Franck Louvrier (LR) a raison de se méfier. Aux élections législatives de 2017, il avait été battu par une inconnue, Sandrine Josso (LREM), alors que lui et ses amis considéraient que la circonscription de Guérande était imperdable par la droite. Une débutante, conseillère municipale à Herbignac, avait mis KO un professionnel de la politique (conseiller communication de Nicolas Sarkozy à l’Élysée) avec 10 000 voix d’avance au second tour (26 377 / 16 787).

Pas de miracles à La Baule

À La Baule même, dans son fief (?), Franck Louvrier ne fait pas de miracles. Au premier tour (11 juin 2017), Sandrine Josso (LREM) y obtient 3 523 voix (41,42 %), devançant de 547 voix Franck Louvrier (2 976 voix, 34,99 %). Au second tour (18 juin 2017), Sandrine Josso maintient ses positions dans la station balnéaire (3 600 voix, 50,54 %), tandis que Louvrier grimpe à 3 523 voix (49,46 %), après avoir récupéré 547 voix – sans doute les électeurs FN (557) ou DLF (146) du premier tour.

Rien ne remplace le bon vieux serrage des paluches

Ces chiffres montrent que Louvrier ne dispose pas à La Baule d’une assise formidable. Lors de ces élections législatives, sa suprématie aurait dû être éclatante ; elle ne le fut pas. Au cas où plusieurs listes de droite prendraient le départ des prochaines élections municipales (mars 2020), la partie serait loin d’être gagnée par Louvrier. Ce qui peut lui nuire : une image de « Parisien », de parachuté, d’apparatchik sarkozyste… « Dialoguer » avec le « peuple » baulois par l’intermédiaire de Ouest-France et de Presse Océan ne suffira pas pour devenir l’homme de la situation. Rien ne remplace le bon vieux serrage des paluches. Mais pour cela, il faut être présent.

Bernard Morvan

Photo d’illustration : DR
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