Nantes. Déjà cinq caméras de vidéoprotection municipales détruites dans les quartiers multiethniques

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La nuit, des joyeux bûcherons s’activent dans les quartiers dits « sensibles » de Nantes. Armés de lapidaires, de meuleuses ou de scies portatives, ils s’attaquent aux caméras de vidéo-protection municipales montées sur des mats. Cinq d’entre elles sont déjà tombées au champ des braves, dont trois aux Dervallières. Jusque là, Nantes en comptait 97.

Points communs : elles sont toutes situées dans des quartiers« sensibles » : rue Jacques Callot (le 26 novembre), rues Bertreux et Daumier le 5 décembre – toutes trois sont aux Dervallières – une autre au Chêne des Anglais le 6 décembre (rue Samuel de Champlain), une dernière – pour l’instant – à Malakoff (rue du Luxembourg), sciée par trois hommes le 12 décembre.

Cette dernière n’a pas été attaquée en pleine nuit cependant comme les autres, mais vers 19h 20. Ce qui en dit long sur le sentiment d’impunité des auteurs de l’attaque, ainsi que sur la capacité pour les pouvoirs publics de se faire respecter à Malakoff – à peu près nulle. Malakoff fait d’ailleurs partie des « territoires perdus de la République » jugés dignes d’avoir une police de sécurité du quotidien, avec Bellevue… et les Dervallières justement.

« Toutes ces caméras sont installées soit auprès de lieux de vente de drogue assez florissant, soit là où se rassemblent les bandes »

Autre point commun troublant : « Toutes ces caméras sont installées soit auprès de lieux de vente de drogue assez florissant, soit là où se rassemblent les bandes », selon un policier nantais. Autrement dit elles empêchent de dealer en rond. D’autres caméras situées au-dessus ou aux abords de lieux de deal important sont encore indemnes. « Probablement pas pour longtemps », assure ce policier, « maintenant qu’ils connaissent la technique, si on ne les arrête pas rapidement, ils vont toutes les faire tomber ».

Cependant, bien que très active sur son compte Twitter – et présente le 10 décembre aux Dervallières où trois caméras sont tombées – le maire socialiste de Nantes Johanna Rolland n’a pas jugé utile de réagir à ces attaques à répétition contre la vidéo-protection… et donc la sécurité de tous. La magie de Noël sans doute ?

Louis Moulin

Illustrations : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

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