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La police britannique impute la recrudescence de la violence dans les stades ces derniers mois à la cocaïne, drogue dure largement répandue ces dernières années au sein de certaines franges des supporteurs de football.
Les autorités sont particulièrement préoccupées par l’augmentation alarmante de la consommation de cocaïne dans les stades de football en Grande-Bretagne. Une nouvelle enquête a révélé une consommation accrue de cette substance, les chiffres révélant une augmentation de 10 % des arrestations en rapport avec la consommation de cette drogue sur l’année précédente.
Le nombre d’arrestations pour possession de cocaïne, très faible, a doublé, passant de 32 à 68, mais la police estime que le problème est beaucoup plus grave que ces chiffres ne le suggèrent.
Les prélèvements effectués par la police dans les toilettes des clubs révèlent de plus en plus de traces de consommation de cocaïne. Un service de police a procédé à 15 arrestations pour possession de la drogue lors d’un récent match de championnat.
Comme d’habitude pourtant, le football n’est que le reflet de la société : la cocaïne, qui faisait peur à une large majorité de la jeunesse il y a encore 20 ans, s’est banalisée progressivement, dans tous les milieux. Pour la police anglaise, ce fléau est pratiquement impossible à combattre en raison du remplacement progressif de la police par des stewards et des sociétés de sécurité pour réduire les coûts.
Mark Roberts, directeur adjoint du Conseil des chefs de la police nationale, a déclaré lundi à Sportsmail que la cocaïne constituait une préoccupation majeure. « Nous pensons qu’elle est liée à une augmentation des troubles. C’est un facteur important. » Ce dernier a révélé que le coût total du maintien de l’ordre dans le football s’élevait à 48,5 millions de livres sterling l’an dernier.
La police veut que les clubs examinent la possibilité de contribuer aux coûts du maintien de l’ordre au-delà de l’enceinte du terrain et qu’ils s’engagent éventuellement à financer directement les services de police sous une forme ou sous une autre.
Mark Roberts a déclaré : « Le football ne peut pas se contenter de choisir ce qui lui convient le mieux. Il veut que ses stades soient brillants et intacts, mais à l’extérieur, c’est la police qui ramasse les morceaux. Le problème de la cocaïne en fait partie. Il faut une expertise professionnelle pour contrôler et décourager ce trafic et cette consommation. »
Ses commentaires ont fait suite à une série d’incidents dans les stades anglais. Une semaine après l’attaque de Jack Grealish d’Aston Villa par un fan, il y a eu trois autres invasions de terrain, et une fracture du nez pour un steward lors de l’une d’elle, à Bournemouth, lorsqu’un groupe de supporters de Newcastle est entré sur le terrain de jeu pour célébrer l’égalisation tardive de Matt Ritchie (7 arrestations, dont un garçon de 14 ans).
En France, les chiffres de la consommation de cocaïne sont également alarmants : 2,2 millions de Français en auraient déjà consommé et près d’un demi-million en consommeraient au moins une fois par an, indiquent quant à eux les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Consommée de façon régulière, la cocaïne peut provoquer :
• une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins : les tissus, insuffisamment irrigués, se nécrosent. C’est souvent le cas de la cloison nasale avec des lésions perforantes pouvant aller jusqu’à la nécrose des parois nasales chez les usagers prisant régulièrement la cocaïne ; les molaires subissent également l’action corrosive de la cocaïne ;
• des troubles du rythme cardiaque pouvant entraîner des accidents cardiaques ;
• des troubles de l’humeur : irritabilité, paranoïa, attaque de panique, dépression ;
• troubles du système nerveux : panique, sentiments de persécution, actes violents, crises de paranoïa et hallucinations ;
• une augmentation de l’activité psychique : des insomnies, des amnésies, des difficultés de concentration tics nerveux, etc. ;
• une dépendance psychique rapide et forte. On estime que 20 % des usagers deviennent dépendants. La dépendance à la cocaïne est parfois réversible mais même après un arrêt complet de consommation, il faut attendre de 12 à 18 mois sans rechute pour être considéré comme « guéri ».
Si sa consommation tend à se banaliser, les dégâts s’observeront sans doute dans 20-30 ans… et pourraient être terribles.
Crédit photos : DR
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