La fête des mères, c’est le 26 mai prochain. Il est donc temps de songer à ce qui fera plaisir à sa maman chérie ! Et pourquoi pas en lui offrant un produit de beauté monastique ?

De l’abbaye de Chantelle à l’abbaye de Rieunette, en passant par l’abbaye de Ganagobie, chacune a développé un savoir-faire qui n’a rien à envier aux grands groupes, tout en restant artisanal. Petit tour d’horizon.

Une sœur de l’abbaye Saint-Vincent de Chantelle contrôle l’évolution de son lait hydratant.

L’abbaye Saint-Vincent de Chantelle : l’expertise des laits hydratants !

L’histoire de l’abbaye de Chantelle commence au Xsiècle au cœur du Bourbonnais, quand le seigneur des lieux décide de faire construire sur ses terres un sanctuaire dédié à saint Vincent. Celui-ci deviendra par la suite un prieuré et accueillera des chanoines. Grâce à sa position idéale sur un piton rocheux, le lieu sera la cible d’attaques successives et passera sous l’autorité de plusieurs seigneurs au cours des siècles. Le prieuré, devenu abbaye, résiste au temps grâce aux nombreuses communautés qui se succèdent et entretiennent les bâtiments. Des bâtiments de plus en plus nombreux après les constructions des différents propriétaires. Enfin, après la période tumultueuse de la Révolution, l’abbaye renaît en 1853 avec l’arrivée d’un groupe de moniales bénédictines de l’abbaye de Pradines (dans le Roannais).

Pour assurer leur autonomie financière, les sœurs décident en 1952 de trouver un moyen pour subvenir à leurs besoins, elles se tournent donc vers les produits d’hygiène pour la famille. Après deux ans de travail et avec l’aide d’une sœur chimiste, un premier lait de toilette et une eau de Cologne sont proposés au magasin de l’abbaye. Les premiers clients sont ravis, pari réussi pour les sœurs. Depuis, les sœurs ont développé leur propre laboratoire et continuent d’améliorer leurs produits : des savons, du bain moussant, du lait hydratant… Elles sont entourées d’une dizaine de laïcs, d’ingénieurs et chimistes professionnels : leurs produits bénéficient ainsi d’une expertise scientifique.

Leurs produits sont réalisés avec des produits naturels (sans paraben). Aujourd’hui, les treize sœurs bénédictines de Chantelle continuent de tout réaliser au sein de l’abbaye dans leur laboratoire, et ce sont encore elles qui sont à l’origine des formules de leurs produits.

L’abbaye Saint-Vincent de Chantelle, située entre Vichy et Montluçon, abrite une communauté de bénédictines qui réalisent des produits de beauté dans leur propre laboratoire – Divine Box

L’abbaye de Ganagobie : la spécialiste des crèmes 

L’abbaye Notre-Dame de Ganagobie est située dans les Alpes de Haute Provence. Entre Sisteron et Manosque, sur un plateau escarpé, elle domine toute la vallée de la Durance. La communauté actuelle est arrivée en 1891, mais le monastère est bien plus ancien : il remonte en effet au IXsiècle ! À cette époque déjà, le plateau dominant la vallée accueille des moines. Une chapelle est même édifiée mais le monastère ne naît véritablement qu’au XIIsiècle. Le lieu subit ensuite les épreuves des siècles, notamment sous Richelieu et à la Révolution, où il est vendu comme bien national. Une partie est même détruite en 1794. C’est en 1891 que le monastère reprend vie progressivement et des rénovations permettent aux bâtiments de se maintenir jusqu’à aujourd’hui.

Puis dans les années 1950, en plein travaux de rénovation, les frères cherchent une source de revenus. Ils choisissent de constituer un atelier de fabrication cosmétique avec l’aide d’un frère ingénieur-chimiste. Ils produisent alors toute une gamme de produits réputés dans l’artisanat monastique, dont des crèmes et des baumes.

Les moines de l’abbaye Notre-Dame de Ganagobie ont créé toute une gamme de produits cosmétiques.

L’abbaye de Rieunette : le bio avant tout !

Aujourd’hui, la communauté se faisant de plus en plus vieillissante, leurs produits ne sont plus fabriqués directement par les moines. Mais ils en rédigent encore les formules et supervisent toute la production. Les composants de chaque produit sont entièrement naturels et toujours au top de la qualité, bien évidemment.

L’abbaye Sainte-Marie de Rieunette, fondée au XIIesiècle près de Carcassonne, abrite des cisterciennes qui élaborent, entre autres, des hydrolats cosmétiques et des huiles végétales.

L’abbaye Sainte-Marie de Rieunette fut fondée en 1162 dans l’Aude au sein du diocèse de Carcassonne par une reine veuve de la région. Le monastère rentre à l’époque au sein d’une congrégation rassemblant plusieurs monastères de moniales cisterciennes. Au XVIsiècle, les guerres de religions n’épargnent pas la communauté qui se réfugie à Carcassonne. Après avoir été pillée et laissée à l’abandon pendant des siècles, une poignée de volontaires décide de redonner vie au lieu au XXsiècle. Les premières sœurs cisterciennes ré-investissent l’abbaye toute neuve en 1998. Mais les sœurs doivent rapidement trouver une activité économique pour assurer leur subsistance.

