Le candidat de La France insoumise Thomas Guénolé a publié ce 18 avril un texte attaquant frontalement Jean-Luc Mélenchon. Thomas Guénolé sur qui des accusations de harcèlement sexuel pèsent…

Thomas Guénolé attaque Jean-Luc Mélenchon

Voilà un épisode qui tombe au mauvais moment pour La France insoumise. Thomas Guénolé, politologue habitué des plateaux de télévision et désormais candidat aux élections européennes sur la liste LFI a rendu public le 18 avril un courrier ressemblant à une attaque en bonne et due forme contre Jean-Luc Mélenchon.


Dans ces lignes, Thomas Guénolé pointe du doigt la dérive autoritaire des dirigeants de La France insoumise et le manque de démocratie au sein de l’appareil du mouvement.

Jan-Luc Mélenchon « autocrate » ?

Dans sa diatribe, Thomas Guénolé vise en premier lieu Jean-Luc Mélenchon qui est décrit comme un homme « imprévisiblement colérique ». Un Jean-Luc Mélenchon que le politologue accuse de « gouverner La France insoumise en autocrate ». Il détaille alors : « Distant des militants de terrain, l’appareil central fonctionne comme une toile d’araignée, des cercles de plus en plus étroits, jusqu’à “JLM” au centre qui in fine décide de tout ce qui compte en symbiose avec Sophia Chikirou. »

Thomas Guénolé reproche notamment à cette dernière le fait que sa société Mediascop reste la prestataire de LFI pour ces prochaines élections tandis qu’elle est toujours soupçonnée d’avoir surfacturé ses prestations lors de la présidentielle 2017. « De par sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon », elle « risque objectivement une condamnation judiciaire ».

Thomas Guénolé s’en prend aussi au numéro 2 de la liste pour les européennes, Manuel Bompard. Ce proche du grand patron de LFI est qualifié « d’homme de paille et de paratonnerre ».

Thomas Guénolé harceleur sexuel ?

Toutefois, la publication de ce texte par Thomas Guénolé n’intervient pas sans raison. Il se trouve que le candidat est quant à lui visé par des accusations de harcèlement sexuel au sein de La France insoumise. Il n’hésite pas à parler « méthodes staliniennes » utilisées contre lui afin qu’il se retire désormais de la liste pour les élections européennes.

Pour sa part, le comité électoral de La France insoumise a publié un communiqué en réponse aux accusations de Thomas Guénolé. Nous pouvons notamment y lire que ce comité électoral « a reçu un signalement d’une jeune femme dénonçant des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé. Nous avons saisi le Pôle d’écoute et de vigilance contre les violences sexistes et sexuelles. Le dossier était en cours d’instruction. Nous découvrons avec stupeur le communiqué de Thomas Guénolé qui instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense. »

Des accusations de harcèlements que Thomas Guénolé réfute. « Encore aujourd’hui, je ne sais pas de quoi je suis accusé précisément. La France insoumise ne m’a communiqué aucun document m’accusant précisément de quelque chose. » Toujours est-il que cette tentative d’éviction de la part de la direction de LFI coïncide, selon le politologue, avec ses remises en cause en interne du « fonctionnement autocratique » du mouvement politique et ses alertes concernant « le risque d’effondrement judiciaire de La France insoumise. » Un couac interne étalé en place publique qui ne fait pas les affaires électorales d’une France insoumise toujours sous la barre des 10 % dans les sondages tandis que le scrutin européen aura lieu le 26 mai.

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