Vous pouvez désormais soutenir en ligne le référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’ADP. Quand il s’agit de sujets mineurs concernant la politique du pays, l’Etat permet en effet aux citoyens de s’exprimer.

Un site Internet dédié, et sécurité a ainsi été ouvert dans la nuit.  L’objet de l’éventuel référendum : une proposition de loi affirmant le caractère de « service public national » des aérodromes de Paris afin d’en prévenir la privatisation. S’il aboutit, le processus fera échec à ce projet que l’exécutif avait pourtant réussi à faire adopter en avril dans le cadre de la loi Pacte. Mais, avant d’en arriver là, l’initiative devra franchir plusieurs étapes, à commencer par la collecte des signatures, qui va s’étaler sur neuf mois.

Pour être éventuellement déclenché, le RIP doit recueillir le soutien de 10 % des électeurs, soit 4,7 millions de personnes. En ouvrant ce site Internet, l’Etat montre que le vote par Internet est possible, de manière totalement sécurisée. Imaginez les économies qui seraient réalisées à chaque élection si tout se faisait désormais sur Internet. Imaginez le nombre de référendums auxquels les citoyens pourraient prendre part.

Les signatures des électeurs doivent être déposées en ligne sur le site Referendum.interieur.gouv.fr. Chaque citoyen inscrit sur les listes électorales et qui souhaite apporter son soutien doit décliner son état civil (nom, prénoms, date, ville et pays de naissance), son numéro de carte d’identité ou de passeport et son adresse e-mail ou postale. Après confirmation de soutien au référendum, chaque personne pourra télécharger un récépissé de l’enregistrement de sa signature. Précision importante : il faut mentionner l’ensemble de ces informations telles qu’elles sont inscrites sur sa carte d’électeur.

Pour les personnes n’ayant pas accès à Internet ou souhaitant se faire accompagner, le dépôt des signatures pourra se faire dans certaines mairies. Dans chaque canton, la commune la plus peuplée a été mandatée pour les enregistrer.

Même si le sujet n’est pas fondamental, un vote massif pourrait montrer au Gouvernement toute l’envie qu’a le peuple à se voir octroyer un droit fondamental, celui de décider de son avenir sans passer par des élus. Toutefois, il ne faut pas se faire d’illusion sur ce simulacre de démocratie directe, comme l’explique Le Monde : « Si le nombre de signataires a bien été atteint, l’Assemblée et le Sénat auront six mois pour décider d’examiner ou non la proposition de loi qui fait l’objet de ce référendum d’initiative partagée. Si les deux Chambres se prononcent sur le texte, qu’elles soient pour ou contre, alors il n’y aura pas de RIP. L’idée sous-jacente est de ne pas créer une rivalité entre les décisions du Parlement et la souveraineté populaire qui s’exprimerait à travers un référendum. Dans le cas où au moins l’une des Chambres n’examine pas ce texte à l’issue de ce délai de six mois, alors le président de la République sera tenu d’organiser un référendum sur la proposition de loi. Celui-ci n’interviendra donc pas avant le mois d’octobre 2020.»

A vous de jouer désormais !

Illustration : DR
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