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Fin novembre 2018, François-Henri Pinault avait assuré sur RTL « comprendre les Gilets jaunes » dans ce pays « aux fortes inégalités ». Effectivement, quand on gagne 21,8 millions d’euros en 2018, on est très bien placé pour « comprendre » ceux qui ont des fins de mois difficiles.
Un salaire de 21,8 millions d’euros en 2018
Tout va bien pour François-Henri Pinault, le PDG du groupe Kering : il perçoit en salaire, au titre de 2018, 21,8 millions d’euros. « En 2017, il avait perçu 2,7 millions. Comment s’explique la différence ? Pas par son fixe, stable à 1,2 millions d’euros. Un peu plus par son variable annuel, qui augmente de 38% à 1,94 million. Mais c’est surtout sa rémunération variable pluriannuelle qui lui vaut des émoluments aussi élevés. Cette dernière s’élève à 18,6 millions d’euros » (Les Échos, jeudi 28 mars 2019). C’est ce qu’indique le document de référence publié le 27 mars. Un beau pactole même su cette « rémunération variable pluriannuelle » de 18,6 millions est « soumise aux charges sociales et à l’impôt sur le revenu », d’après Kering (Challenges, 4 avril 2019).
Selon un porte-parole de Kering « François-Henri Pinault a prévu de réinvestir la totalité des sommes perçues (après impôts) au titre de cette rémunération variable pluriannuelle dans des actions Kering, compte tenu de son statut d’actionnaire de référence du groupe, en signe de son engagement et de sa confiance dans les perspectives de croissance de Kering. » (Les Échos, jeudi 28 mars 2019). Notons que la famille Pinault détient 53% des droits de vote.
Kering double son résultat en 2018
On peut également préciser qu’en 2018, le groupe Kering a réalisé un chiffre d’affaires de 16,665 milliards d’euros, soit une progression de 26,3% sur un an. Mais le meilleur tient aux résultat net part du groupe : 3,715 milliards d’euros, soit une variation de 108% sur un an (Le Figaro Économie, 9 – 10 mars 2019). Qui dit mieux ? Pas Bernard Arnault, l’ennemi intime de François Pinault qui voit pour la même année le résultat net part du groupe de LVMH grimper seulement de 18,4% à 6,354 milliards d’euros, tout de même ! En 2019, la course Pinault – Arnault se poursuit à vive allure puisqu’au premier trimestre, Kering a vu son chiffre d’affaires progresser de17,5%, à 3,78 milliards d’euros (Les Échos, jeudi 18 avril 2019).
Une suggestion à François-Henri Pinault : investir dans Kering, c’est bien mais prendre des participations dans des PME bretonnes, ce serait également une bonne chose. Il n’y a pas que le Stade rennais en Bretagne…
Bernard Charlès (Dassault Systèmes) encore mieux rémunéré
Pour autant, Pinault junior ne parvient pas a dépasser un autre Breton, Bernard Charlès, PDG de Dassault Systèmes, qui avait atteint 24,6 millions d’euros de rémunération en 2017, d’après le cabinet Proxinvest, alors que l’entreprise annonçait 15,8 millions d’euros (Challenges, 31 octobre 2018). En 2018, le chiffre d’affaires de Dassault Systèmes atteignait 3,474 milliards d’euros, soit une variation sur un an de 7,6% ; ce qui donnait un résultat net part du groupe de 568 millions d’euros, c’est-à-dire + 9,4% sur un an (Le Figaro Économie, 9 – 10 mars 2019). Lui aussi pourrait faire beaucoup pour la Bretagne. En s’associant avec François-Henri Pinault, Bernard Charlès deviendrait l’investisseur n°1 dans la région. Tous les deux pourraient rendre de grands services.
Bernard Morvan
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