Qu’il fait bon rire aux éclats ! Que ce soit en famille, avec ses amis ou tout seul sous la couette, un bon livre entre les mains. Madame la Chouette a sélectionné pour vous, en ce mois de février et en ce début de vacances, quelques romans ou fables qui dérouilleront les zygomatiques, en Bretagne et ailleurs.

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Mathilde Brosset, Le bout de la ligne

Aujourd’hui « p’tit mousse » va à la pêche, tout fier de porter le seau d’asticots. « On pêche quoi aujourd’hui ? Une daurade, un turbot ? » lui demande son papa (ou l’oncle Alfred, ou le cousin Benjamin). Pêcher un turbot pour le servir au dîner, cela n’emballe guère notre bonhomme. D’autant plus qu’on a le temps de rêver, assis au bout de la jetée. Alors ? Une baleine ? Deux dragons ? Trois pieuvres ? Quatre sirènes ? Oh, ça mord ! Mais quoi ? « Un bout de pneu, peutêtre ? » La force de l’imagination aidant, que deviendratil, ce bout de caoutchouc ? Un album cartonné qui raconte une « vraie » histoire, qui apprend à compter et qui se termine par la victoire de l’imagination – à offrir à tous les pêcheurs à venir !

Mathilde Brosset, Le bout de la ligne, L’Atelier du poisson soluble, 2018, 32 p. cartonnées, 15 € – Dès 2 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta‐t‐elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Eléphants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal. Dès 6 ans

Thomas Lavachery, Tor et les garnements

« — Tor, bel enfant, brave cœur, quel plaisir de te voir !
— Chut ! Pas si fort, sapristi !
— Pardon.
Borigh‐Borigh est un troll véritable et authentique, haut comme une tour, et c’est mon ami. »
Et voilà ce troll porteur d’un drôle de paquet. « C’est Luztigh, mon neveu. Je voulais te le laisser quelque temps… » Comment Tor va‐t‐il s’y prendre pour garder, en cachette de ses parents et de ses amis, un bébé troll, « d’une laideur ravissante », sale et affamé comme le sont tous les trolls ? Une tâche d’autant plus compliquée que tout le village est en ébullition pour accueillir un acteur de cinéma. Prétentieux et snob – tout à l’opposé de la conception qu’un petit troll a de l’existence. Une nouvelle aventure de Tor, aussi enlevée, drôle et dépaysante que les précédentes.

Thomas Lavachery, Tor et les garnements, L’Ecole des loisirs, coll. « Mouche », 2017, 80 p., 8 € – De 7 à 10 ans

Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école

Paris : le ministre de l’Education nationale décide, pour raisons d’économie, que seront fermées toutes les classes primaires de moins de 30 élèves.
Moutonville, dans l’île des Moutons, le jour de la rentrée : la maîtresse de la classe unique a beau compter et recompter, sous le regard pincée de l’inspectrice, la classe ne compte que… 29 élèves.
Commence une « incroyable histoire », où l’absurdité de l’administration va se heurter à la détermination des habitants de l’île aux Moutons. Et si la solution venait d’un certain Vincent, mouton de son état ? Une jolie fable, rédigée et illustrée – est‐ce un hasard ? – par un duo de Bretons : les mots de Thomas Gerbeaux sentent les embruns et la laine drue ; les couleurs de Pauline Kerleroux claquent, en bleu et orange, comme celles des bouées de sauvetage.
Et, en plus, « cette histoire est vraie, les journaux en ont parlé ». Rassurez‐vous, à Ouessant, la classe n’a pas fermé !

Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux, L’incroyable histoire du mouton qui sauva une école, Editions La Joie de Lire, coll. « Hibouk », 2018, 96 p., 9,90 € ou 14 CHF – Imprimé en Pologne – De 9 à 12 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint‐Arthur — Vive la culture !

Chaque élève de la classe de Brune, la narratrice de cette série, doit préparer un exposé sur un roi de France. Pour Brune, ce sera François Ier… Pour le 7e tome de ses aventures, la famille Saint‐Arthur part donc explorer les châteaux de la Loire : Chambord, Amboise, Chenonceau, Tours n’auront plus de secrets pour personne. Le circuit sera agrémenté de quelques interventions originales de Papy, ravi d’organiser à distance jeux de piste et blagues en tout genre. Et, pour finir en beauté, la famille aura droit à un survol de la Loire en montgolfière ! Des aventures toujours aussi rocambolesques, racontées tambour battant par Paul Beaupère, grand inventeur de gags et de jeux de mots.

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint‐Arthur — Vive la culture !, Mame, 2018, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie – De 9 à 12 ans

Louis Pergaud, La Guerre des boutons, roman de ma douzième année

« Tout était désert et silencieux. Le chef resta seul pendant que les quatre autres revenaient en arrière pour faire le guet. Alors prenant son bout de craie au fond de sa profonde, haussé sur ses orteils aussi haut que possible, Lebrac inscrivit sur le lourd panneau de chêne culotté et noirci qui fermait le saint lieu, cette inscription lapidaire qui devait faire scandale le lendemain, à l’heure de la messe, beaucoup plus par sa crudité héroïque et provocante que par son orthographe fantaisiste :
Tou lé Velrant çon dé paigne ku !
Et quand il se fut, pour ainsi dire, collé les quinquets sur le bois pour voir “si ça avait bien marqué”, il revint près des quatre complices aux écoutes et, à voix basse et joyeusement, leur dit :
– Filons !
[…] ils regagnèrent Longeverne et leur domicile respectif en attendant avec confiance l’effet de leur déclaration de guerre. »
Lire ou relire cette Guerre des boutons, avec son vocabulaire cru, ses refrains, ses festins et… ses punitions décomplexées d’adultes à qui on ne la fait pas, quelle belle façon de fêter la rentrée des classes pour nos collégiens qui y découvriront ce que vivre veut dire ! Les illustrations de Vanessa Hié, cela tombe bien, sont peintes sur un support de papiers de récupération, déchirés, découpés, grattouillés, collés, repeints…, bref, à base de bouts de ficelle – mais où sont donc passés les boutons ?

Louis Pergaud, La Guerre des boutons, roman de ma douzième année, Editions Gründ, 2011, 288 p., 9,95 €. Illustrations de Vanessa Hié. Texte intégral. Imprimé en France. Dès 12 ans

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