Christian de Moliner vient de publier un roman, Juste avant ma mort, chez l’éditeur breton Jean Picollec. Jean Picollec qui est un « menhir » du petit monde de l’édition parisienne n’a jamais oublié ses racines bretonnes. Notamment, il a mis en place et anime le prix Bretagne décerné chaque année à un ouvrage qui parle de cette belle région. Au stand qu’il tient chaque année au salon du livre de Paris, nombre de ses « compatriotes » viennent le saluer, car ils savent qu’ils recevront le meilleur accueil.

Juste avant ma mort de Christian de MOLINER, éditions Jean Picollec, 14 € 

Augustin Miroux est au stade terminal de son cancer du poumon. Meurtri par l’attitude de sa femme qui envisage sa vie sans lui, il se réfugie dans sa ville natale, Dijon, pour se replonger dans son passé. Il contacte la fille d’une camarade de classe, dont il redoute d’avoir jadis provoqué le suicide, et se fait passer auprès d’elle pour son père qu’elle n’a pas connu. Lui, qui est froid et distant avec ses trois fils, construit rapidement une relation chaleureuse avec sa fausse fille, mais celle-ci dérape et Augustin est à nouveau saisi par le vertige du mal. Sombrera-t-il comme jadis dans une turpitude déshonorante ? Parviendra-t-il à dompter ses démons ? Ce roman poignant, au suspense prenant, dresse le portrait attachant de deux êtres qui essayent, en se rapprochant, de donner un sens à leur vie marquée jusqu’alors par la solitude.

Breizh Info : Votre héros, Augustin Miroux, est professeur agrégé de mathématiques comme vous. Est-ce un ouvrage autobiographique ?

Christian de MOLINER : J’ai prêté en effet quelques-uns de mes traits à mon personnage : ses études au lycée Carnot de Dijon, son agrégation de mathématiques et surtout sa maladie. Comme lui, je suis atteint d’un cancer du poumon d’origine génétique alors que je n’ai jamais fumé. Mais la comparaison s’arrête là : j’ai une fille et non trois garçons et surtout j’espère être plus sympathique que mon « héros » ! Augustin est égocentrique, peu ouvert sur les autres. Alors que l’issue fatale se rapproche, il est désemparé, car il se sent seul, bien qu’il soit marié et qu’il ait trois fils.

Breizh Info : Le personnage qui devient plus humain alors qu’il va mourir est un grand classique de la littérature !

Christian de MOLINER : J’ai essayé d’être original sur ce sujet qui, en effet, a été traité dans de multiples romans et le plus souvent de la même façon. La « rédemption » d’Augustin est ambiguë et s’appuie sur une forfaiture. Il se fait passer pour son père auprès de Caroline, la fille d’une ancienne camarade de classe dont il redoute d’avoir provoqué le suicide. Arrivera-t-il à avouer la vérité à Caroline ?

Breizh Info : Qu’est-ce que la G.S.A dont est atteinte Caroline ?

Christian de MOLINER : En anglo-saxon, « genetic sexual attirance », en français « attirance sexuelle génétique ». C’est un trouble hypothétique qui frappe un frère et une sœur, un père et une fille, une mère et un fils qui ont été séparés à l’enfance et ne se retrouvent qu’à l’âge adulte. Celui qui est atteint de cette névrose confond attirance affective et sexuelle.

Breizh Info : Juste avant ma mort est le deuxième tome d’une série Les voyages glacés. N’est-ce pas gênant ?

Christian de MOLINER : Ce roman est autonome et il n’est nul besoin d’avoir lu le premier opus, Thanatos et Éros, pour suivre l’intrigue. Je suis en train de finir le dernier tome qui s’intitulera L’orée de la nuit. Lui sera entièrement autonome.

Breizh Info : Votre roman se déroule à Dijon.

Christian de MOLINER : En effet ! La capitale des ducs de Bourgogne est effectivement un des personnages de mon livre, et Jennifer Monot de Francenet.info, qui a écrit une critique de mon ouvrage et qui a vécu à Dijon, l’a bien souligné.

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