Le 8 juin se déroule la Journée mondiale des océans. Cette journée, proposée en 1992 par le Centre international de développement des océans du Canada et son Institut de l’océan, est maintenant célébrée dans toute la planète, à une période où justement, les océans ne vont pas bien. On fait le point avec Waterlogic sur les dangers qui guettent les océans et notamment sur la pollution au plastique.

Une épidémie de plastique

Marchez au bord de n’importe quelle rivière ou le long du rivage marin, il est quasiment certain que vous trouverez au moins un morceau de plastique. Depuis l’introduction du premier sac en polyéthylène dans les années 60, la consommation du plastique à usage unique s’est intensifiée. Non seulement près de 8 millions de tonnes de plastique pénètrent dans nos océans chaque année, mais ce plastique finit par se décomposer en particules plus petites, des molécules de micro-plastique qui finissent par se retrouver dans la chaîne alimentaire. Nous polluons les océans, détruisons les habitats marins naturels et causons des dommages insoupçonnés pour notre propre santé.

L’océan Pacifique Nord, immense étendue d’eau qui sépare le Japon des États-Unis, est aujourd’hui le plus pollué des océans du monde entier. Il contiendrait près de deux milliards de morceaux de plastique, soit un tiers du plastique présent dans les océans aujourd’hui.

L’effet du plastique sur les écosystèmes marins

Si le plastique s’enfonce de façon alarmante dans les profondeurs de l’océan, il a également un impact direct sur la faune marine qui l’habite. Les dirigeants de l’agence des Nations unies pour l’environnement mettent en garde contre un « Armageddon océanique » imminent, à moins que nous ne mettions fin à notre dépendance aux articles en plastique à usage unique comme les sacs, les bouteilles, les pailles et les couverts.

Selon des estimations récentes, plus de 100 000 animaux marins meurent chaque année après avoir consommé du plastique. Même les scientifiques qui explorent les plus profondes fosses océaniques au Japon, dans les Hébrides et au Chili y ont trouvé du plastique. Encore plus inquiétant, l’analyse de la faune marine a démontré que 100 % des créatures présentes à ces endroits reculés avaient du plastique dans les intestins.

Quelle quantité de plastique consommons-nous?

Des chercheurs de l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université Columbia ont récemment étudié le tube digestif de crevettes achetées sur le marché pour déterminer ce qu’elles avaient consommé. Une petite application de colorant rouge a immédiatement permis une découverte surprenante : il n’y a pas moins de sept morceaux de plastique dans l’estomac d’une crevette achetée pour la consommation humaine.

Ce cas n’est pourtant pas isolé. Les scientifiques ont découvert des fibres de plastique, des fragments et des micro-perles dans des poissons de mer et d’eau douce pêchés dans la nature ou dans des élevages. Résultat ? Près de 114 espèces analysées avaient du plastique dans leur estomac, dont la moitié d’entre elles terminent régulièrement dans nos assiettes. Des espèces comme le plancton, les bivalves, les poissons et les baleines consomment régulièrement des particules de microplastiques car ces détritus ressemblent à leur nourriture. Mais les billes de plastique finissent par obstruer leurs voies digestives, dérégler leur appétit, modifier leur comportement alimentaire, en affectant à la fois leur croissance et leur capacité de reproduction.

Quels plastiques faut-il ne plus consommer ?

Un sac en plastique a une durée de vie moyenne de 20 minutes mais survivra dans le milieu marin pendant des milliers d’années, y compris dans le tube digestif d’une baleine. En France, depuis le 1er janvier 2016, les sacs plastiques fins, dits « à usage unique » ont été bannis des supermarchés.

Si cette interdiction s’est avérée efficace et a permis de développer en France une véritable filiale du sac « biodégradable », les petits commerçants ou les restaurants de vente à emporter utilisent encore massivement les sacs en plastique. D’autres produits en plastique à usage unique sont dans le viseur de l’Union européenne qui souhaiterait interdire dès 2021 les pailles, couverts et gobelets en plastique.

Bien que ce ne soit pas la panacée, la réutilisation du plastique permet de limiter l’impact du plastique, à moins que celui-ci ne contienne du BPA. Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien qui provoquerait autisme, anomalies congénitales et problèmes de reproduction. Il est très important de vérifier le type de plastique utilisé et d’éviter tout matériau utilisant du BPA, notamment pour les gobelets et les bouteilles à destination des enfants.

Afin de connaître les plastiques, il est possible de regarder le chiffre contenu dans le triangle de recyclage. Les principaux à bannir de votre quotidien sont :

  • Numéro 3 – Polychlorure de vinyle (PVC): Contient du phtalate de di-2-éthylhexyle (DEHP), un perturbateur endocrinien et un potentiel cancérigène.
  • Numéro 6 – Polystyrène (PS): Il peut contenir du styrène, un autre perturbateur endocrinien, et potentiellement cancérigène.

  • Numéro 7 – Polycarbonate: contient du BPA.

Il n’existe pas de telle règle pour déterminer quels sont les plastiques recyclables. Cela va dépendre de votre emplacement. En général, les chiffres 1 et 2 sont les matériaux les plus facilement recyclables. Ils doivent être rincés, puis jetés dans les bacs de recyclage appropriés pour la collecte par les autorités locales. Pour les autres numéros, vérifiez si votre mairie peut les traiter pour les recycler. En règle générale, évitez autant que possible les plastiques 3, 6 et 7.

Que faire pour les océans ?

Avant tout, prendre conscience à l’occasion de cette journée mondiale des océans qu’en Europe, nous ne sommes pas les plus gros pollueurs du monde. Cela n’empêche pas de montrer l’exemple, mais il ne faut pas culpabiliser outre mesure les populations en Europe, qui font le tri sélectif, qui organisent des campagnes de nettoyage des plages, qui inventent des technologies pour permettre le nettoyage des océans ou des alternatives au plastique.

À ce sujet, la vidéo ci-dessous est intéressante :

Aux décideurs politiques désormais, poussés par les citoyens, de prendre les mesures adéquates, au niveau mondial. À commencer, peut-être, par des mesures concernant la réduction de la démographie mondiale. Moins nous serons nombreux sur terre, moins la planète sera polluée, c’est mathématique.

Crédit photo : Sunrise.tube
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V