Nous rentrons du Dinard film festival 2018. Avec cette année, une vraie déception concernant les films présentés en compétition. Et quelques bonnes surprises en avant première, la palme du meilleur film visionné revenant à Journeyman, de (et avec) Paddy Considine et l’excellente Jodie Whittaker.

Voilà qui ne va pas plaire à l’organisation du festival, qui n’aime pas que l’on critique les films sélectionnés, mais il faut bien concéder que des festivaliers (pas tous) nous ont confié être déçus des films sélectionnés en compétition. « C’est trop à l’eau de rose, on s’éloigne du cinéma britannique traditionnelle » nous dira même une festivalière de longue date.

Il est vrai que le soin semble plus apporté cette année aux paillettes, aux cocktails mondains, aux courbettes devant le jury, et à la décoration (très jolie), qu’aux films. Nous avons vu Winterlong, The Happy Prince, Jellyfish, Old Boys et Funny cow (pas vu Pin Cushion) sans qu’aucun ne soit à la hauteur de ce qui se faisait précédemment au festival du film britannique. Éventuellement, The Happy Prince, sur les traces d’Oscar Wilde, tient la route, le reste est très convenu (et surtout, au final, ennuyant, pas grand chose à en dire en fait …).

Palmarès complet du Dinard Film Festival 2018

  • Grand Prix – Hitchcock d’or Long métrage : Jellyfish de James Gardner
  • Prix du scénario : Jellyfish de James Gardner
  • Prix du public : Old Boys de Toby Macdonald
  • Prix Coup de cœur : The Bookshop d’Isabel Coixet
  • Prix de la critique : Jellyfish de James Gardner

Passons aux belles surprises du Dinard film festival : les avant-premières. 

Si vous avez l’occasion d’aller voir Journeyman, foncez, les yeux fermés. Ce film est une pépite, attention, émotion garantie. Voici le synopsis : Après avoir défendu, avec difficulté, son titre de champion de monde de boxe dans la catégorie des poids moyens, Matty Burton s’effondre. S’annonce alors le combat plus difficile de sa carrière pour retrouver la parole, la mémoire et la mobilité. Sa récompense : sauver sa relation avec sa femme Emma et leur petite Mia.

Cette quête pour reconquérir sa femme et la faire revenir à la maison avec sa fille va vous remuer dans tous les sens. Les acteurs sont brillants, et l’histoire, inspirée (juste inspirée) de faits réels, prend particulièrement aux tripes.

Pas encore de date de sortie en France.

D’autres films méritent que l’on s’y attarde : the Bookshop, un peu lent, mais vraiment intéressant. En 1959 à Hardborough une bourgade du nord de l’Angleterre, Florence Green, décide de racheter The Old House, une bâtisse désaffectée pour y ouvrir sa librairie. Lorsque la libraire se met à vendre le sulfureux roman de Nabokov, Lolita, la communauté sort soudain de sa torpeur et manifeste une férocité insoupçonnée.

On retiendra également l’excellent Mens of Honor, de Saul Dibb, sur le drame de la Première guerre mondiale.

Ne manquez pas non plus l’excellent « crooked house », tiré du roman d’Agatha Christie et adapté avec brio.

Ou enfin Obey, de Jamie Jones, film social « à l’anglaise », qui aurait largement mérité, comme les autres avant premières évoquées, une sélection pour le festival.

On a malheureusement aussi vu un navet, comme Outfall, une histoire d’enlèvement sans queue ni tête, longue, très longue, avec un fin aussi improbable que le début (mais il est vrai que sans ce début, le film était terminé en 15 minutes…) .

Espérons que l’an prochain, le Dinard film festival se renouvelle un peu mieux en compétition, tout en proposant toujours autant d’avant-premières de qualité.

Crédit photo : DR
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