Mais qu’on donne 2,3 ou même 5 minutes de bonification aux vainqueurs d’étape bon sang ! Car à ce rythme là, le Tour de France n’intéressera plus personne sous peu. Nous avions prédit, lors de notre présentation détaillée, que cette 12ème étape censée être de montagne serait ennuyeuse. Bingo.

Les favoris l’ont joué petit bras, comme à la Planche des Belles filles. Visiblement, tout le monde attend le Contre la Montre de vendredi 19 juillet, histoire de laisser Geraint Thomas prendre de l’avance, pour éventuellement attaquer à 3km du sommet du Tourmalet le lendemain histoire de reprendre 10 secondes.

Au final, dans cette étape où la direction de course a eu « l’intelligence » de placer un sommet à 30 bornes de l’arrivée, on se retrouve avec Simon Yates (Mitchelton-Scott), nulissime depuis le début de la course, qui a profité d’un peloton amorphe laissant partir une quarantaine de coureurs (c’est à dire 1/4 du peloton global) pour l’emporter devant Pello Bilbao (Astana) et Gregor Mühlberger (BORA). On ne va pas leur reprocher d’avoir tenter. Mais franchement, ça en devient ridicule.

Sur du plat, les échappées se font manger par les sprinteurs après une étape au bout de l’ennui. En montagne désormais, les leaders laissent les échappées se disputer la victoire d’étape. Mais à quoi servent donc les Pinot, Bardet, Thomas, Martin, Nibali, and co, si ce n’est à sucer des roues pendant les 2/3 de la course la plus prestigieuse au monde ?

Alaphilippe étant en jaune, les commentateurs (France 2 comme Eurosport) ne mouftent même plus sur l’ennui quotidien. Le cocorico fait oublier l’imbuvable. Il suffit d’une giclette du champion Julian pour que tout le monde s’extasie. A qu’ils sont loin les exploits qui ont forgé l’histoire de la grande boucle. A qu’ils sont petits, tout petits, les « héros » du cyclisme d’aujourd’hui (qui demeurent de grands sportifs physiquement c’est certain) à côté de ceux d’hier.

Ne reste désormais qu’à assister au sacre de Thomas demain, sur le contre la montre, puis à la gestion en haute montagne, spécialité d’Inéos, pendant que les bras cassés de la concurrence se neutraliseront pour le podium.

Avec 10 minutes de retard sur les échappées à Bagnères de Bigorre ce jeudi 18 juillet, ce sont bien des sifflets, et non pas des applaudissements, qui auraient dû retentir lors de l’arrivée du « peloton maillot jaune ». Si ça continue comme ça, on va finir par écrire, vivement la Vuelta !

Photos d’illustration : DR
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