La rencontre entre une sœur et une laïque va permettre la création d’une marque de produits aromatiques alimentaires et cosmétiques bio. Cette laïque passionnée des produits naturels et spécialiste en communication va donc aider les sœurs à développer un petit commerce basé sur des produits sains et respectueux de la biodiversité.  Une de leur réussite est le baume à lèvres aux agrumes, très pratique pour les lèvres abîmées. L’abbaye a également développé des crèmes, des hydrolats et des huiles de soins végétales. Pour cette petite production les sœurs ont ainsi investi dans un petit laboratoire afin de pouvoir affiner leurs formules et améliorer leurs caractéristiques.

Une sœur de l’abbaye Sainte-Marie de Rieunette remplit les flacons d’hydrolat après avoir élaboré et testé la composition dans le laboratoire.

L’abbaye du Barroux : l’excellence des savons parfumés 

L’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux est située au sein de la commune du Barroux, dans le Vaucluse. Elle est fondée en 1978 par Dom Gérard. Ce dernier était moine à l’abbaye de Tournay. Mais soucieux de conserver une vie monastique traditionnelle, il décide de vivre dans un premier temps en ermite dans le Barroux. Son action attire alors des jeunes qui commencent à le suivre. Le père décide donc de créer une communauté. En 1980, la première pierre de la future abbaye du Barroux est posée, et 9 ans plus tard, les travaux sont achevés . À l’aube de l’an 2000, les moines sont déjà soixante sur place, et le flux de vocations ne se tarit pas.

L’abbaye du Barroux envoie alors certains de ses moines créer des fondations, comme le monastère Sainte-Marie de La Garde en 2002 en Aquitaine.

Aujourd’hui, la communauté compte 55 frères au Barroux. Pour vivre de leur travail quotidien, les frères fabriquent de nombreux produits artisanaux. Boulangerie, menuiserie, entretien de leur potager et de leurs vignes… Ils sont bien occupés ! Grâce à leur verger, à leur moulin et à leurs olives, ils réalisent notamment différentes huiles d’olives, réputées en Provence. Jeunes, fruitées ou complexes, les différentes sortes font le bonheur des curieux de la région. Et, au-delà de leurs différentes bouteilles, les moines utilisent aussi leur « huile aux moines » pour confectionner des savons parfumés et doux pour la peau. Au miel, au chèvrefeuille, à l’argile verte… Ils utilisent toutes les ressources à leur disposition, grâce à l’aide d’un artisan savonnier professionnel qui gère la partie production.

L’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, fondée en 1978 près du Mont Ventoux en Provence, abrite des bénédictins.

L’abbaye d’Aiguebelle, à l’origine du légendaire baume d’Aiguebelle 

L’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle se situe près de Montélimar, dans la Drôme provençale. Elle fut fondée en 1137. Cette abbaye est la quatrième fondation de la première abbaye cistercienne, construite en 1098. Au XIIsiècle, l’abbaye accroît son domaine grâce à des dons. À partir du XVIsiècle, les épreuves vont se multiplier notamment avec la guerre de Cent ans et la peste noire qui ravage le pays. Les vocations chutent et le domaine est revendu. Le nombre de moines ne progresse qu’en 1815 quand l’abbaye renaît progressivement. En 1850, l’abbaye s’élève même jusqu’à 233 moines ! Cet engouement lui permet d’envoyer des moines créer d’autres monastères.

Aujourd’hui, les moines sont encore dix-huit sur place. Pour pouvoir être autonomes financièrement, ils se sont lancés dans l’artisanat monastique de produits d’épicerie fine et de bien-être. En plus de leur célèbre Alexion, sorte de « Red Bull » monastique, ils ont développé leur fameux baume d’Aiguebelle. Un baume aux huiles essentielles très efficace contre les problèmes musculaires : il est notamment conseillé contre les rhumatismes mais aussi pour les problèmes respiratoires ou encore les irritations de la peau. Élaboré à base de cire d’abeille et de plantes médicinales rigoureusement sélectionnées par les frères, sa popularité ne cesse de croître.

Les moines d’Aiguebelle fabriquent un baume réparateur très réputé, efficace contre les douleurs musculaires.

Et pour acheter leurs produits de beauté monastiques ? 

Sur place dans les boutiques de chaque abbaye ! Les moines et les sœurs seront ravis de papoter un peu avec vous à propos de leurs produits. Ou sinon dans la Divine Box spéciale « Fête des Mères » ! Composée de cinq produits d’abbayes, dont une tisane et du chocolat, elle a été spécialement conçue grâce aux retours de 436 abonnés.

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