Marcus Graven a 60 ans. Il vient de publier un livre, aux éditions Riposte Laïque, intitulé « immigration, le naufrage français ». Il ne s’agit pas d’une analyse politique chiffrée, mais d’un road trip mené à travers la France en passant par la Bretagne, pour constater l’évolution de villes dans lesquelles il a habité, vécu, plusieurs années auparavant.

Pour ce qui est de Nantes, Rennes, Brest, les trois villes bretonnes évoquées dans ce livre, la description est saisissante, presque glaçante. Le style d’écriture n’est pas formidable. Mais ça se lit, vite. Il est toujours intéressant de recueillir ce type de témoignages, sur un pays, des régions, qui se transforment si rapidement en quelques années.

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Nous avons interviewé l’auteur à propos de ce petit ouvrage (132 pages petit format), mais avant, nous vous en proposons la présentation de l’éditeur :

Que faire quand on a l’esprit de famille, et que sa nièce, à la veille de passer d’importants concours, se rompt les ligaments d’une cheville? En bon oncle qu’il est, Marcus a décidé de l’emmener dans un Tour de France qui lui a permis de redécouvrir des villes dans lesquelles il a vécu, avant de partir de longues années en Nouvelle-Calédonie. Les différentes étapes, Brest, Rennes, Grenoble, Roanne, Clermont-Ferrand, Lille et Nantes lui confirment ce qu’il savait déjà, en pire ! C’est au naufrage d’un pays qu’il aime par-dessus tout qu’il a assisté, en quelques jours. Tétanisés, submergés, incrédules, les Français essaient de survivre, en évitant les points chauds. Cela ne changera rien, cette France, désintégrée, est partie pour subir une guerre de civilisation, parce que les envahisseurs l’ont décidée.

Immigration, le naufrage français – Marcus Graven – Riposte Laïque – 12€

Breizh-info.com : Marcus Graven, Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Marcus Graven : Je suis né à Roanne, il y a 60 ans.

En 1976, je me suis installé à Grenoble où j’ai été facteur, chauffeur poids lourds, moniteur auto-école. Entre deux contrats de travail temporaire, je voyageais en Europe. Durant l’été 76, j’ai passé trois mois au Mexique. J’ai parcouru le pays du nord au sud.

En 1980, je débarquais en Nouvelle-Calédonie après avoir vu une conférence sur ce lointain territoire français.

Dès 1981, je fus happé par les événements qui continuent encore aujourd’hui à secouer l’archipel.

En 1989, j’intégrais les cours de l’École supérieure de journalisme (E.S.J.) à Paris tout en travaillant parallèlement comme pigiste pour l’Agence océanienne de presse.

Aujourd’hui, je passe une partie de l’année en Métropole, l’autre partie en Nouvelle-Calédonie.

Breizh-info.com : Pourquoi avoir décidé d’écrire ce petit livre Immigration, le naufrage français?

Marcus Graven : Quand je suis parti sur la route des Grandes Ecoles avec ma nièce, je n’avais pas dans l’intention d’écrire ce témoignage, sorte de journal de mon voyage dans la moitié nord de la France.

Chaque jour, j’envoyais à des amis dont Pierre Cassen, quelques lignes sur ce je voyais, ce que je vivais, ce que je ressentais. C’est lui qui me suggéra d’écrire un texte plus structuré à partir de mon expérience.

Ce livre qui doit être lu comme un récit est le constat d’une évolution dans le temps pour des villes que je connais (Roanne et Grenoble). Il est également une photographie d’autres cités. Une réalité ressentie.

« Les villes françaises sont des zones d’inconforts physique et intellectuel. S’y promener relève de plus en plus d’une balade en milieu hostile. Mais les élites politiques et universitaires, les médias, les dirigeants religieux nous interdisent de ressentir cela. Elles tentent de nous faire croire que nous ne voyons pas ce que nous voyons : des quartiers et des centres villes dévastés par une guerre civile molle, une “guerre civile moléculaire” (pour reprendre le concept de Bernard Witcht) » ai-je écrit. En parcourant les rues de villes françaises, j’ai perçu le décalage immense entre le discours des prétendues élites et le quotidien vécu par les Français.

Je note que la réalité que je décris s’impose dans l’actualité.

Collomb sur le perron du Ministère qu’il quittait n’a-t-il pas lancé à Edouard Philippe que dans des quartiers de grandes villes «la situation est très dégradée », que c’est « la loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants et des islamistes radicaux » et que la situation pourrait y devenir « totalement ingérable » ? A mon avis, elle l’est déjà.

Le constat terrifiant émis par le Ministre de l’Intérieur est un uppercut de la réalité sur la gueule de la bien-pensance .

