Moments de terreur sur la nationale italienne 415 entre Peschiera et San Donato [aux alentours de Milan – NDT]. Un chauffeur de bus, sénégalais de 47 ans, Ousseynou Sy, a mis le feu à son bus sur lequel voyageait une classe. A bord : 51 enfants de l’école de Vailati di Crema. Le chauffeur, selon les premières reconstructions aurait répandu un liquide inflammable entre les sièges pour ensuite y mettre le feu.

L’un des enfants et un professeur, à bord aurait appelé la police. Ainsi, pendant que le bus était dévié, les pompiers ont été alertés ainsi que la police de San Donato Milanese et la tour de contrôle de Linate. Acte décisif qui a permis d’éviter le pire.

Les premiers à arriver, comme les sources de l’armée le racontent pour Il Giornale, sont les militaires qui essayent de couper la route au bus pour le bloquer. Mais le sénégalais éperonne la voiture de service, et les trainent sur plusieurs mètres, puis s’arrête à cause du trafic. Dans cet instant certes court mais fondamental, l’un des gendarmes descend de la voiture tamponnée, rejoint un côté à l’arrière du bus et brise à mains nues la vitre, réussissant ainsi à faire descendre les 51 enfants présents à bord alors que déjà les flammes commencent à prendre. Le militaire reste blessé aux mains, à cause des débris de verre. Mais son intervention courageuse a surement sauvé la vie à des dizaines d’enfants et ainsi évité un carnage.

Parmi les élèves secourus, 15 ont été portés à l’hôpital pour contrôle médical. L’un d’eux, Tino (12 ans), raconte pour Il Giornale : « Il nous a pris les téléphones portables, mais quelques-uns ont réussi à les garder. Il avait enlevé les brises vitres et avait bloqué les portes. Il avait tout préparé jusque dans les moindres détails. Les jerrycans d’essence étaient déjà dans le bus, bien cachés… ainsi, si les policiers avaient tiré tout aurait brûlé. Même les rideaux étaient imbibés d’huile pour s’enflammer plus facilement. […] Il avait même un pistolet dans le pantalon. Il n’avait vraiment aucune pitié cet homme ».

« Je veux venger les morts en mer »

Le chauffeur pour le moment est gardé à l’hôpital. Il aurait hurlé : « Je veux en finir pour venger les morts en mer. Je fais une tragédie à Linate ». Le tout devant 50 enfants. Quelques enfants avaient même été attachés avec des câbles électriques et menacés au couteau. Une des jeunes filles à bord, a tenté de reconstruire ces minutes d’horreur : « Il nous a attaché et il nous menaçait. Il nous disait que si nous bougions, il verserait l’essence et y mettrait feu. Il continuait en disant que les personnes en Afrique meurent et que c’est la faute de Di Maio et Salvini. Puis les policiers nous ont sauvés ».

La réaction de Salvini

Matteo Salvini est intervenu sur ce qui s’est passé : « un homme avec des antécédents judiciaires pour conduite en état d’ivresse et violences sexuelles, a dévié le bus et pour finir lui a mis le feu. Dans la province de Milan. L’homme a été arrêté. En ce moment, les Forces de l’ordre perquisitionnent sa maison. Je veux y voir clair : pourquoi une personne avec de tels antécédents conduisait un bus qui plus est scolaire ? »

« Les enfants avaient peur »

Sur place était présent Franco Lucente, leader du groupe de Fratelli d’Italia (centre-droit souverainiste de Giorgia Meloni – NDT) : « j’étais personnellement présent sur la nationale 415, a peu de distance de l’incendie du bus de Ousseynou Sy, l’homme de 47 qui a séquestré le moyen de transport ayant à bord une cinquantaine d’élèves avant d’y mettre le feu, menaçant de se tuer. J’ai vu les enfants se prendre dans les bras en pleurant, j’ai vu les flammes immenses et la fumée dense. C’était un scénario apocalyptique et l’unique soulagement c’est que les enfants soient tous sains et saufs. Bien sûr maintenant ils devront faire face au choc et aux contrecoups psychologiques. Il me reste une question gênante mais que nous devons nous poser : pourquoi, un homme avec des antécédents judiciaires pour conduite en état d’ivresse et violences sexuelles conduisait-il un bus ? Ça donne des frissons d’y penser ! ». Le procureur de Milan, Francesco Greco, et le juge Luca Poniz ont imputé au sénégalais les crimes de massacre et séquestration de personnes. De plus, lui est imputé le facteur aggravant du terrorisme.

Depuis que les faits sont connus, le chauffeur de 47 ans est en effet mis en examen pour terrorisme, non à cause de liens avec des groupes djihadistes, mais parce que son idée était d’emmener le bus à Linate et de l’incendier au milieu de l’aéroport, afin de semer la panique parmi la population. Au domicile du chauffeur, pendant la première perquisition, aucun matériel n’a été trouvé qui ferait penser à la piste djihadiste. Pour l’instant, l’homme est toujours à l’hôpital de Niguarda pour une brûlure au bras, et n’a donc pas encore été interrogé par les deux juges en charge du dossier.

Traduction : Hélène Lechat

Source : Il Giornale (20 mars 2019)

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