Les chrétiens serbes du Kosovo sont une minorité persécutée, empêchée de vivre paisiblement, empêchée de subvenir à ses propres besoins, interdite de représentation politique officielle réelle.

Il y a quelques jours, le département d’État américain (le ministère des Affaires étrangères US) a publié un long rapport sur les atteintes aux droits de l’homme constatées partout dans le monde. Et l’un des chapitres de ce rapport est consacré au Kosovo, et aux nombreuses discriminations dont sont victimes les minorités qui y vivent, les Serbes en premier lieu.

Ce rapport, au ton très officiel et mesuré, va jusqu’à affirmer que « Durant les 7 premiers mois de l’année, on a recensé plus de 100 incidents, dont des vols, des cambriolages, des agressions et des dommages causés aux propriétés de Serbes du Kosovo et de l’Église orthodoxe serbe ». Le calcul est simple : ça veut dire qu’il y a au Kosovo une agression anti-serbe tous les deux jours !

« Pour nous, c’est un immense soulagement de lire tout ce que nous disons depuis des années sous la plume d’une des organisations qu’on peut le moins accuser d’être pro-serbe au monde. Et bien entendu, ça nous confirme dans notre conviction que notre combat est juste, et qu’un jour cela sera reconnu largement. » expliquent les responsables de l’ONG Solidarité Kosovo.

Ces derniers jours ont aussi marqué le quinzième anniversaire des pogroms des 17 et 18 mars 2004, pendant lesquels 10 Serbes ont été tués, 35 édifices religieux ont été détruits, plus de 700 maisons serbes ont été brûlées et plus de 4 000 Serbes ont dû fuir précipitamment le Kosovo.

Un anniversaire évidemment douloureux pour nos amis serbes du Kosovo, mais qui est particulièrement important pour nous puisque ce sont ces deux jours dramatiques qui ont poussé un groupe de jeunes Français, scandalisés par ce nettoyage ethnique se déroulant au cœur de l’Europe dans l’indifférence générale, à remplir quelques cartons de jouets et de vêtements récupérés ici ou là, à les charger dans une fourgonnette et à traverser l’Europe pour aller donner ces quelques cadeaux à ces Serbes ayant décidé de rester vivre chez eux malgré les persécutions. Ce convoi humanitaire improvisé a été le premier convoi de Noël de Solidarité Kosovo. Le premier d’une longue série.

Le rapport du département d’État consacre un chapitre entier à la question des réfugiés serbes ayant quitté le Kosovo en 1999 ou en 2004. Sa conclusion est sans appel : les Serbes expulsés du Kosovo par la force sont aujourd’hui empêchés de revenir vivre sur la terre de leurs ancêtres par les membres de la majorité, à tous les niveaux. Ils sont pourtant nombreux à souhaiter ce retour malgré les difficultés auxquelles ils savent qu’ils s’exposent.

Ces deux constats, les moines du monastère de Draganac au Kosovo les ont faits depuis longtemps. Ils ont acheté il y a quelques années le village de Stari Draganac (« Vieux Draganac » en serbe). Situé à quelques centaines de mètres du monastère, ce village a été abandonné par ses habitants, serbes, contraints de fuir la guerre. Depuis quatre ans maintenant, les moines le rénovent petit à petit, patiemment, dans le but d’offrir un toit aux familles qui ont dû quitter la région et aimeraient maintenant y revenir.

Cette année, les travaux avançant bien, ils ont décidé d’essayer de franchir une nouvelle étape et ont fait appel à l’ONG Solidarité Kosovo pour les y aider. Vous en apprendrez plus sur ce projet en vous rendant sur la plateforme de financement participatif chrétien « Credofunding », en cliquant sur ce lien.

Des extraits du rapport :

➡️ « Les hommes politiques représentant les minorités ne sont pas consultés sur de nombreux sujets fondamentaux. »

➡️ « Traductions médiocres ou fournies avec des délais avant les procès, absence de juges issus des minorités […], non-exécution récurrente de décisions de justice, tout cela continue de faire entrave à l’application d’une justice équitable pour les Serbes du Kosovo. »

➡️ « Les minorités ethniques font face à des discriminations institutionnelles concernant l’emploi, l’éducation, les services sociaux, la liberté de mouvement, le droit de vivre chez eux, et d’autres droits. »

➡️ « Le gouvernement a refusé de reconnaître la validité des documents d’identités édités par la Serbie comportant des noms de villes du Kosovo, ce qui a rendu les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur du Kosovo particulièrement difficile pour leurs propriétaires. »

➡️ « Durant les 7 premiers mois de l’année, on a recensé plus de 100 incidents, dont des vols, des cambriolages, des agressions et des dommages causés aux propriétés de Serbes du Kosovo et de l’Église orthodoxe serbe. Si la motivation ethnique de ces incidents est souvent difficile à démontrer de façon absolue, elle ne fait aucun doute dans la plupart des cas. »

Le département d’État américain pointe également les difficultés que connaissent les Serbes ayant quitté le Kosovo après la guerre de 1999 ou après les pogroms de mars 2004 :

➡️ « D’après l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés, les déplacés sont exclus de la protection des droits de l’homme et des plans de développement. »

➡️ « Le processus de retour dans certaines zones du pays continuent d’être marqués par des incidents de sécurité et le refus des habitants des zones concernées d’accepter le retour de membres des minorités. »

➡️ « À plusieurs reprises, des officiels ont tout mis en œuvre pour empêcher ces retours. »

Crédit photos : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. […] Aujourd’hui encore, la seule purification ethnique avérée sur ce territoire, celle des Serbes, initiée et poursuivie avec la complicité, au moins passive, des pays membres de l’OTAN, se poursuit, de même que la persécution des serbes restants (voir notamment le site de Solidarité Kosovo). À tel point qu’elle commence à être reconnue même par la diplomatie états-unienne, qui aurait rendu un rapport dans ce sens. […]

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