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En Irlande, une école primaire envisage de permettre à ses élèves de porter les uniformes du genre qu’ils souhaitent. Un « progressisme » qui interpelle dans un pays où les tenues scolaires sont une tradition.

Irlande : les élèves « s’interrogent sur leur identité sexuelle »

Une école primaire de Greystones, situé dans le comté de Wicklow, en Irlande, a annoncé qu’elle allait mettre en place pour la rentrée de septembre prochain une nouvelle politique d’uniformes non sexistes.

Máire Costello, directrice de l’école, a expliqué que la mise à jour de la politique sur l’uniforme a été proposée par le conseil des élèves de l’école. Les parents des élèves et les membres du conseil d’administration de l’école ont alors accepté la proposition. La directrice donne une explication à cette volonté de changement : « Nous avons des enfants qui remettent en question leur identité sexuelle. Cela se produit à un âge plus précoce ».

Exit donc à la rentrée prochaine le traditionnel uniforme de l’école. Pour les garçons, la tenue consiste à porter un pantalon (ou short), ainsi qu’un polo et pull portant le blason de l’école dans lequel ils sont scolarisés. Pour les filles, c’est la jupe, associée à un polo et un pull, qui est en vigueur. Mais l’Irlande n’échappe pas, elle non plus, au progressisme remettant en cause les derniers vestiges d’une époque en passe de disparaître.

Pour Máire Costello, « si cela signifie que les filles portent des pantalons ou que les garçons portent des jupes, qu’il en soit ainsi. Le plus important, c’est que les enfants se sentent à l’aise et heureux de la façon dont ils sont habillés. » Avant ces nouvelles dispositions, le règlement de l’école stipulait que seules les filles pouvaient porter la jupe. Et que seuls les garçons pouvaient se présenter revêtu d’un pantalon. Un « conservatisme » désormais balayé…

Uniformes non genrés : des parents favorables

Quant à Tom Sherlock, président du conseil d’administration de l’école, il a déclaré que la majorité des parents ont été « extrêmement favorables » à ce changement de politique sur les uniformes. Lorsque l’administration de l’établissement a demandé par mail leurs avis aux parents, elle n’a même reçu aucune réponse négative.

En 2016, le ministère irlandais de l’Éducation avait publié un rapport décrivant comment les écoles pouvaient soutenir les élèves LGBT+. Le document indiquait notamment que les élèves transgenres « devraient être autorisés à porter un uniforme conforme à leur identité sexuelle ». C’est désormais une chose actée à Greystones.

Toutefois, quelques récalcitrants (anonymes) à l’arrivée de ce qui s’apparente ni plus ni moins à de la propagande LGBT+ dans l’école ont fait savoir par téléphone leur mécontentement auprès de l’établissement. En vain. Et pas de quoi inquiéter Tom Sherlock qui se réjouit de cette nouvelle politique non genrée du port des uniforme et avoue espérer que cela aidera les élèves à remettre en question leur identité sexuelle.

Selon Moninne Griffith, directrice générale de l’organisation LGBT BeLong To, des projets similaires sont prévus dans d’autres écoles à travers le pays afin de créer « des environnements scolaires sûrs, favorables et accueillants pour les élèves transgenres ».

Entre la progression de l’immigration extra-européenne (ayant longtemps épargné le pays) et le lobbying LGBT qui fait son chemin, l’Irlande de Billy McKee n’échappe pas à la révolution sociétale qui défigure l’Europe de l’ouest.

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