Depuis plusieurs années déjà, la fonction présidentielle est totalement désacralisée en France.

Du président buvant des bières avec « le peuple », à celui faisant des selfies avec des « fans » venus l’accueillir, en passant par le président expliquant à un individu qu’il lui suffit de traverser la rue pour trouver du boulot, tout est fait pour que plus personne ne voue le moindre respect au président de la République.

Emmanuel Macron a encore franchi un cap, à Saint-Martin, ces derniers jours, en prenant la pose avec un ex-braqueur fraichement sorti de prison et avec un de ses amis faisant au passage un doigt d’honneur.  La messe est dite.

Après Macron et son ex-garde du corps proche de Jawad Bendaoud, après Macron et Benalla, Macron et la fête de la musique africaine à l’Élysée, Macron et Mamoudou Gassama, voici Macron et l’ex-braqueur de Saint-Martin, y allant de son « tu ne refais plus de bêtise », puis de son « j’aime chaque enfant de la République quelles que soient ses bêtises ». Amen.

On comprend – même si il est dommage qu’en tant qu’élus et responsables politiques ils ne se contentent que de gesticulations médiatiques – l’indignation d’une partie des Républicains ou du Rassemblement national.

Car ce président Macron apparait chaque jour un peu plus comme celui de la honte, dans la droite lignée des Hollande, Sarkozy, et consorts.

Souvenez-vous de Hollande, un président de la République qui jeta l’opprobre sur la police en posant au chevet de Théo Luhaka, aujourd’hui mis en examen pour escroquerie en bande organisée – l’enquête démontrant finalement ensuite la supercherie des prétendues « violences policières ».

Les vieux réacs diront sûrement : « C’était mieux avant, tout se perd, le respect, l’uniforme, le salut au drapeau, etc., etc » sans jamais proposer d’autres solutions que d’éternels retours en arrière, comme si le temps devait s’arrêter.

Mais ce n’est pas de cela dont il s’agit dans le fond : certes, un président de la République, comme un roi par le passé, ne devrait pas être au même niveau que la population, et devrait mener ses réformes sans bain de foule ni paillettes.

Mais au delà de ça, a-t-on vu Emmanuel Macron au chevet du jeune Marin, handicapé désormais depuis qu’il a pris la défense d’un couple qui était agressé par des racailles ? Non.

A-t-on vu Macron au chevet de la famille du chef de la police municipale de Rodez, assassiné de plusieurs coups de couteau la semaine dernière ? Non.

A-t-on vu Macron se déplacer au chevet de la mère d’Adrien, 26 ans, assassiné par Younes et Yanis El Habib pour avoir secouru des amis agressés ? Encore non.

Mais pourquoi donc ces élus méprisent le peuple à ce point ? Pourquoi continuer à voter pour ces sinistres individus couverts de honte ?

Imagine-t-on une seconde un Vladimir Poutine prenant la pose avec des vendeurs de came au fin fond de la Sibérie ? Ou le président Chinois au chevet d’un jeune dealer maitrisé avec force par la police ? Ou le roi du Maroc discutant dans la rue avec un jeune lui demandant avec insistance pourquoi il est au chômage ? Ou encore Ram Nath Kovind, président de l’Inde et sa femme dansant le reggae au Rashtrapati Bhavan (palais présidentiel indien) devant un rastaman affublé d’un t-shirt vantant les mérites du cannabis ?

Non, bien sûr que non. Mais la France est devenue la risée du monde entier. Une décharge à ciel ouvert. Une ruine. Un concentré de stérilité populaire piloté par des ordures.

« Ce qui tombe il faut encore le pousser » disait Nietzsche. Encore un effort Manu ! Bah oui quoi, tu fais la morale à un gamin de 16 piges qui ne devrait pas t’appeler Manu, et tu vas ensuite prendre la pose avec un braqueur et son pote qui te font un gros fuck en photo, faudrait savoir Manu !

Julien Dir

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