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Pilier de la Macronie, Le Drian travaille à l’« ancienne » : il cultive ses réseaux et la boucle. Il en réfère directement à l’Élysée parce qu’il sait où se trouve le vrai pouvoir.
Jean-Yves Le Drian se flatte volontiers d’avoir, en quarante-quatre ans de carrière, enregistré treize élections gagnées et une seule perdue, la législative de 1993. Dans la circonscription de Lorient, il avait en effet été battu, au second tour, par Michel Godard (UDF), conseiller général et maire de Ploemeur (53,39 % / 46,60 %). Cette défaite, il la devait à la réforme des dockers qu’il avait conduite lorsqu’il était secrétaire d’État à la mer (1991-1992), se rendant ainsi impopulaire dans une ville où l’activité portuaire occupe beaucoup de monde ; les dockers, leurs familles et leurs copains votèrent donc contre Le Drian.
Le Canard s’intéresse au « péquenot breton »
Puisque actuellement tous les médias s’intéressent à Le Drian, il eût été anormal que Le Canard enchaîné oubliât le ministre des Affaires étrangères. Dans le numéro du 20 février, Anne-Sophie Mercier consacre sa rubrique « Prises de bec » au « péquenot breton ». Un honneur pour le ministre ! Beaucoup de choses sont rappelées – sauf que Le Drian est franc-maçon (Grand Orient). La partie consacrée à la Bretagne mérite évidemment d’être notée : « Le Drian s’est imposé dans le paysage grâce à son incroyable réseau local. « Lui, c’est plus breton, tu meurs », raconte un député LRM. Il est copain avec Pinault et Bolloré, a placé ses pions dans toute la Bretagne. L’actuel maire de Lorient lui doit tout, l’actuel président du conseil régional l’appelle quotidiennement. Le boss, c’est lui. Les écolos bretons, qui voulaient traiter avec lui d’égal à égal, ont fait l’objet d’un traitement en férocité : atomisés façon puzzle. Le Drian pense que les comptes sont faits pour être réglés. En 1997, Jospin l’oblige à accueillir le jeune Benoît Hamon. On lui trouve une bonne circonscription, que Hamon réussit à ne pas gagner avant d’abandonner la Bretagne et de filer au cabinet de Martine Aubry, au ministère du Travail. « J’ai eu l’air de quoi après ? Je n’aime pas le tourisme en politique, ce n’est pas ma méthode », lâche alors Le Drian, glacial. Il ne faut pas se moquer du boss, jamais. Vingt ans plus tard, Hamon, désigné candidat du PS à l’issue de la primaire doit encaisser le soutien du socialiste LD à Macron et ses remarques vachardes sur les lacunes de son projet. »
Pour donner la circonscription d’Auray au parachuté Benoît Hamon, Jean-Yves Le Drian avait été obligé de « sacrifier » un socialiste local. Or, non seulement Hamon réalise un score très moyen (45,64 %) face au sortant l’UDF Aimé Kergueris (54,35 %), mais encore il fait sa valise dès le lendemain. Deux raisons pour Le Drian de ne pas apprécier le personnage et de se souvenir de ses mauvaises manières.
Richard Ferrand sous surveillance
Très présent sur les dossiers militaires, il parait qu’il laisse peu de place à la ministre des Armées, Florence Parly, car « il intervient beaucoup sur le Mali, la Syrie, l’Égypte. Macron le consulte sans cesse », s’amuse un parlementaire de la commission de la Défense. « En Bretagne, il veille toujours au grain. Richard Ferrand, qui guette la région pour 2021, est sous surveillance. Histoire de montrer qui tire les ficelles. Le Drian vient de créer un club à sa botte, les Progressiste bretons. Message reçu chez Ferrand. « Il a appris à rester à sa place », rigole un proche de Le Drian. » (Le Canard enchaîné, 20 février 2019).
Comme Le Drian, Richard Ferrand est également franc-maçon (loge agent immobilier), mais ils ne jouent pas dans la même cour. Sûr de ses bases bretonnes, le premier peut se permettre de recadrer le second qui n’est qu’un parachuté…
Bernard Morvan
Crédit photo : Rémi Jouan/Wikimedia (cc)
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Une réponse à “Pour Le Drian, il n’y a pas que le foot et le vélo dans la vie…”
[…] Source : http://www.breizh-info.com/2019/03/01/113132/le-drian-bretagne-macron Auteur : Date de parution : 2019-03-01 04:52:30 […]