D’autres responsables (longtemps irresponsables) font le même constat : Anne Hidalgo à Paris qui  déclare : « Vous savez, il y a des quartiers qui sont complètement […] pourris par la drogue » ; Martine Aubry à Lille qui réclame davantage de moyens pour assurer la sécurité de sa ville ; Johanna Rolland à Nantes qui établit une facture de 4 millions d’euros pour la prise en charge des migrants du square Daviais ; Piolle – dont j’évoque le laxisme dans mon livre – qui pleurniche désormais à Grenoble sur la « situation critique » de sa ville en termes de sécurité en évoquant un « sentiment d’abandon fort » de la part l’État. Ce sont tous des maires socialistes dont on ne peut douter de la capacité d’ouverture, de compassion. Ils découvrent que le feu ça brûle et que l’eau ça mouille. Ils ont la révélation de l’existence d’un monde que nous décrivons depuis des années. Et que les Français ne supportent plus.

Jusqu’à Giscard d’Estaing qui, bien tardivement, bat sa coulpe sur le regroupement familial qu’il a dangereusement initié en 1976.

Immigration, le naufrage français est une façon de partager l’inquiétude des Français.

Breizh-info.com :  Votre ouvrage est un témoignage personnel, du vécu. Pourquoi ne pas l’avoir sourcé pour le renforcer ?

Marcus Graven : Sourcé ?

Mes sources, c’est principalement mon expérience, le vécu. Pour le reste, avec les quelques indications que je donne (Le Télégramme, Valeurs actuelles, France Bleu Auvergne), il est très facile de “sourcer” mes dires. Je ne tenais pas à dégrader mon texte par des notes de bas de page.

Breizh-info.com : Parlez nous de Rennes, de Nantes et de Brest. Comment les avez-vous vu changer ?

Marcus Graven : Contrairement à Roanne et Grenoble, je connais peu les villes bretonnes. Ce que j’y ai vu, par contre, m’a persuadé que la décomposition française y est au moins aussi avancée qu’ailleurs. Que les centres villes de Brest et de Nantes soient aux mains des dealers et de migrants, de faux mineurs isolés, en très grande majorité musulmans, m’a surtout montré que le régionalisme mal compris, mal appliqué, aboutit au même résultat qu’à Paris, Lyon, Marseille : une insécurité palpable, des agressions à foison, une saleté de ville du Tiers-Monde…

Comme je l’écris, que ce soit à Brest, Nantes, Rennes ou à Lille ou Grenoble, « avec la matinée qui avance, les personnages du spectacle urbain changent. Jusqu’à 10 heures, les passagers des transports en commun, les piétons, les enfants sur le chemin de l’école (…) jouent les figurants dans un film de notre belle époque personnelle : la France des années 70. (…) Arrive un moment de flottement dans les heures, une sorte de transition spatio-temporelle et ils apparaissent. Ils sont en groupes, s’installent sur les places, occupent les bancs des squares, discutent en parlant fort dans des langues lointaines. ». Il y a une uniformisation désastreuse des villes par l’immigration.

Breizh-info.com : Pourquoi, si ces villes ont bien changé comme vous le décrivez, la donne électorale elle, n’a pas changé ?

Marcus Graven : Il y a toujours un décalage entre les choses vécues et ce qui est exprimé par un vote. Les habitudes de vote ont la vie dure mais le moment de vérité – celui où le quotidien s’exprime par le bulletin glissé dans l’urne s’impose toujours, surtout lorsque la destinée d’un peuple est en jeu. C’est affaire de temps et d’intensité des problèmes liés à l’immigration.

Hors de la Bretagne et de la France en général, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque, en Italie, en Autriche, en Allemagne, au Danemark, le vécu et le vote tendent à coïncider. Il en sera de même en France malgré la propagande médiatique, malgré le prêt à penser affligeant des partis politiques, les leçons de morale des juges et du showbiz.

«Le jour se lève. Nous sommes les héritiers d’un monde admirable qui ne crèvera pas» Telle est votre conclusion, optimiste. Qu’est ce qu’elle signifie ?

La dictature molle qui règne en France est condamnée. Je conclus mon petit livre en écrivant que « certes, l’hyper-classe mondialisée et ses chiens de garde médiatiques hurlent au “populisme” et redoublent d’efforts avec l’aide d’un appareil judiciaire à leurs bottes pour nous espionner, nous juger, nous enlever tout moyen de nous défendre. (…) Mais leurs manœuvres d’intimidation fonctionnent de moins en moins. (…) Les peuples ont compris que l’hyper-classe mondialisée ne veut pas leur bien mais leur agonie » pour les remplacer par un homme nouveau. C’est toujours la même idée : “Tuer le vieil homme”.

Le régime nazi a échoué avec son surhomme, l’homo sovieticus s’est évaporé avec la chute du Mur de Berlin, le garde rouge maoïste est retourné dans les limbes de l’Histoire. L’homme nouveau rêvé par l’hyper-classe, homme sans racine, sans frontière, destiné à la seule loi du marché, s’évanouira à son tour.

On assiste à une résurgence des identités nationales. Je suis même pour la réaffirmation des identités régionales à condition que celles-ci ne tombent pas dans le piège d’un nationalisme restreint dont le seul résultat serait de faire éclater les nations actuelles et renforceraient le pouvoir de l’hyper-classe.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit photo : pixabay (cc)
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