La Bretagne reste rétive aux radars. Y compris aux Mesta Fusion, des radars tourelles hauts perchés sur une colonne de 2,6 mètres qui devraient pouvoir mesurer les excès de vitesse sur toutes les voies, calculer le respect de la distance de sécurité, le franchissement d’un feu rouge, d’une ligne continue ou d’un passage à niveau fermé. Le radar est aussi conçu pour migrer d’un emplacement à l’autre : trois dispositifs sur quatre seront des leurres.

Le premier d’entre eux complètement détruit l’est en Bretagne : à Avessac entre Guémené-Penfao et Redon, au nord de la Loire-Atlantique. Il avait été installé le 18 juin. Bien que le mat soit plus gros que pour les autres radars perchés (feux rouges, radars discriminants), et qu’il soit en acier renforcé, il a tout de même été tronçonné.

Hostilité partout

Ces radars sont fabriqués par Idemia (ex-Morpho, ex-SFIM), une ex-filiale de la Sagem rachetée par la société française Oberthur, elle-même détenue par un fonds d’investissement américain, Advent International. Ils sont aussi déployés à Dubaï. Idemia gère 2 900 des 4 700 radars déployés en France.

Plus au sud, en Vendée à Mouchamps sur la RD137, le radar tourelle a été repeint en violet et l’est resté plusieurs jours. En Touraine, à Monnaie et Saint-Avertin près de Tours, c’est en jaune que les radars ont été repeints, et le sont restés pendant 48 heures. Le sommet du radar étant à 4m50, rien n’est trop difficile à qui sait prendre de la hauteur sur les événements.

Quant à la cabine test de Thionville, sur la route d’Arlon, elle a été ouverte, recouverte d’une bâche et vidée de son contenu. L’an dernier déjà cette cabine, qui faisait office de dispositif test, avait été vandalisée une première fois en juillet, retirée, réinstallée en novembre, ouverte puis vidée de son contenu en décembre.

Deux autres tourelles avaient été mises hors d’état l’an dernier : celle de Mimizan dans les Landes avait été bâchée, tandis qu’à Marseille une poubelle avait été posée depuis le haut sur la cabine du radar installé sur la rocade L2 (A507).

Par ici la monnaie : des radars mis en service en secret et pas signalés

La mise en service des radars tourelle était prévue en novembre 2018, mais a été repoussée avec la crise des Gilets jaunes. Leur déploiement a repris au début du printemps 2019. Ils ont commencé à verbaliser dans le plus grand secret en avril dernier et ce n’est que depuis mi-juin que leurs contraventions sont communiquées aux contrevenants.

Par ailleurs aucun communiqué de presse n’a accompagné leur lancement. Les préfectures ont refusé de communiquer sur leurs emplacements – c’est notamment le cas en Loire-Atlantique où 7 ont été installés. Ils ne sont donc plus que six après la destruction de celui d’Avessac. Deux autres ont été identifiés et se trouvent sur la route Guérande – la Baule au droit du passage à niveau (70 km/h, depuis juin 2019, flashe dans les deux sens), l’autre à l’extrémité nord du pont de Cheviré à Saint-Herblain (70 km/h, depuis juillet 2019, sens nord vers sud uniquement).

Un procédé que dénonce le média spécialisé Radars-Auto.com : « Avec les premiers radars tourelles, la Sécurité routière a trouvé une nouvelle façon machiavélique de verbaliser les automobilistes en laissant des radars hors-service pendant plusieurs mois puis en les mettant en service sans en informer les usagers et surtout en faisant la rétention des infractions pendant plusieurs semaines avant d’envoyer les avis de contravention. Si les contraventions avaient été expédiées quelques jours après les infractions comme cela se passe habituellement avec les radars automatiques, les contrevenants auraient été plus vigilants les jours suivants et n’auraient pas reçu autant de contraventions ».

Nouveaux radars en Bretagne

Nul doute que dans les communes proches des radars tourelles, la grogne est forte depuis mi-juin, d’autant que selon Radars-auto.com, seuls quatre des radars tourelles sont signalés, et ce par des petits panneaux seulement.

D’autres radars tourelles commencent à apparaître en Bretagne, déployés dans le plus grand secret. L‘un d’eux se trouve à Locqueltas dans le Morbihan sur la RD778 (lieu-dit Morbouleau, 70 km/h, flashe dans les deux sens). Dans les Côtes d’Armor, des radars tourelles devraient être déployés à Plémet (lie-dit les Moulins) sur la RN164, à la place de radars détruits. En Mayenne, des Mesta Fusion ont été installés à Jublains et Assé le Bérenger.

Louis Moulin

Crédit photo : photo d’illustration, panneau avertisseur par Marc Mongenet [cc] international 4.0 via Wikimedia Commons
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