Une drogue de synthèse inconnue – qui a l’aspect de pains de résine de cannabis, mais une odeur persistante de naphtaline – a été découverte ce 27 août à Nantes. Près de 1.5 kilos de drogue – qui serait en réalité une variante des cannabinoïdes de synthèse, appelés « spices » en Europe de l’Est.

Découverte, cette drogue a été envoyée à l’analyse – elle est en effet inconnue jusque là à Nantes. Conditionnée dans des sachets jaunes, elle a en effet l’apparence du cannabis en savonnettes, mais l’odeur de la naphtaline. Une odeur pas si inconnue des Russes, qui connaissent depuis plus d’une décennie l’invasion des « spices », les cannabinoïdes de synthèse, généralement en provenance de labos clandestins implantés en Russie, en Asie centrale ou en Chine. En 2015, trois nouvelles substances du genre étaient identifiées chaque mois en France.

En 2014, le journal régional de la région d’Ekaterinburg, dans l’Oural, constate l’apparition de la « zéro-drogue » à base de naphtaline en Iougra-Khanty-Mansiis, une région pétrolière limitrophe, connue aujourd’hui comme l’une des plus riches de Russie. Les consommateurs connaissent des effets secondaires psychiques – notamment des crises d’hystérie.

En octobre 2014, c’est un média régional d’Omsk qui rapporte de nombreux cas d’intoxication avec une drogue de synthèse à base de naphtaline. Ses composants chimiques actifs sont les suivants : Astemizole, Indazole, Carboxamide, Simvastatine. « En sept ans, les  quantités saisies en Russie ont augmenté de 130 fois : de 165 kilos à 22 tonnes de cannabinoïdes de synthèse », relève le journal. Un produit à base de naphtaline et détourné à des fins narcotiques a aussi été interdit en juin 2014 par le gouvernement russe.

Si jusque là la naphtaline a surtout été utilisée comme produit masquant – pour tromper en 1989 l’odorat des chiens détecteurs de stupéfiant pour des savonnettes de résine de cannabis marocaine cachée dans des tapis importés du Maroc, la naphtaline produit des effets physiologiques sur les êtres vivants, connus depuis la fin du 19e siècle. Trouver de la drogue à la naphtaline à Nantes de nos jours reste très inquiétant.

Louis Moulin

Crédit photo : Leiem/Wikimedia (cc)
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