Les manifestations des Gilets jaunes à Nantes sont systématiquement noyautées depuis fin 2018 par l’extrême-gauche locale. Si bien qu’elles se traduisent par un cortège de dégradations et de casse bien loin du message originel des Gilets jaunes – et que beaucoup d’entre eux, dégoûtés, préfèrent manifester ailleurs ou rester sur les ronds-points de leurs communes. L’appel national samedi n’a pas dérogé à la règle, malgré un premier tour pacifique qui a rassemblé plus de 5000 personnes.

Fly Rider (Maxime Nicolle) était d’ailleurs présent et faisait des selfies dans la rue d’Orléans. Cependant, la conjugaison d’un fort dispositif policier et de la présence d’éléments perturbateurs d’extrême-gauche ne pouvait pas ne pas faire dérailler la manifestation : des scènes de dégradations ont eu lieu un peu partout en ville, et notamment aux abords de la croisée des trams ainsi que quai de la Fosse.

Des dégradations et de nombreux blessés

Vers 16 h quai de la Fosse, un père de famille paniqué, pris entre les gaz lacrymogènes, la manifestation et un barrage de police, a foncé sur ce dernier – un gendarme a dégainé son arme de service. Le pire a été évité de justesse – le conducteur de la voiture a pilé net, des manifestants se sont interposés.

Une demi-heure plus tard, un migrant syrien manifeste quai de la Fosse, dit avoir reçu un LBD dans les reins et renvoie des pierres vers deux policiers. Il est identifié et interpellé. Agé de 21 ans, il est en France depuis mars 2017 et y a demandé l’asile. Mais il est mal parti pour son intégration, puisqu’il commence par faire l’intifada contre la police, par « sentiment d’injustice […] après deux ans d’attente d’examen de ma demande d’asile », comme il l’explique dans les colonnes de la presse mainstream. Il est condamné à six mois de prison avec sursis et une interdiction de manifester en France pendant un an.

D’après le canal Telegram des Gilets jaunes en Bretagne (t.me/mvtBZH), et le rapport des street medics nantais, la manifestation a fait de nombreux blessés : « 20 blessés LBD [flashball], 7 par des grenades de désencerclement [GLI-F4], 1 évac[uation] suite à un malaise du aux gaz, 4 blessés divers dont un par coups de matraque au genou ». Par ailleurs 26 personnes ont été interpellées dont 12 avant le départ du cortège – notamment pour port de projectiles divers, mortiers, couteau etc.

Des balances au sein de l’extrême-gauche nantaise ?

Par ailleurs, selon un militant d’extrême-gauche nantais, il y a eu un « nassage et contrôle d’environ 200 personnes dans le quartier Zola, dont environ 50 blacks blocs masqués, qui seront convoqués par la justice », en fin de manifestation – les derniers blessés l’ont été vers la station de tramway ligne 1 Egalité. Ce nassage semble d’ailleurs être très mal passé dans les milieux militants locaux.

Certains parlent de balances sur un commentaire Indymedia

indymedia

Un gilet jaune habitué des manifestations depuis le début du mouvement commente : « pour ce qui est des balances, je ne peux pas dire. Mais il y a des coïncidences troublantes, à Nantes en particulier, où les mêmes qui chauffent les gens se barrent dès que ça chauffe et passent toujours à travers les mailles du filet… ce qui est rarement le cas des gens qu’ils ont poussé à l’action ». Un autre abonde : « puis c’est vrai que chez Nantes révoltée comme chez certains leaders autoproclamés, certains ont tendance à prendre les Gilets jaunes ou d’autres… les migrants par exemple… pour de la chair à canon afin de mettre un maximum de bordel, comme ils disent ».

Émilie Lambert

Crédit photo : Breizh-info.com
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