L’exosquelette est-il en passe de révolutionner la vie des travailleurs en soulageant leurs efforts ? Quelques ombres au tableau sont toutefois à relever.

Exosquelette : de quoi s’agit-il ?

L’exosquelette, comme l’indique son étymologie, se définit comme un appareil externe à notre structure squelettique. Son but est de faciliter l’accomplissement de tâches pénibles par l’homme en accompagnant les efforts. Il peut ainsi intervenir dans les métiers manuels nécessitant le port de charges lourdes comme le BTP, la logistique ou encore le domaine militaire. Mais l’exosquelette intéresse également la médecine puisqu’il permet d’aider le déplacement de certains handicapés moteurs.

Quant au principe de fonctionnement, l’exosquelette est un condensé de plusieurs technologies provenant de la robotique collaborative. L’objet est composé d’un cadre, fabriqué avec un matériau léger, sur lequel tous les composants sont placés. Ce même cadre est doté d’articulations placées aux mêmes endroits que celles du corps humain. Des déclencheurs (souvent des moteurs hydrauliques) sont fixés sur la structure et dirigent les mouvements. Ils sont contrôlés par des capteurs et leur alimentation en énergie se fait par batteries. Enfin, des capteurs relèvent les signaux de mouvement émis par l’homme puis les envoient à l’ordinateur embarqué qui actionnent ensuite les déclencheurs. Lesquels viennent ainsi apporter leur aide au corps durant son effort.

Les professionnels intéressés

Avec de tels avantages, l’exosquelette semble avoir tout pour plaire tant aux salariés qu’aux entrepreneurs. De quoi permettre une amélioration des conditions de travail tout en diminuant les risques de troubles musculosquelettiques. Ce qui ne peut qu’améliorer les rendements et diminuer les arrêts de travail, pour mal de dos notamment. S’ils sont encore assez rares pour l’instant dans le monde du travail, avec quelques premiers modèles adoptés ici et là, les exosquelettes pourraient voir leur développement s’accélérer à court et moyen terme.

Par ailleurs, l’exosquelette connait un succès particulier au Japon, pays où environ sept millions de travailleurs sont âgés de plus de 65 ans et qui doit faire face à une pénurie de main d’oeuvre. L’outil permet alors de soulager ces séniors en allégeant considérablement les charges portées. Précisons aussi qu’un exosquelette dispose d’une autonomie de quelques heures mais nécessite de recharger fréquemment ses batteries en cas d’usage au quotidien.

Exosquelette : aussi des inconvénients

Cependant, le tableau n’en est pas pour autant totalement idyllique. Des incertitudes existent quant aux risques pesant sur la santé et la sécurité des employés qui utiliseraient ces exosquelettes. Ainsi, les risques mécaniques, électriques, thermiques, liés au bruit et aux vibrations sont autant d’éléments à prendre en compte. De plus, la nouveauté que constitue l’exosquelette dans la vie du travailleur peut perturber ses habitudes corporelles et, de ce fait, occasionner des postures contraignantes, du stress ou encore de la fatigue cognitive. Des pertes d’équilibre et des chutes sont également à craindre.
Bien qu’en bonne voie pour se démocratiser auprès des entreprises comme des particuliers nécessitant un tel dispositif, l’exosquelette a encore quelques obstacles technologiques à surmonter afin de devenir un vrai ami pour l’homme.
Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Gareth Simpson)
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