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« Européens d’abord ! ». Un livre à envoyer à la figure de tous ceux qui qualifient les identitaires de repliés sur eux mêmes, à la vision étriquée, nationaliste… Ce livre, c’est Jean-Yves Le Gallou (Polémia, I-Média) qui vient de le publier aux éditions Via Romana.
Beaucoup de Français ne se sentent plus en France à Saint-Denis, Mantes-la-Jolie ou Marseille. Ils sont devenus étrangers chez eux et préfèrent l’ambiance de Prague, Budapest ou Lisbonne. Finalement ils se sentent Européens d’abord ! Européens de langue française.
En novlangue, Français est devenu une simple notion juridique (la nationalité) et statistique. Un concept vidé de tout contenu historique et culturel. Européen renvoie, lui, à un contenu fort et charnel, un contenu spirituel et civilisationnel. La civilisation européenne est à nulle autre pareille : c’est la civilisation des libertés et de l’incarnation, la civilisation qui respecte la femme et voit du divin dans la nature, la civilisation des grandes découvertes.
La préférence de civilisation, c’est mettre, au cœur de ses choix personnels et de l’action politique, la préservation et la transmission de l’héritage : c’est retrouver la mémoire européenne, c’est une école qui enseigne, une culture qui se ressource, des rites qui se réenracinent, des mœurs qui se défendent car elles sont plus importantes que les lois. La préférence de civilisation, c’est réaffirmer le droit des peuples européens à l’identité et à la continuité historique. Face au Grand Remplacement, au Grand Effacement, au Grand Chambardement, la préférence de civilisation, c’est le Grand Ressourcement.
Trente ans après La préférence nationale, la préférence de civilisation est un livre qui fera date.

Jean-Yves Le Gallou, énarque, dirige la Fondation Polémia. C’est aussi l’un des co-fondateurs de l’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne. Il a contribué au Dictionnaire de Novlangue.
Européens d’abord ! Jean-Yves Le Gallou – Via Romana – 17€
Nous l’avons interrogé sur son dernier ouvrage.
Breizh-info.com : Européens d’abord ? Et pourquoi pas Français d’abord ou Breton d’abord ?
Jean-Yves Le Gallou : Ce n’est pas incompatible! C’est même complémentaire : nous ne souffrons pas d’un excès d’identités mais d’un manque d’identité. Et le choc des civilisations traverse moins les continents entre eux qu’il ne les traverse en leur sein. L’Europe se trouve confrontée aux mondes africains et musulmans qui lui sont non seulement profondément étrangers mais aussi souvent hostiles. Et ce sur son sol, sur la terre des Européens. Aujourd’hui la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, est en terre d’occupation musulmane.
Breizh-info.com : Jean-Yves le Gallou, c’est quoi l’Europe pour vous, si vous deviez la définir brièvement ?
Jean-Yves Le Gallou : L’Europe c’est un continent, le cap glorieux de l’Asie, qui a écrit l’histoire du monde. L’Europe, c’est aussi une civilisation unissant les origines grecques et latines (les humanités classiques), celtiques et germaniques sans oublier à l’Est celles de nos frères slaves. C’est aussi quinze siècles d’héritage chrétien que tout Européen partage même s’il ne professe pas la foi en la sainte Trinité.
Breizh-info.com : On accuse souvent les identitaires de dresser les Européens les uns contre les autres, d’aller à l’encontre des valeurs de l’Europe. « On » (qui est souvent un con) nous aurait menti ?
Jean-Yves Le Gallou : Mon slogan serait plutôt « identitaires de tout pays unissez vous ! » Contre les mondialistes, les cosmopolites, les immigrationnistes, la tyrannie des juges et des médias et les gnomes de Bruxelles.
Mais de grâce ne confondons pas l’Union européenne – des institutions provisoires – et l’Europe , civilisation multimillénaire!
Ceux qui utilisent le mot Europe pour désigner l’Union européenne parlent la novlangue et commettent une mauvaise action. Par opportunisme cynique pour les mondialistes, par bêtise, conformisme ou lâcheté pour beaucoup de « souverainistes ». À tout prendre c’est beaucoup plus facile de critiquer l’Union européenne que de défendre l’identité européenne. C’est toujours tentant de choisir la ligne de plus grande pente ! Regardez Philippot et Asselineau et, à un moindre degré mais avec une influence plus grande, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Ils continuent de croire (ou plutôt de faire semblant) de croire à l’assimilation. Possible pour des individualités, impossible pour des masses transplantées et communautarisées. Il serait temps que les hommes (et femmes) politiques français cessent de raconter des balivernes aux électeurs juste pour tenter de se faire bien voir des médias et des lobbys. Ce comportement est indigne.
Breizh-info.com : Que répondez-vous à ceux qui expliquent que si la civilisation européenne existe bien, elle n’en demeure pas moins le théâtre de boucheries incessantes entre les peuples européens, et donc qu’il ne peut pas y avoir de cohésion en son sein ?
Jean-Yves Le Gallou : Les nations sont un des éléments de l’histoire européenne et elles se sont affrontées, c’est sûr! Personne ne les rayera de la carte. Ce serait une mutilation. Mais à côté de l’histoire-bataille qui oppose les Européens entre eux, je montre dans « Européen d’abord » qu’il y a aussi une histoire-bataille qui oppose l’Orient à l’Occident ( les Thermopyles et Salamine, les guerres puniques, Actium) et la chrétienté à l’Islam ( Poitiers, la Reconquista , Lépante, Candie et Vienne) . J’en passe évidemment. C’est cette histoire-là commune aux Européens qu’il faut promouvoir. Soyons sérieux : Lepante (1571) a plus d’importance que Marignan (1515). Pardon pour François Ier. Honneur à Don Juan d’Autriche, justement choisi comme nom éponyme par l’une des promotions d’auditeurs de l’Institut ILIADE.
Breizh-info.com : Pensez vous, comme nous l’avons déjà souligné sur Breizh-info.com, que les élections européennes à venir seront un véritable référendum, pour la survie ou le suicide de la civilisation européenne, notamment par rapport à l’immigration (un référendum dans lequel les représentants des lignes anti immigration ou pro immigration n’auraient au final que peu d’intérêt par rapport à l’idée) ?
Jean-Yves Le Gallou : Le vrai sujet des élections européennes ce ne sont pas les institutions européennes et ses organes législatifs c’est-à-dire le Conseil des ministres (l’équivalent d’un sénat) et le Parlement (chambre basse élue au suffrage universel). Il suffirait d’en changer la majorité pour changer de politique. Le vrai problème est ailleurs : c’est le pouvoir des juges mais il existe dans chaque pays européen! Le Conseil d’État et la Cour de cassation ne sont ni mieux ni pires que la Cour de justice européenne. Sans parler de la Cour européenne des droits de l’homme (CESH) pire que tout …mais qui ne dépend pas de l’Union européenne. Le vrai problème c’est aussi, c’est surtout, l’idéologie dominante et les politiques qu’elle inspire et impose.
Les voilà battues en brèche au Conseil européen et au Conseil des ministres (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Italie, etc. )
Et les élections européennes devraient faire entrer en force les populistes identitaires.
La question centrale est celle de l’immigration, le reste ce sont des billevesées.
Breizh-info.com : Néanmoins, vous évoquez un vital grand ressourcement, et un changement profond pour relever la tête. Faudra-t-il se passer des hommes politiques, donc aucun ne semble vraiment à la hauteur des enjeux en tout cas en France, pour y parvenir ?
Jean-Yves Le Gallou : Depuis 40 ans les hommes politiques français ont étés sélectionnés par les lobbys et les médias sur un double critère : conformisme et lâcheté. Ne soyez pas surpris du résultat.
A contrario, à l’Est les hommes politiques ont été forgés dans l’adversité et restent profondément porteurs de l’histoire de leur peuple à qui ils sont intellectuellement et charnellement attachés (Victor Orban, Jarosław Kaczyński, Vaclav Klaus ou en Russie Vladimir Poutine).
Breizh-info.com : Le mot de la fin ?
Jean-Yves Le Gallou : Vous connaissez l’aphorisme de Nietzsche : « L’Europe se fera au bord du tombeau »
C’est le moment non?
Propos recueillis par Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Jean-Yves Le Gallou : « Aujourd’hui la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, est en terre d’occupation musulmane » [Interview]”
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