Après dix mois de travaux, le lanternon XIXe du clocher de Saint-Martin de Chantenay, à l’ouest de Nantes, a été hissé cet après-midi entre 14 heures et 15 heures. Cependant l’église des XVIIIe (1756) et XIXe (1839-1841 pour le clocher et les bas-côtés) connaît des désordres intérieurs et restera encore fermée plusieurs mois.

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Les travaux devaient coûter initialement 380 000 € et se borner à refaire le clocher, dont la charpente accusait son âge. Les travaux ont aussi permis de refaire et d’étanchéifier abat-sons et toitures du clocher.

La croix en métal au sommet du clocheton a été remplacée, ainsi que les pieds et certaines pièces sous le dôme de zinc et de plomb. Il devait être gruté le 13 décembre dernier mais avait été endommagé en le sortant de l’atelier. La structure de 4,5 tonnes a finalement été hissée en moins de 10 minutes sans autres péripéties cet après-midi, après un long sciage des cales, puis minutieusement fixée en haut, sur le clocher dont la charpente, bien abîmée par les intempéries, a été rénovée.

En revanche, les travaux ont permis de découvrir des désordres sur l’arc entre la nef et le chœur – ceux-ci ont provoqué la fermeture de l’église pour raisons de sécurité début décembre dernier. « Des études sont en cours, l’église restera fermée », nous confirme sur place le service du Bâti. « À chaque fois qu’on fait un pas, on découvre de nouveaux éléments », nous précise l’architecte. « L’église restera fermée un certain temps – d’autres désordres sont constatés et sont suivis régulièrement ».

« Le problème, c’est que l’église est collée contre la pente, appuyée sur le rocher d’un côté et sur du remblai de l’autre, elle a tendance à glisser », explique un habitant du quartier – des fissures avaient déjà été constatées dans le chœur en 2015-2016, mais à l’époque la mairie de Nantes les estimait « sans gravité ». Se seraient-elles aggravées ?

Les travaux du clocher ont aussi permis de rétablir des moulures et des ornementations disparues au fil du temps et des rénovations successives. « Ils avaient la technicité, mais pas nécessairement le temps », estime l’architecte Pierluigi Pericolo. « Et à l’époque, on ne pouvait pas se permettre de fermer une église pendant des mois pour travaux. Par ailleurs c’est un bâtiment situé sur un point haut, exposé aux intempéries ».

Pendant la fermeture de l’église, les paroissiens de Saint-Martin de Chantenay – guère nombreux au demeurant – sont priés de se rendre aux églises Saint-Étienne de Bellevue et Saint-Michel de la Croix Bonneau, deux églises de la seconde moitié du XXe siècle conçues comme « polyvalentes ». La seconde a d’ailleurs abrité dans une salle la première mosquée de la ville de Nantes.

LBG

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