On le voyait arriver de loin : après le score décevant des Républicains à Quimper, 6,73%, le maire LR Ludovic Jolivet quitte son navire. Son communiqué, envoyé à Franck Riester et non à LR, montre surtout un manque de tact assez rare dans les milieux politiques, d’autant plus qu’il l’a envoyé deux jours après avoir affirmé à la presse locale qu’il « restait fidèle à sa famille politique ».

Une question se pose : a-t-il fait rédiger son communiqué d’adhésion à Agir, le parti du ministre macroniste Riester, quelques heures seulement après avoir exprimé sa « fidélité » à LR ? Mais faudrait-il réellement s’en étonner, connaissant la personnalité du maire de la capitale cornouaillaise.

En Bretagne, plus de grande ville dirigée par un maire de droite.

Ludovic Jolivet n’est pas un retournement de veste près : communiste dans sa prime jeunesse, il s’était éloigné de la gauche en adhérant à l’UMP au début de son premier mandat, il y a une quinzaine d’année, puis il y a défendu à peu près toutes les factions, Chiraquienne, Sarkozyste, Copéiste, Bertrandiste, Filloniste, Juppéiste, et celle de Bruno Le Maire, l’actuel Ministre de l’économie. On le dit surtout proche de Richard Ferrand, issus tous les deux d’une gauche très dure.

Ce qui peut surprendre l’électeur quimpérois, est sa valse des étiquettes en fonction des élections : on se souvient qu’il avait affirmé que le FN était un parti républicain alors qu’il était maire Républicain de Quimper et surtout responsable de la circonscription au sein même de LR. C’était la période des gros titres de presse du type « FN, premier parti de France ». Avec l’avènement du macronisme, on l’a vu devenir macron-compatible puis désormais à Agir, le parti du ministre de la Culture.

Pas de réaction notable chez LR

Il est étonnant qu’à ce jour, aucun responsable national LR n’ait réagi à la défection du maire de Quimper. A Quimper, la responsable LR, Valérie Lecerf-Livet a apporté son soutien à Jolivet, parlant d’ « ouverture » et de « bonne relation de travail » avec les LREM locaux.

Le président LR du Finistère, le sénateur Philippe Paul, a dit trouver la situation « regrettable » mais également « comprendre » le choix de Ludovic Jolivet. Ludovic Jolivet aura eu cependant son heure de gloire chez nos confrères du Figaro, bénéficiant ainsi d’une visibilité nationale.

Cette situation pourrait prêter à sourire, connaissant la personnalité du maire de Quimper, mais elle est à inscrire dans une volonté gouvernementale de contrôler la Bretagne, grâce aux ralliements de ces élus locaux qui manquent tant à LREM. Ludovic Jolivet donne donc « sa » première ville Bretonne ville à LREM.

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