Une nouvelle étude a révélé qu’au Royaume-Uni, l’obésité de certains jeunes adultes laissait présager la multiplication des maladie du foie à l’avenir. Une perspective inquiétante.

La maladie du « foie gras »

Au Royaume-Uni, les chercheurs de l’Université de Bristol ont réalisé une étude auprès de 4 000 jeunes de la ville âgés de 24 ans. Ils ont découvert que 20,8 % des participants présentaient une accumulation de graisse dans le foie et la moitié de ces cas ont été classés comme graves. Ainsi, un jeune Britannique sur cinq présente des caractéristiques de la maladie du « foie gras » non-alcoolique (en anglais : NAFLD, pour Non Alcoholic Fatty Liver Disease).

Cette maladie désigne différentes affections hépatiques allant de la stéatose simple à la stéato-hépatite (en anglais : NASH pour Non Alcoholic Steato-Hepatitis), jusqu’à la cirrhose. En cas de présence de graisse prolongée dans le foie, une inflammation des cellules hépatiques est à craindre et l’évolution vers un cancer du foie est possible.

Cette NAFLD se caractérise par son développement chez les personnes souffrant d’obésité ou se trouvant en situation de surpoids. Cependant, cette condition n’est pas exclusive et la maladie du « foie gras » non-alcoolique apparaît parfois chez des individus n’étant pas obèses mais dont les régimes alimentaires sont très riches en graisses et/ou en sucre.

De gros risques en perspective

Selon les auteurs de l’étude, ces résultats indiquent qu’une « bombe à retardement des maladies du foie » serait en préparation avec des risques graves aux conséquences irréversibles pour les jeunes concernés. Pour déjouer ces inquiétantes prévisions, des changements rapides dans les politiques de santé publique doivent être mis en œuvre. Avec un niveau de graisse élevé dans le foie, l’exposition au diabète, aux crises cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux augmente.

Une urgence renforcée par la progression de l’obésité au sein des nouvelles générations de Britanniques. Le Dr Kushala Abeysekera, l’un des responsables des travaux menés, explique qu’il est certain que « des taux élevés de maladies du foie gras exposent ces jeunes adultes à un risque accru de développer une cicatrisation hépatique (cirrhose) à long terme ». Les résultats des chercheurs de l’Université de Bristol ont été présentés lors du Congrès international sur le foie qui se tenait à Vienne (Autriche) vendredi 12 avril.

Bien que la NAFLD soit la forme la plus courante de maladie du foie, elle était généralement observée jusqu’alors chez les personnes âgées de 40 à 65 ans. Mais plus exclusivement désormais !

Du côté de l’Association européenne pour l’étude du foie, son vice-secrétaire, le professeur Philip Newsome, a déclaré que l’étude de Bristol mettait en lumière les problèmes croissants liés à notre environnement « obésogène » (responsable de l’obésité). La sédentarisation des modes de vie et la généralisation de la restauration rapide, souvent grasse et bon marché, sont des menaces à prendre au sérieux pour la santé des jeunes adultes et des générations futures.

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/hellosoyeon)
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