CRISPR : choisir la couleur des yeux de votre enfant, c’est désormais possible

Publicité

Au Royaume-Uni, une assemblée de scientifique a récemment remis un rapport sur la modification génétique des embryons. Ils militent pour une utilisation encadrée de la manipulation génétique embryonnaire par une technologie appelée CRISPR CAS9.

L’objectif premier de cette découverte est de permettre la détection et l’élimination de gènes pouvant causer des maladies tout au long de la vie de l’individu, et ceux, dès la phase embryonnaire. Mais certains en voient une visée plus superficielle comme modifier la couleur des yeux ou des cheveux. D’un point de vue éthique cette avancée scientifique fait débat.

http://gty.im/689058256

Comment CRISPR fonctionne ?

Cet acronyme compliqué, désigne le nom d’un « ciseau moléculaire » qui permet de découper des brins d’ADN à des endroits extrêmement précis, permettant aux scientifiques de corriger certaines mutations génétiques pouvant causer des maladies. En laboratoire les chercheurs sont également capable de remplacer certaines portions d’ADN. Cette innovation permet donc de choisir certaines caractéristiques physiques en y implantant la combinaison d’allèles permettant d’obtenir des yeux bleus ou des cheveux blonds.

Comment définir ce qui est éthiquement acceptable ?

Les scientifiques l’ont précisé dans leur rapport, tout changement apporté doit avoir une visée bénéfique pour la santé de l’enfant en devenir. Néanmoins la limite reste floue, et les critères plutôt subjectifs. De plus quel serait l’impact du changement sur le génome humain dans sa globalité ? L’information génétique étant transmise de génération en génération si les modifications apportées conduisent à uniformiser les caractéristiques des futurs être humains, cette prouesse scientifique pourrait poser plus de problèmes qu’elle n’en résolvent…

Les membres du nuffield council on bioethics ont autorisé la pratique d’un procédé controversé. Celui du bébé à trois parents. Un enfant né suite à cette pratique possède une fraction d’ADN maternelle supplémentaire afin de remplacer une partie du génome « défectueux » causant de graves problèmes cellulaires.

La politique britannique fait le premier pas

Aujourd’hui les scientifiques britanniques sont autorisés à modifier l’ADN des embryons humains jusqu’au 14ème jour du développement, Après quoi ceux-ci sont détruits. À l’heure actuelle il est formellement interdit d’implanter un embryon génétiquement modifié dans l’utérus d’une femme. Mais de nombreux comités de bioéthique souhaitent faire évoluer le processus, pour qu’au plus vite les premiers bébés « génétiquement modifiés » puissent naître.

Maxime DUBOIS

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Culture, Culture & Patrimoine

« Monstre : l’histoire de Lizzie Borden » : la hache ne tranche pas

Histoire, International

Esclavage : Londres a combattu la traite pendant un siècle, les Caraïbes lui présentent la facture

International, Patrimoine

Hongrie : une statue romaine presque intacte sortie du Danube

Santé

Sédentarité : 53 % des adultes ne bougent pas assez, selon une étude mondiale

International

L’Afrique Réelle d’octobre : Bernard Lugan décrypte les 5 verrous de la mer Rouge

International

Royaume-Uni : pour une ministre travailliste, le pub et le labrador sont…d’extrême droite

International

Adhésion du Monténégro à l’UE : le casse-tête de la traduction

International

Hongrie : le lobby LGBT veut abolir la loi Orbán sur le « sexe de naissance »

A La Une, Sociétal

Retrouver l’accord perdu. Jean-Dominique Michel et Louis Fouché publient un livre contre la désincarnation du monde moderne

Environnement

Assemblée citoyenne de Jancovici : 60 000 Français consultés sur les « dilemmes » à trancher

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Santé

Maladie cœliaque : des cellules immunitaires anormales avant même le contact avec le gluten ?

Découvrir l'article

Environnement

« Carbone » : le documentaire qui réhabilite l’élément le plus diabolisé de la planète

Découvrir l'article

Animaux

Le tilcayo, première nouvelle espèce de félin découverte depuis plus d’un siècle

Découvrir l'article

Animaux

Quand la couleur du pelage influence la santé du chien : comprendre les pathologies liées à la robe

Découvrir l'article

Agriculture, Economie

SPACE 2026 à Rennes : l’eau au cœur de la 40e édition du salon de l’élevage

Découvrir l'article

Santé

Scoliose : et si la sérotonine et la mélatonine jouaient un rôle dans la déformation de la colonne vertébrale ?

Découvrir l'article

A La Une, Animaux, Environnement

Mike Vivien, apiculteur en Normandie : « Si on améliore l’environnement des abeilles, on améliore celui de l’homme » [Interview]

Découvrir l'article

Agriculture et monde agricole

Nouveaux OGM : le Parlement européen ouvre les champs et les assiettes, sans étiquetage ni traçabilité

Découvrir l'article

Santé

Vitamine D et diabète : une protection génétique qui ne concerne pas tout le monde

Découvrir l'article

Santé

Vitamine D et diabète : un gène pourrait déterminer qui profite vraiment d’une supplémentation à haute dose

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.