Cette bande dessinée retrace le destin de Georges Cadoudal, l’un des plus grands généraux chouans qui a commandé l’armée catholique et royale dans le Morbihan. Après Avec Charette parue en 2000, les Éditions du Triomphe sortent ainsi une nouvelle bande dessinée consacrée à ce célèbre chef breton qui lutta avec acharnement contre les révolutionnaires.

9 mars 1804. Après une poursuite rocambolesque sur les toits et dans les rues de Paris, Georges Cadoudal est arrêté. Il raconte alors ses souvenirs à l’un des détenus. Il commence par décrire l’échec du débarquement anglais qui était prévu dans le Morbihan. C’est sans doute son principal regret. Puis il est mené devant le juge Thuriot, ancien député qui a voté la mort du roi. Celui-ci l’interroge sur sa jeunesse. Il rappelle à Georges Cadoudal qu’il est né le 1er janvier 1771, près d’Auray, et qu’il envisageait de devenir prêtre.

Cadoudal reconnait que lorsqu’il était clerc de notaire à Auray, il n’était pas insensible à certaines idées de la Révolution. Mais découvrant les persécutions religieuses et la Levée en masse de 300.000 hommes, il abandonne la plume pour le fusil. Il forme un corps de 50 hommes et rejoint l’armée catholique et royale. Mais après la défaite de Savenay, il regagne le Morbihan. Arrêté, incarcéré à la prison de Brest où sa mère meurt en mettant au monde un dixième enfant, il s’en évade avec son frère d’arme Mercier la Vendée. Le trésor de son oncle lui permet de former une nouvelle armée.

Âgé de 25 ans, il devient le major général de l’armée royaliste du Morbihan, forte de 12.000 hommes. Une flotte anglaise parvient alors à lui livrer 30.000 fusils. Mais le 9 novembre 1799, le Premier consul Bonaparte donne l’ordre d’exterminer l’armée de Cadoudal. Après la bataille du Pont du Loc’h, Cadoudal se rend pour mettre fin aux massacres des colonnes infernales dans le Morbihan.

Le 25 janvier 1800, Bonaparte rencontre Cadoudal et lui propose de devenir l’un de ses chefs de guerre. Cadoudal refuse et rejoint en Angleterre les réfugiés français. Revenu en Bretagne mais pourchassé par la police de Fouché, il décide alors d’enlever Bonaparte. Mais il finit par être arrêté. A la fin de son procès, il est condamné à mort. Le 25 juin 1804, il meurt guillotiné devant l’hôtel de ville de Paris.

François Corteggiani, scénariste réputé (La Jeunesse de Blueberry, De silence et de sang…), démarre l’action en 1804 par l’arrestation de Cadoudal à Paris, puis la clôt par son exécution. Il met en valeur le charisme et la détermination de Georges Cadoudal, admiré autant de ses hommes que de ses ennemis, y compris Bonaparte. Après la défaite de Savenay où chouans et vendéens réunis sont écrasés par les armées républicaines, il poursuivra la lutte contre Bonaparte. Mais il ne parviendra pas à réaliser son rêve de rétablir la monarchie.

Corteggiani a eu la bonne idée de présenter la vie de Cadoudal à travers l’instruction de son procès par Thuriot. Leurs échanges souvent vindicatifs mettent en valeur la haine que se vouent royalistes et révolutionnaires. Ce procédé narratif permet aussi de faire figurer les éclaircissements historiques dans des bulles et, par là-même, d’aérer les planches.

Le dessin réaliste de Mankho (pseudonyme de Dominique Cèbe), particulièrement soigné, est mis en valeur par la colorisation réussie de Sophie Michaud.

Kristol Sehec

Avec Cadoudal, 38 pages, 15,90 euros. Les éditions du Triomphe.

L’album peut être commandé sur le site des éditions du Triomphe

Illustrations : DR
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