Au Royaume-Uni, une assemblée de scientifique a récemment remis un rapport sur la modification génétique des embryons. Ils militent pour une utilisation encadrée de la manipulation génétique embryonnaire par une technologie appelée CRISPR CAS9.

L’objectif premier de cette découverte est de permettre la détection et l’élimination de gènes pouvant causer des maladies tout au long de la vie de l’individu, et ceux, dès la phase embryonnaire. Mais certains en voient une visée plus superficielle comme modifier la couleur des yeux ou des cheveux. D’un point de vue éthique cette avancée scientifique fait débat.

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Comment CRISPR fonctionne ?

Cet acronyme compliqué, désigne le nom d’un « ciseau moléculaire » qui permet de découper des brins d’ADN à des endroits extrêmement précis, permettant aux scientifiques de corriger certaines mutations génétiques pouvant causer des maladies. En laboratoire les chercheurs sont également capable de remplacer certaines portions d’ADN. Cette innovation permet donc de choisir certaines caractéristiques physiques en y implantant la combinaison d’allèles permettant d’obtenir des yeux bleus ou des cheveux blonds.

Comment définir ce qui est éthiquement acceptable ?

Les scientifiques l’ont précisé dans leur rapport, tout changement apporté doit avoir une visée bénéfique pour la santé de l’enfant en devenir. Néanmoins la limite reste floue, et les critères plutôt subjectifs. De plus quel serait l’impact du changement sur le génome humain dans sa globalité ? L’information génétique étant transmise de génération en génération si les modifications apportées conduisent à uniformiser les caractéristiques des futurs être humains, cette prouesse scientifique pourrait poser plus de problèmes qu’elle n’en résolvent…

Les membres du nuffield council on bioethics ont autorisé la pratique d’un procédé controversé. Celui du bébé à trois parents. Un enfant né suite à cette pratique possède une fraction d’ADN maternelle supplémentaire afin de remplacer une partie du génome « défectueux » causant de graves problèmes cellulaires.

La politique britannique fait le premier pas

Aujourd’hui les scientifiques britanniques sont autorisés à modifier l’ADN des embryons humains jusqu’au 14ème jour du développement, Après quoi ceux-ci sont détruits. À l’heure actuelle il est formellement interdit d’implanter un embryon génétiquement modifié dans l’utérus d’une femme. Mais de nombreux comités de bioéthique souhaitent faire évoluer le processus, pour qu’au plus vite les premiers bébés « génétiquement modifiés » puissent naître.

Maxime DUBOIS

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