Les migrants, de vrais « réfugiés » ? La moitié des Français a des doutes

Italie
Les migrants demandant l’asile en Europe pour fuir la guerre et une mort quasi certaine, une idée à laquelle moins d’un Français sur deux déclare croire encore.

Migrants : le sondage qui dérange

Les migrants perçus de plus en plus comme des migrants et de moins en moins comme des « réfugiés » par les différentes populations à travers le monde. Voilà résumée en somme la conclusion de la récente enquête de l’Ipsos réalisée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin. Cette étude, dont le premier baromètre fut publié en 2017, fait ainsi état d’une crispation grandissante des population autochtones vis-à-vis des migrants.
Un scepticisme qui est d’ailleurs notable chez les Français puisque 50 % d’entre eux ne pensent pas que les étrangers qui viennent dans leur propre pays sont de vrais réfugiés. Au niveau mondial, la moyenne est de 54 %, en progression par rapport à 2017 (52 %).
Autre enseignement, l’idée selon laquelle les migrants se ruent vers l’Europe et la France pour échapper aux persécutions et à la guerre a aussi fait long feu. Pour la moitié des Français sondés, la recherche de sécurité économique et sociale est un motif jugé plus crédible d’arrivée dans l’Hexagone que la recherche d’un refuge « au calme ».

Migrants extra-européens : l’impossible intégration

Par ailleurs, les Français interrogés sont minoritaires (43 %) à considérer qu’échapper à la guerre ou à des persécutions « constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier ». Un chiffre qui contraste avec la moyenne mondiale (61 %) et qui est possiblement un témoin par ailleurs du « ras-le-bol » migratoire rencontré chez un certain nombre de personnes.
Quant à l’intégration, le scepticisme des Français est, là, très prononcé sur la question : ils ne sont que 18 % à estimer que les migrants nouvellement accueillis s’adapteront à la société française. Dans le même temps, 58 % des Français considèrent que cette intégration sera difficile voire impossible. Une part de sceptiques qui a progressé de 11 points depuis 2017… Mais qui s’explique aussi par la prise de conscience progressive de l’importance des écarts « culturels » entre migrants extra-européens et autochtones.
 
Au niveau mondial, 47 % des sondés ne se disent pas convaincus par la possibilité d’intégration des migrants arrivés dans leur pays. Une défiance qui a augmenté de trois points en deux ans (44 % en 2017).

Des frontières et des nuances

Enfin, la volonté de fermer les frontières fait, elle aussi, de nouveaux adeptes dans l’opinion publique française. Il sont désormais 42 % des interrogés à se dire favorables à une telle fermeture, contre 40 % en 2017. Une tendance qui contraste avec l’opinion mondiale : 46 % du panel (contre 51 % en 2017) ne perçoit pas la fermeture des frontières comme une solution.

Au niveau européen, ce sont la Serbie et la Suède qui apparaissent comme les pays les plus radicaux sur ce sujet, avec 51 % de personnes favorables à une fermeture de leur frontière. Un pourcentage qui peut sembler encore faible pour les Suédois compte tenu des nombreux impacts négatifs de l’immigration extra-européenne sur leur société.

Pour l’anecdote, c’est au Mexique (dont nous évoquions il y a encore quelques jours les dernières tribulations migratoires avec Donald Trump) que cette idée de fermer les frontières progresse le plus fortement, de 16 % en deux ans.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS