L’obésité constitue en France une véritable problématique de santé publique. Si en 2012, elle concernait 10 millions de Français, on estime qu’en 2020 notre pays comptera 20 millions de personnes en situation d’obésité, soit le double…

Cette pathologie a un impact non négligeable sur notre économie : le coût social de la surcharge pondérale avoisinait les 20 milliards d’euros en 2012 – un coût comparable à celui de l’alcool ou du tabac, quand le coût médical (remboursements de soins de l’Assurance Maladie et indemnités journalières) s’élevait, cette même année, à 13,4 milliards d’euros .

Indépendamment de ses conséquences psycho-sociales, l’obésité entraîne surtout des complications médicales, d’ordre métabolique, cardio-vasculaire, digestif, respiratoire ou encore articulaire. Elle est aussi considérée comme un facteur d’augmentation du risque de cancer , et une étude récente a démontré les conséquences négatives de la surcharge pondérale sur l’espérance de vie.

Pour caractériser son stade, l’OMS5 a recours à l’Indice de Masse Corporelle (ou IMC), qui se calcule selon la formule suivante : IMC = Poids (en kg) / Taille (en m) . L’obésité est définie par un IMC supérieur à 30.

Dans le traitement de l’obésité morbide, la chirurgie bariatrique propose différentes solutions, telles que la pose d’un anneau gastrique, la sleeve gastrectomie, ou encore le Bypass. Mais depuis quelques années, de nouvelles techniques, non chirurgicales, sont désormais accessibles aux patients français. C’est le cas du ballon gastrique et, plus récemment, de la sleeve gastroplastie, qui est actuellement en plein développement sur le territoire national. Le point sur cette nouvelle technique.

Des techniques non chirurgicales d’aide à la perte de poids

En France, deux méthodes non chirurgicales d’aide à la perte de poids sont accessibles aux personnes en situation d’obésité : le ballon gastrique, et désormais la sleeve gastroplastie. Ces techniques sont indiquées pour les patients ayant un IMC compris entre 27 et 40 kg/m2 , dont le poids n’est pas assez élevé pour bénéficier de la chirurgie bariatrique. Dans certains cas spécifiques, elles peuvent également concerner des patients qui seraient éligibles à la chirurgie mais qui ne s’y sentent pas prêts, pour diverses raisons. « Il est toutefois important de souligner qu’aucune de ces deux techniques n’est prise en charge par la sécurité sociale. Les patients sont donc dans l’obligation de supporter à eux seuls la totalité des frais d’intervention et d’hospitalisation. A titre indicatif, ces frais s’élèvent à environ 3 000 euros pour la pose d’un ballon gastrique, et sont de l’ordre de 6 500 euros pour une sleeve gastroplastie », précise le Docteur Vianna COSTIL, Médecin spécialiste en Gastro-entérologie et Hépatologie.

La sleeve gastroplastie endoscopique est véritablement en train d’émerger en France. Récente (elle date de 2012), cette technique est pourtant réalisée depuis plusieurs années à l’étranger, en particulier aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie, avec de très bons résultats, publiés lors de congrès scientifiques. En France, la procédure s’est développée à Paris, Lyon et Lille, où elle est proposée dans quelques établissements privés et un nombre restreint d’établissements hospitaliers publics.

obesite

Le principe de la sleeve gastroplastie

La sleeve gastroplastie permet de réduire la taille de l’estomac à l’aide de sutures non résorbables réalisées par les voies naturelles, sans incision (et donc sans cicatrice), grâce à la technique de l’Overstitch. La procédure est effectuée au cours d’une fibroscopie de l’estomac, et sous anesthésie générale. Ces sutures permettent de limiter l’expansion de l’estomac lors du repas et de ralentir la vidange des aliments. Ainsi, le patient retrouve une sensation de satiété, mais en ingérant de plus petites quantités d’aliments.

Avant la procédure, il est nécessaire de réaliser un bilan médical : une consultation avec le médecin, qui évaluera si c’est une bonne indication (30 kg/m2 < IMC < 40 kg/m2 ) et s’il n’y a pas de contre-indication, un bilan nutritionnel et comportemental complet, un bilan biologique et une fibroscopie de l’estomac.

L’intérêt  est d’avoir non seulement des suites simples (une douleur moindre et un rétablissement rapide), mais aussi moins de risques de complications que le ballon gastrique. Son efficacité semble également être meilleure que la technique du ballon gastrique, car l’outil d’aide à la perte de poids dure plus longtemps : un ballon a une durée de vie de 4 à 12 mois, quand avec une sleeve gastroplastie, les plicatures restent en place environ 2 ans. Par ailleurs, il est à noter que dans le cadre de cette technique, la perte d’excès de poids peut être plus importante qu’avec un ballon.

Le patient sort le lendemain de la procédure, avec un régime adapté à suivre pendant plusieurs semaines : un régime liquide est prescrit pendant quinze jours, puis semi-liquide, puis mixé, avant de reprendre une alimentation normale après un mois. Un arrêt de travail de quelques jours est recommandé. Les résultats publiés par les équipes scientifiques montrent que la perte de poids efficace se maintient à 2 ans, avec une perte de poids moyenne d’environ 20 kg. Elle dépend notamment de l’adhésion du patient au programme de suivi pluridisciplinaire.

« En effet, les traitements médicamenteux, la chirurgie bariatrique ou les méthodes non chirurgicales telles que le ballon gastrique ou désormais la sleeve gastroplastie, ont tous un point commun : leur efficacité est directement corrélée au suivi pluridisciplinaire (diététique comportementale, psychologue, éducateur physique) qui les accompagne, et qui permet aux patients de modifier leur comportement alimentaire et de reprendre une activité physique régulière. », conclut le Docteur COSTIL.

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