Gomorra fait partie des séries qui frôlent le chef-d’œuvre cinématographique. La saison 4, qui a été diffusée sur Canal+, n’échappe pas à la règle. Il s’agit même d’une saison d’anthologie, qui laisse entrevoir (nous ne spoilerons pas) une saison 5 à venir, qui, si elle est dans la même veine, promet.

Adieu Ciro, bonjour Patrizia

La saison 3 nous avait laissé pantois, avec la mort de Ciro en toute fin de saison. Genny Savastano se retrouve donc seul, riche, mais avec la volonté de quitter Secondigliano et de faire fortune via des affaires un peu plus légales (un peu plus, car les méthodes d’ordures sont toujours les mêmes).

Il confie donc les clés du quartier à Donna Patrizia, l’un des personnages clés de cette saison 4 bien que déjà connue dans les autres saisons. Elle aura pour mission de faire régner l’ordre (avec ou sans succès, à voir durant la saison…) et de négocier avec les Levante, la famille (oncle de Gennaro) mais aussi avec les autres clans, mafieux de Naples.

Nous n’en dirons pas plus. Mais il n’y a pas un des 12 épisodes de la saison qui soit ennuyant, ou qui ne vaille pas le coup. La saison alterne entre la vie à Secondigliano, la gestion des affaires par Patrizia et les autres gangs, et la nouvelle vie de Gennaro, tiraillé en permanence entre son désir de légalité et son fond, ses origines, sa nature. Il y a des meurtres, beaucoup de meurtres. Du sang, des larmes, du suspense, beaucoup de suspense !

Une plongée toujours aussi sordide dans l’univers de la mafia

Comme pour la série Narcos, Gomorra arrive à rendre parfois sympathiques, ou attachants, des personnages qui sont sans doute les pires ordures que la terre ait enfantées. Trafic de drogues, violence extrême, chantage, menace, règlements de compte, tous les coups sont permis avec ces individus. Néanmoins, on s’y attache, c’est ce qui rend la série totalement dingue.

Il faut dire que le scénario est captivant. Il faut dire que les réalisateurs et les scénaristes font un travail exceptionnel. Il faut dire aussi que le sujet regorge d’informations. Roberto Saviano, à l’origine du livre, du film, et de la série, a beau être un journaliste engagé à gauche, partisan de l’immigration (et donc du trafic d’êtres humains), il n’en demeure pas moins un journaliste de talent, qui a pris des risques (et qui en prend encore aujourd’hui, menacé qu’il est par la mafia napolitaine).

En conclusion, cette saison 4 de Gomorra se dévore et fait honneur au cinéma italien. On a hâte de voir la saison 5, et pour patienter, il faudra aller au cinéma, voir L’Immortale, spin-off dédié à la vie de Ciro di Marzio, qui sortira à Noël 2019 au cinéma. Ce film sera consacré à la jeunesse de ce personnage central de la série, soit avant qu’il ne rejoigne le clan Savastano. L’action démarrera juste après le tremblement de terre d’Irpinia survenu en 1980, événement ayant profondément marqué la vie du personnage.

Dernière suggestion : regardez la série en version originale, sinon cela ne rime absolument à rien. Les doublages sont catastrophiques, et si vous voulez vous imprégner d’un univers, alors respectez la langue dans lequel il est tourné !

Crédit photos : DR
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