La saison de football touche à sa fin partout en Europe ! Les champions sont sacrés et les plus mauvais relégués, les rumeurs de transferts pointent le bout de leur nez, et c’est aussi l’occasion de regarder ce qui s’est passé dans les tribunes. Comme souvent, passion et répression ont été les maîtres mots, mais quelques polémiques ont également éclaté récemment…

En France, une lutte contre l’homophobie absurde

Depuis quelques semaines, et plus particulièrement depuis les matchs Paris-Marseille du 17 mars et Lens-Valenciennes du 12 avril, le monde politique se ré-attaque au football.
Présent au Parc des Princes lors du classico, le ministre des sports Roxana Maracineanu (ancienne championne de natation), s’est dit choquée par les chants du Virage Auteuil à l’encontre des Phocéens, les qualifiant d’homophobes. Des chants qui ne volent certes pas très haut mais sans aucune connotation. C’est ce que lui ont fait remarquer les supporters de Lens, très engagés dans la défense des droits des supporters, à travers des banderoles « piquantes ».

« Lillois on t’encule, haine ou amour ? Roxana vous avez 4h »

Les Lensois ont été pris pour cible à leur tour à la suite de la diffusion par le groupe militant LGBT « Rouge Direct » d’une vidéo dans laquelle on les entend insulter leurs voisins Valenciennois de « pédés ».
Qui s’est déjà rendu dans un stade a déjà entendu ce chant, mais, pour la première fois, la Ligue de Football Professionnelle a décidé de mettre une amende de 50 000 euros au RC Lens ainsi qu’un match à huis clos avec sursis pour la tribune à l’origine de l’insulte.
En signe de solidarité, les ultras de Grenoble, ouvertement d’extrême gauche et pro LGBT, ont répondu avec humour aux Red Tigers, principal groupe de supporters lensois… Un message qui leur a valu des reproches, évidemment !

À Grenoble, des fans pro-LGBT mais pas dénués d’humour !

La LFP a ainsi décidé de lancer une campagne contre l’homophobie et notamment de faire porter un brassard aux couleurs du lobby gay aux capitaines des équipes de Ligue 1 et de Ligue 2 à l’occasion des derniers matchs de la saison.

Si prompte à donner des leçons de bonne conduite, la LFP n’avait pourtant pas hésiter à programmer une journée de championnat le 5 mai dernier, une date pourtant dédiée au recueillement depuis 1992 et le drame de Furiani…

En Angleterre, vous êtes priés de vous asseoir

Lorsqu’ils évoquent l’ambiance outre-Manche, les médias français manquent souvent de superlatifs… et d’objectivité.
Anfield est incontestablement merveilleux lorsqu’il s’agit de célébrer une victoire historique contre Barcelone en demi-finale de Ligue des Champions, mais Anfield est très silencieux en temps normal et même très souvent surpassé par les visiteurs. Ceux du PSG y avaient mis un joli bazar en septembre dernier, comme ceux de Marseille, Lyon, et même Toulouse et Lille lors des années précédentes.

Il faut dire que la politique des stades britanniques fait peur et cherche à brider les supporters les plus fervents.
Les fans de Manchester City, qui déploient habituellement et comme tous les Anglais des drapeaux avec le nom de leur ville ou de leur quartier, les ont vus être remplacés par des bannières électroniques projetés sur des écrans de leur stade.

Bienvenue dans le football moderne

Pire encore, dans le nouveau – et superbe – stade de Tottenham, les supporters sont invités à s’asseoir. Des agents de sécurité vont même noter l’emplacement de ceux qui ne respectent pas la règle en vue de futures sanctions !

Booba gilet jaune ? Non, un stadier qui note le nom des supporters qui osent rester debout dans le nouveau stade de Tottenham !

L’adage « paye et tais-toi » n’a jamais semblé aussi approprié, et l’on a ainsi bien plus envie d’aller suivre les exploits de Luton Town, qui vient de gagner sa place en deuxième division et dont le stade centenaire a bien plus de cachet !

Il s’agit bien de l’une des entrées du stade de Luton Town, tout juste promu en deuxième division anglaise.

En Italie, un hommage à Mussolini

Les supporters de la Lazio fidèles à leur réputation ! Les années passent mais les Irriducibili, principal groupe ultra laziale, ne se plient toujours pas à la bien-pensance.
Ceux qui chantent régulièrement « Avanti ragazzi di Buda » en faisant le salut romain et ont souvent exprimé leur opinion politique, notamment en faveur de la Palestine, ont cette fois brandi un message pour rendre hommage à Mussolini.

Le 24 avril, en déplacement à Milan, ils se sont rendus sur la Piazza Loreto sur laquelle le corps du Duce avait été exposé après son meurtre en 1945. Le message est simple : « Honneur à Benito Mussolini ».

Si l’iconique Paolo Di Canio a dû apprécier, les instances du football un peu moins, d’autant plus que des affaires de racisme avaient éclaté plus tôt dans la saison, notamment à Cagliari.
Une affaire qu’avait relativisée (à juste titre ?) le défenseur de la Juventus Leonardo Bonucci, ce qui lui avait valu les foudres des médias.

En Allemagne, les tribunes les plus chaudes d’Europe

La Coupe d’Europe est l’occasion pour les supporters d’effectuer de beaux voyages avec des délégations colossales, et ce ne sont pas les Rennais qui diront le contraire.
Les champions à ce petit jeu sont sans nul doute les Allemands ! En mars, 5 à 6 000 fans de Schalke se sont rendus à Manchester et ont soutenu leur équipe malgré la déroute 7-0.

Une défaite 7-0 ne suffit pas à stopper la ferveur des fans de Schalke en déplacement à Manchester.

Mais s’il ne faut retenir qu’un nom, ce serait celui de l’Eintracht Francfort, dont les supporters ont multiplié les déplacements massifs tout au long de leur campagne européenne.
À Milan, Rome ou à Londres et même à Chypre, ils étaient chaque fois un nombre incalculable et ne sont sans doute pas étrangers aux exploits de leurs protégés, battus seulement par Chelsea aux tirs-aux-buts en demi-finale d’Europa League.

Quand 15 000 fans de Francfort se déplacent à Milan

Hanovre n’a pas eu la même réussite sportive puisque le club a perdu sa place en Bundesliga. Lors de le dernière rencontre à domicile, déjà condamnés, ils étaient pourtant près de 50 000 à chanter « Scheißegal, in welcher Liga », « Rien à foutre de la division ».

La finale de la ligue des champions entre Liverpool et Tottenham devrait encore offrir de belles images de tribunes, sans oublier la Copa America le mois prochain, surtout quand on se souvient de l’ambiance mise en Russie par les Sud-Américains lors du dernier mondial

Crédit photos : DR
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