuses (et toutes les histoires dont on n’a pas connaissance) dans certaines régions de France devrait achever de convaincre les récalcitrants et ceux qui s’offusquent que l’on puisse évoquer la sexualité avec leurs enfants et ados. En effet, la vie sexuelle est quelque chose de naturel, normalement propre et  sain.

Cela devrait amener chacun à réfléchir sur sa propension à diffuser des informations mensongères – ce n’est même plus de la caricature – qui de surcroit permettent à la presse subventionnée de s’ériger en défenseur de « la vérité » face aux intox du web ?

Yann Vallerie

PS : POUR ABORDER LE SUJET DE LA SEXUALITÉ AVEC SES ENFANTS LE LIVRE «  Dis, en vrai, c’est quoi l’amour ? » DEVRAIT FAIRE L’AFFAIRE POUR VOS ENFANTS.

Crédit photo : DR
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