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15 millions d’euros. C’est le montant destiné par la ministre du Travail, Muriel Péricaud, pour l’emploi des demandeurs d’asile. En pleine crise sociale en France, et alors que le pays compte plus de 5 millions de chômeurs en catégorie A (sans aucun emploi), l’annonce a du mal à passer.
« Certains réfugiés ont une qualification, mais ils viennent de pays où il n’y a pas de reconnaissance de diplôme, ou qui s’exercent dans un cadre rendant nécessaire une formation complémentaire », s’est justifiée la ministre du Travail.
En réalité, il s’agit d’un appel à projets doté de 15 millions d’euros. Toutes les structures de plus de deux ans d’existence spécialisées dans le suivi des demandeurs d’asile peuvent candidater dès à présent pour décrocher des financements. Gageons que certaines spécialisées dans l’immigration vont se précipiter sur le pactole.
Le ministère du Travail table sur l’insertion de 4 000 à 5 000 réfugiés rien que pour l’année 2019. Pourtant, ces 15 000 000 d’euros représenteraient également, mis dans d’autres poches, 835 emplois sur une année, plein temps, payés au SMIC. Avec cette enveloppe, le ministère du Travail fait donc le choix de tabler sur 4 000 à 5 000 demandeurs d’asile plutôt que sur un millier de Français sans emploi.
« C’est injuste » nous confie Caroline, au chômage (indemnisée) depuis son licenciement d’une entreprise d’agro-alimentaire en Bretagne. « Ils sortent des enveloppes énormes d’un coup, comme ça. Et nous, on a le droit à quelque chose ou bien on la boucle et on finit par se pendre ?. Plutôt que d’investir dans les demandeurs d’asile, l’État devrait venir en aide aux entreprises, pour qu’elles embauchent, et des Français en priorité. On est quand même chez nous. Et on aide les autres. C’est dégueulasse »
Ce nouvel appel à projets fait partie du Plan d’Investissement dans les compétences (PIC), destiné à former plus d’un million de jeunes ou de chômeurs de longue durée peu qualifiés. En 2017, la France aurait accordé l’asile à 43 000 personnes.
Crédit photo : DFID – UK Department for International (flickr cc) Photo d’illustration
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