L’association Bemdez, dirigée par Bertrand Deléon, organise un hommage aux soldats bretons de la Grande guerre, le 11 novembre 2018, à Vannes.

Un hommage qui intervient en ce jour de centenaire de l’armistice et qui se tiendra à 14h, sur le plateau de la Garenne. Voici le texte communiqué par l’association :

Un drailh euzhus ne oa ken ar brezel 14-18 gant ar pennoù Stad oc’h ober o stal da dud all « er veli » a-benn gwareziñ o lazioù personel ha kellidel. Dimp-ni, Bretoned, eo bet an trec’h-se :

– gloazadur an tiegezhioù freuzet gant marv unan eus o zud « en oad da vont d’an talbenn », ar re vac’hagnet, klañvadurioù bred diremed ar re manet bev, intañvezed, freuzioù-stal, poanioù-spered…
– galladur sevenadurel pobl Vreizh dre zivroañ ar re wellañ anezho ha, da heul, enbroañ ar galleg e Breizh : gant ar brezel 14-18 emañ dizamant ar brezhoneg war an diskar, fonnusoc’h eget deskadurezh ret Jules Ferry.
– galladur politikel ar gevredigezh vreizhat : ar stourmerion gozh, mezhus gant ar brezel, sachet d’o heul gant ar Stad da gaeraat ar stourm bet warno d’ober, dre ziskouez dreist-holl o c’hengred e-keñver o c’hamaradoù marvet er brezel.
– un dispign bras. En tu-hont d’al leveoù paeet gant gwir abeg d’ar re vac’hagnet, tud a labour a voe ranket kavout evit adsevel Bro-C’hall !

Un treuma don o deus bet ar Vretoned da ober gantañ 100 vloaz zo.

Ar c’hard eus re varv ar c’hwec’hkorn kaset d’al lazh dre ar Frañs a oa Breizhiz. Gwellañ tro da varrañ diouer a galon an dilennidi, an dud ofisiel, ha diskennidi ar stourmerien-se eo dougen bri dezho e brezhoneg ha doujañ da le ar stourmerion gozh deuet eus an talbenn, c’hoant ganto ma’z afe an 11 a viz Du d’ur gouel diarm a-benn lidañ ar peoc’h.

Emañ an emgav da 2 e. goude-merenn e leurenn ar Waremm, Gwened. Degasit ho Kwenn-ha-du !

La guerre 14-18 fut avant tout une horrible boucherie issue d’un règlement de compte entre chefs d’Etat et autres « hommes de pouvoir » protégeant leurs intérêts personnels et financiers. Pour nous, Bretons, cette victoire s’est traduite par :

– le traumatisme des familles brisées par la mort de plusieurs de leurs membres « en âge de partir au front », des individus mutilés, des lésions psychologiques irréversibles pour les survivants…
– l’acculturation du peuple breton par l’émigration de ses forces vives et l’importation du français en Bretagne qui s’ensuivit. Plus encore que l’instruction obligatoire de Jules Ferry, la guerre 14-18 marque le déclin inexorable de la langue bretonne.
– la politisation du conflit dans la société bretonne : les anciens combattants, honteux de guerre, ont été encouragés à justifier le combat qu’ils ont dû mener, notamment pour exprimer leur solidarité envers leurs compagnons tombés au front.
– Un coût financier élevé. Outre, les pensions versées à juste titre aux mutilés de guerre, une importante main-d’œuvre fut mobilisée pour la reconstruction.

C’est un profond traumatisme que les Bretons ont vécu il y a 100 ans.

Le quart des hommes qui y laissèrent la vie sous les couleurs de la France étaient Bretons. Le meilleur moyen de pallier le manque de cœur ou de courage politique des élus, des officiels, des descendants des combattants, est de leur rendre hommage en leur langue, en respectant le vœu des anciens combattants revenus du front qui voulaient un 11 novembre sans arme, afin de célébrer la paix.

Le rendez-vous est fixé à 14 h. au plateau de Garenne, Vannes. Apportez vos drapeaux bretons !

Pertes bretonnes (Le sacrifice breton) publiées par la Dépêche de Brest et de l’Ouest le 31 décembre 1935 :

  • Finistère : 30.166, estimation d’avril 1933
  • Côtes-du-Nord : 23.989,  estimation juin 1933
  • Morbihan : 21.8581, estimation d’octobre 1919
  • Ille et villaine : 25.877, estimation avril 1934
  • Loire Inférieure : 25.000 environ, estimation de 1923

Soit un total de 137.000 morts

Ce qui représente un pourcentage de combattants morts supérieur à celui de l’ensemble de la France. Dans toutes les communes de Bretagne, les monuments aux morts témoignent d’ailleurs de cette tragédie qui a emporté, dans chaque ville et dans chaque village, un fils de Bretagne.

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